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Commentaire composé Acte IV, scène 5 de “Le Tartuffe

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Molière Le Tartuffe
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte IV scène 5 du Tartuffe de Molière. Cette analyse sur l'acte IV, scène 5 du Tartuffe a été rédigée par un professeur de français.

    Comédie en cinq actes et en alexandrins de Molière, Tartuffe est présentée pour la première fois au Palais de Versailles le 12 mai 1664, en réaction contre la Compagnie du Saint-Sacrement. Celle-ci parvient à faire interdire la pièce pendant des années, malgré le fait que le Roi Louis XIV l'ait appréciée. Il faut attendre 1669 pour que l'autorisation soit donnée de jouer publiquement la pièce. Cela est (entre autres) dû à l'évolution de la situation en France, de la dissolution de la Compagnie du Saint-Sacrement à la signature de la « Paix de l'Eglise » entre Louis XIV et le Pape.

    L'antagoniste Tartuffe, le faux dévot qui a donné son titre à la pièce, a vu son nom rentrer dans le langage courant puisqu'aujourd'hui encore, un tartuffe désigne un hypocrite qui se cache derrière une apparence de bons sentiments. La tartuferie ou tartufferie désigne par conséquent un comportement hypocrite.

    La scène que nous allons étudier fait partie de l'Acte IV. Elmire, qui a voulu tendre un piège à Tartuffe pour le pousser à l'aveu et donc à l'adultère, a caché son mari Orgon sous la table...

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Le Tartuffe”

    « Tartuffe, Elmire, Orgon caché sous la table.

    Tartuffe
    On m'a dit qu'en ce lieu vous me vouliez parler.

    Elmire
    Oui, l'on a des secrets à vous y révéler.
    Mais tirez cette porte avant qu'on vous les dise,
    Et regardez partout de crainte de surprise :
    Une affaire pareille à celle de tantôt
    N'est pas assurément ici ce qu'il nous faut.
    Jamais il ne s'est vu de surprise de même ;
    Damis m'a fait pour vous une frayeur extrême,
    Et vous avez bien vu que j'ai fait mes efforts
    Pour rompre son dessein et calmer ses transports.
    Mon trouble, il est bien vrai, m'a si fort possédée,
    Que de le démentir je n'ai point eu l'idée ;
    Mais par là, grâce au Ciel, tout a bien mieux été,
    Et les choses en sont dans plus de sûreté.
    L'estime où l'on vous tient a dissipé l'orage,
    Et mon mari de vous ne peut prendre d'ombrage,
    Pour mieux braver l'éclat des mauvais jugements,
    Il veut que nous soyons ensemble à tous moments ;
    Et c'est par où je puis, sans peur d'être blâmée,
    Me trouver ici seule avec vous enfermée,
    Et ce qui m'autorise à vous ouvrir un cœur
    Un peu trop prompt peut-être à souffrir votre ardeur.

    Tartuffe
    Ce langage à comprendre est assez difficile,
    Madame, et vous parliez tantôt d'un autre style.

    Elmire
    Ah ! si d'un tel refus vous êtes en courroux,
    Que le cœur d'une femme est mal connu de vous !
    Et que vous savez peu ce qu'il veut faire entendre
    Lorsque si faiblement on le voit se défendre !
    Toujours notre pudeur combat, dans ces moments
    Ce qu'on peut nous donner de tendres sentiments.
    Quelque raison qu'on trouve à l'amour qui nous dompte,
    On trouve à l'avouer toujours un peu de honte.
    On s'en défend d'abord ; mais de l'air qu'on s'y prend,
    On fait connaître assez que notre cœur se rend,
    Qu'à nos vœux par honneur notre bouche s'oppose,
    Et que de tels refus promettent toute chose.
    C'est vous faire sans doute un assez libre aveu
    Et sur notre pudeur me ménager bien peu ;
    Mais, puisque la parole enfin en est lâchée,
    À retenir Damis me serais-je attachée ?
    Aurais-je, je vous prie, avec tant de douceur
    Écouté tout au long l'offre de votre cœur ?
    Aurais-je pris la chose ainsi qu'on m'a vu faire,
    Si l'offre de ce cœur n'eût eu de quoi me plaire ?
    Et lorsque j'ai voulu moi-même vous forcer
    À refuser l'hymen qu'on venait d'annoncer,
    Qu'est-ce que cette instance a dû vous faire entendre
    Que l'intérêt qu'en vous on s'avise de prendre,
    Et l'ennui qu'on aurait que ce nœud qu'on résout
    Vînt partager du moins un cœur que l'on veut tout ?

    Tartuffe
    C'est sans doute, Madame, une douceur extrême
    Que d'entendre ces mots d'une bouche qu'on aime ;
    Leur miel dans tous mes sens fait couler à longs traits
    Une suavité qu'on ne goûta jamais.
    Le bonheur de vous plaire est ma suprême étude
    Et mon cœur de vos vœux fait sa béatitude ;
    Mais ce cœur vous demande ici la liberté
    D'oser douter un peu de sa félicité.
    Je puis croire ces mots un artifice honnête
    Pour m'obliger à rompre un hymen qui s'apprête,
    Et, s'il faut librement m'expliquer avec vous,
    Je ne me fierai point à des propos si doux
    Qu'un peu de vos faveurs, après quoi je soupire,
    Ne vienne m'assurer tout ce qu'ils m'ont pu dire
    Et planter dans mon âme une constante foi
    Des charmantes bontés que vous avez pour moi.

