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Commentaire composé La magie du cinéma de “Un Barrage contre le Pacifique

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Marguerite Duras Un Barrage contre le Pacifique
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"La magie du cinéma\", un extrait d'Un Barrage contre le Pacifique, de Marguerite Duras. Notre analyse sur La magie du cinéma de Marguerite Duras a été rédigée par un professeur de français.

    • 7 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Un Barrage contre le Pacifique”

    Dans Un Barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras, nous entraîne sur les traces de Suzanne, avide « d'ailleurs » , et ne trouvant tout cela que dans la nuit magique des salles obscures.

    La scène tout entière est vue par les yeux de Suzanne à laquelle s'identifie l'écrivain, puis le lecteur ; mais une distance s'opère aussi, avec une ironie mettant à nu les clichés.

    Texte étudié : La magie du cinéma (Un Barrage contre le Pacifique, Duras) :

    La lumière s'éteignit. Suzanne se sentit désormais invisible,
    invincible et se mit à pleurer de bonheur. C'était l'oasis, la salle noire de
    l'après-midi, la nuit des solitaires, la nuit artificielle et démocratique, la
    grande nuit égalitaire du cinéma, plus vraie que la vraie nuit, plus
    ravissante, plus consolante que toutes les vraies nuits, la nuit choisie,
    ouverte à tous, offerte à tous, plus généreuse, plus dispensatrice de
    bienfaits que toutes les institutions de charité et que toutes les églises, la
    nuit où se consolent toutes les hontes, où vont se perdre tous les
    désespoirs, et où se lave toute la jeunesse de l'affreuse crasse
    d'adolescence.
    C'est une femme jeune et belle. Elle est en costume de cour (1). On
    ne saurait lui en imaginer un autre, on ne saurait rien lui imaginer d'autre
    que ce qu'elle a déjà, que ce qu'on voit. Les hommes se perdent pour elle,
    ils tombent sur son sillage comme des quilles et elle avance au milieu de
    ses victimes, lesquelles lui matérialisent son sillage, au premier plan,
    tandis qu'elle est déjà loin, libre comme un navire, et de plus en plus
    indifférente, et toujours plus accablée par l'appareil (2) immaculé de sa
    beauté. Et voilà qu'un jour de l'amertume lui vient de n'aimer personne.
    Elle a naturellement beaucoup d'argent. Elle voyage. C'est au carnaval de
    Venise que l'amour l'attend. Il est très beau l'autre. Il a des yeux
    sombres, des cheveux noirs, une perruque blonde, il est très noble. Avant
    même qu'ils se soient fait quoi que ce soit on sait que ça y est, c'est lui.
    C'est ça qui est formidable, on le sait avant elle, on a envie de la prévenir.
    Il arrive tel l'orage et tout le ciel s'assombrit. Après bien des retards,
    entre deux colonnes de marbre, leurs ombres reflétées par le canal qu'il
    faut, à la lueur d'une lanterne qui a, évidemment, d'éclairer ces choses-la,
    une certaine habitude, ils s'enlacent. Il dit je vous aime. Elle dit je vous
    aime moi aussi. Le ciel sombre de l'attente s'éclaire d'un coup. Foudre
    d'un tel baiser. Gigantesque communion de la salle et de l'écran. On
    voudrait bien être à leur place. Ah ! comme on le voudrait.
    (Marguerite DURAS, Un barrage contre le Pacifique, 1950, La magie du cinéma)

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