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Commentaire composé Les fourmis de “L'Africain

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Jean-Marie Le Clézio L'Africain
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Les fourmis, extrait de L'africain de Le Clezio. Cette analyse sur les fourmius dans L'africain de Le Clezio été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Africain”

    L'Africain, publié en 2003, est un récit (auto)biographique écrit par Jean-Marie Gustave Le Clézio. Il y livre les souvenirs de son père, médecin en Afrique.

    Dans le passage étudié, l'écrivain évoque un évènement particulièrement douloureux à Ogoja, au Nigéria, alors qu'il est âgé de huit ans, et quelques jours seulement après son arrivée dans le pays. L'enfant est alors attaqué par des fourmis alors qu'il joue dans le jardin. C'est une expérience traumatisante qui nous est décrite dans cet extrait.

    Texte étudié: \"Les fourmis\", tiré du livre \"L'africain\" de Le Clezio :

    Les fourmis, à Ogoja, étaient des insectes monstrueux de la variété
    exectoïde, qui creusaient leurs nids à dix mètres de profondeur sous la
    pelouse du jardin, où devaient vivre des centaines de milliers d'individus.
    Au contraire des termites, doux et sans défense, incapables dans leur
    cécité de causer le moindre mal, sauf celui de ronger le bois vermoulu des
    habitations et les troncs des arbres déchus, les fourmis étaient rouges,
    féroces, dotées d'yeux et de mandibules, capables de sécréter du poison
    et d'attaquer quiconque se trouvait sur leur chemin. C'étaient elles les
    véritables maîtresses d'Ogoja.
    Je garde le souvenir cuisant de ma première rencontre avec les fourmis,
    dans les jours qui ont suivi mon arrivée. Je suis dans le jardin, non loin de
    la maison. Je n'ai pas remarqué le cratère qui signale l'entrée de la
    fourmilière. Tout d'un coup, sans que je m'en sois rendu compte, je suis
    entouré par des milliers d'insectes. D'où viennent-ils ? J'ai dû pénétrer
    dans la zone dénudée qui entoure l'orifice de leurs galeries. Ce n'est pas
    tant des fourmis que je me souviens, que de la peur que je ressens. Je
    reste immobile, incapable de fuir, incapable de penser, sur le sol tout à
    coup mouvant, formant un tapis de carapaces, de pattes et d'antennes qui
    tourne autour de moi et resserre son tourbillon, je vois les fourmis qui ont
    commencé à monter sur mes chaussures, qui s'enfoncent entre les mailles
    de ces fameuses chaussettes de laine imposées par mon père. Au même
    instant je ressens la brûlure des premières morsures, sur mes chevilles, le
    long de mes jambes. L'affreuse impression, la hantise d'être mangé
    vivant. Cela dure quelques secondes, des minutes, un temps aussi long
    qu'un cauchemar. Je ne m'en souviens pas, mais j'ai dû crier, hurler
    même, parce que, l'instant d'après, je suis secouru par ma mère qui
    m'emporte dans ses bras et, autour de moi, devant la terrasse de la
    maison, il y a mon frère, les garçons du voisinage, ils regardent en
    silence, est-ce qu'ils rient ? Est-ce qu'ils disent : Small boy him cry ? Ma
    mère ôte mes chaussettes, retournées délicatement comme on enlèverait
    une peau morte, comme si j'avais été fouetté par des branches épineuses,
    je vois mes jambes couvertes de points sombres où perle une goutte de
    sang, ce sont les têtes des fourmis accrochées à la peau, leurs corps ont
    été arrachés au moment où ma mère retirait mes chaussettes. Leurs
    mandibules sont enfoncées profondément, il faut les extraire une par une
    avec une aiguille trempée dans l'alcool.
    Une anecdote, une simple anecdote. D'où vient que j'en garde la marque,
    comme si les morsures des fourmis guerrières étaient encore sensibles,
    que tout cela s'était passé hier ? Sans doute est-ce mêlé de légende, de
    rêve. (Le Clezio : L'Africain : Les fourmis)

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