    Elmire. Elle tousse pour avertir son mari.
    Quoi ! vous voulez aller avec cette vitesse
    Et d'un cœur tout d'abord épuiser la tendresse ?
    On se tue à vous faire un aveu des plus doux ;
    Cependant ce n'est pas encore assez pour vous,
    Et l'on ne peut aller jusqu'à vous satisfaire
    Qu'aux dernières faveurs on ne pousse l'affaire ?

    Tartuffe
    Moins on mérite un bien, moins on l'ose espérer.
    Nos vœux sur des discours ont peine à s'assurer.
    On soupçonne aisément un sort tout plein de gloire,
    Et l'on veut en jouir avant que de le croire.
    Pour moi, qui crois si peu mériter vos bontés,
    Je doute du bonheur de mes témérités,
    Et je ne croirai rien, que vous n'ayez, Madame,
    Par des réalités su convaincre ma flamme.

    Elmire
    Mon Dieu, que votre amour en vrai tyran agit,
    Et qu'en un trouble étrange il me jette l'esprit !
    Que sur les cœurs il prend un furieux empire,
    Et qu'avec violence il veut ce qu'il désire !
    Quoi ! de votre poursuite on ne peut se parer,
    Et vous ne donnez pas le temps de respirer ?
    Sied-il bien de tenir une rigueur si grande,
    De vouloir sans quartier les choses qu'on demande,
    Et d'abuser ainsi, par vos efforts pressants,
    Du faible que pour vous vous voyez qu'ont les gens ?

    Tartuffe
    Mais, si d'un œil bénin vous voyez mes hommages,
    Pourquoi m'en refuser d'assurés témoignages ?

    Elmire
    Mais comment consentir à ce que vous voulez
    Sans offenser le Ciel, dont toujours vous parlez ?

    Tartuffe
    Si ce n'est que le Ciel qu'à mes vœux on oppose,
    Lever un tel obstacle est à moi peu de chose,
    Et cela ne doit pas retenir votre cœur.

    Elmire
    Mais des arrêts du Ciel on nous fait tant de peur !

    Tartuffe
    Je puis vous dissiper ces craintes ridicules,
    Madame, et je sais l'art de lever les scrupules.
    Le Ciel défend, de vrai, certains contentements ;
    (C'est un scélérat qui parle.)
    Mais on trouve avec lui des accommodements.
    Selon divers besoins, il est une science
    D'étendre les liens de notre conscience,
    Et de rectifier le mal de l'action
    Avec la pureté de notre intention.
    De ces secrets, Madame, on saura vous instruire ;
    Vous n'avez seulement qu'à vous laisser conduire.
    Contentez mon désir, et n'ayez point d'effroi ;
    Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi.
    Vous toussez fort, Madame.

    Elmire
    Oui, je suis au supplice.

    Tartuffe, présentant à Elmire un cornet de papier.
    Vous plaît-il un morceau de ce jus de réglisse ?

    Elmire
    C'est un rhume obstiné, sans doute, et je vois bien
    Que tous les jus du monde ici ne feront rien.

    Tartuffe
    Cela, certes, est fâcheux.

    Elmire
    Oui, plus qu'on ne peut dire.

    Tartuffe
    Enfin votre scrupule est facile à détruire ;
    Vous êtes assurée ici d'un plein secret,
    Et le mal n'est jamais que dans l'éclat qu'on fait.
    Le scandale du monde est ce qui fait l'offense,
    Et ce n'est pas pécher que pécher en silence.

    Elmire, après avoir encore toussé.
    Enfin je vois qu'il faut se résoudre à céder,
    Qu'il faut que je consente à vous tout accorder,
    Et qu'à moins de cela je ne dois point prétendre
    Qu'on puisse être content, et qu'on veuille se rendre.
    Sans doute il est fâcheux d'en venir jusque-là,
    Et c'est bien malgré moi que je franchis cela ;
    Mais, puisque l'on s'obstine à m'y vouloir réduire,
    Puisqu'on ne veut point croire à tout ce qu'on peut dire,
    Et qu'on veut des témoins qui soient plus convaincants,
    Il faut bien s'y résoudre, et contenter les gens.
    Si ce consentement porte en soi quelque offense,
    Tant pis pour qui me force à cette violence :
    La faute assurément n'en doit pas être à moi.

    Tartuffe
    Oui, Madame, on s'en charge, et la chose de soi...

    Elmire
    Ouvrez un peu la porte, et voyez, je vous prie,
    Si mon mari n'est point dans cette galerie.

    Tartuffe
    Qu'est-il besoin pour lui du soin que vous prenez ?
    C'est un homme, entre nous, à mener par le nez.
    De tous nos entretiens il est pour faire gloire,
    Et je l'ai mis au point de voir tout sans rien croire.

    Elmire
    Il n'importe. Sortez, je vous prie, un moment,
    Et partout là dehors voyez exactement. »