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Commentaire composé Lettre LVI (La présidence de Tourvel au Vicomte Valmont) de “Les liaisons dangereuses

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Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur la lettre LVI de La présidence de Tourvel au Vicomte de Valmont\" extrait de \"Les liaisons dangereuses\" (Lettre LVI) de Choderlos Laclos. Cette analyse de la lettre LVI de La présidence de Tourvel au Vicomte Valmont a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les liaisons dangereuses”

    En 1782 Choderlos Laclos écrit son unique et célèbre roman par lettres. C'est un chef d'oeuvre d'analyse et d'élaboration narrative. Il prétend combattre le libertinage tout en l'incarnant dans de fascinantes figures. La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, qui tirent parti de leur maîtrise de langage dans leurs entreprises de vengeance et de séduction.

    Texte étudié: Choderlos Laclos : \"Les liaisons dangereuses\" (Lettre LVI) : \"La présidence de Tourvel au Vicomte de Valmont\"

    À quoi vous servirait, Monsieur, la réponse que vous me
    demandez ?
    Croire à vos sentiments, ne serait-ce pas une raison de
    plus pour les craindre ? Et sans attaquer ni défendre leur
    sincérité, ne me suffit-il pas, ne doit-il pas vous suffire à
    vous-même, de savoir que je ne veux ni ne dois y
    répondre ?
    Supposé que vous m'aimiez véritablement (et c'est
    seulement pour ne plus revenir sur cet objet que je
    consens à cette supposition), les obstacles qui nous
    séparent en seraient-ils moins insurmontables ? Et aurais-je
    autre chose à faire qu'à souhaiter que vous pussiez
    bientôt vaincre cet amour, et surtout à vous y aider de tout
    mon pouvoir, en me hâtant de vous ôter toute espérance ?
    Vous convenez vous-même que ce sentiment est pénible
    quand l'objet qui inspire ne le partage point. Or, vous
    savez assez qu'il m'est impossible de le partager, et quand
    même ce malheur m'arriverait, j'en serais plus à plaindre,
    sans que vous en fussiez plus heureux.
    J'espère que vous m'estimez assez pour n'en pas douter un
    instant.
    Cessez donc, je vous en conjure, cessez de vouloir
    troubler un coeur à qui la tranquillité est si nécessaire ; ne
    me forcez pas à regretter de vous avoir connu.
    Chérie et estimée d'un mari que j'aime et respecte, mes
    devoirs et mes plaisirs se rassemblent dans le même objet.
    Je suis heureuse, je dois l'être. S'il existe des plaisirs plus
    vifs, je ne les désire pas ; je ne veux point les connaître. En
    est-il de plus doux que d'être en paix avec soi-même, de
    n'avoir que des jours sereins, de s'endormir sans trouble,
    et de s'éveiller sans remords ? Ce que vous appelez le
    bonheur n'est qu'un tumulte des sens, un orage des
    passions dont le spectacle est effrayant, même à le
    regarder du rivage. Eh ! Comment affronter ces tempêtes ?
    Comment oser s'embarquer sur une mer couverte des
    débris de mille et mille naufrages ? Et avec qui ? Non,
    Monsieur, je reste à terre ; je chéris les liens qui m'y
    attachent. Je pourrais les rompre, que je ne le voudrais
    pas ; si je ne les avais, je me hâterais de les prendre.
    Pourquoi vous attacher à mes pas ? Pourquoi vous obstiner
    à me suivre ? Vos Lettres, qui devaient être rares, se
    succèdent avec rapidité. Elles devaient être sages, et vous
    ne m'y parlez que de votre fol amour. Vous m'entourez de
    votre idée, plus que vous ne le faisiez de votre personne.
    Écarté sous une forme, vous vous reproduisez sous une
    autre.
    Les choses qu'on vous demande de ne plus dire, vous les
    redites seulement d'une autre manière.
    Vous vous plaisez à m'embarrasser par des raisonnements
    captieux ; vous échappez aux miens. Je ne veux plus vous
    répondre, je ne vous répondrai plus... Comme vous traitez
    les femmes que vous avez séduites ! Avec quel mépris vous
    en parlez ! Je veux croire que quelques-unes le méritent:
    mais toutes sont-elles donc si méprisables ? Ah ! Sans
    doute, puisqu'elles ont trahi leurs devoirs pour se livrer à
    un amour criminel. De ce moment, elles ont tout perdu,
    jusqu'à l'estime de celui à qui elles ont tout sacrifié. Ce
    supplice est juste, mais l'idée seule en fait frémir. Que
    m'importe, après tout ? Pourquoi m'occuperais-je d'elles ou
    de vous ? De quel droit venez-vous troubler ma
    tranquillité ? Laissez-moi, ne me voyez plus ; ne m'écrivez
    plus, je vous en prie; je l'exige. Cette Lettre est la dernière
    que vous recevrez de moi.
    (Choderlos Laclos : \"Les liaisons dangereuses\" (Lettre LVI) : \"La présidence de Tourvel au Vicomte de Valmont\")

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