Commentaire composé Monologue de Rodrigue (Acte I, Scène 6) de “Le Cid

Pierre Corneille Le Cid

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Résumé du commentaire composé

Commentaire composé sur l'acte I, scène 6 du Cid de Corneille (Monologue de Rodrigue). Cette analyse du monologue de Rodrigue (acte I, scène 6 du Cid de Corneille a été rédigée par un professeur de français.

 

Sommaire du commentaire composé

  1. Le conflit intérieur de Rodrigue 
  2. La mort n'est pas une option
  3. L'annonce du dénouement

Extrait du commentaire composé du livre
“Le Cid”

Ce monologue, composé de stances (formes versifiées du monologue et pourvues d'un rythme particulier), est extrait du Cid de Corneille, créé en janvier 1637 et constitué de cinq actes. C'est la neuvième pièce du dramaturge et sa deuxième tragi-comédie.
Rodrigue, le Cid, est le fils de Don Diègue et l'amant de Chimène, la fille de Don Gormas, qu'il a prévu d'épouser. Or Don Gormas a offensé son père, et Rodrigue doit désormais choisir entre le venger lors d'un duel et perdre sa bien-aimée, ou choisir Chimène et perdre son honneur. Ce dilemme tragique (que l'on peut qualifier de choix cornélien...) est la base du monologue que nous allons étudier à présent et se situe à l'Acte I, scène 6.

Texte étudié : Le Cid, acte 1, scène 6 (Le Monologue de Rodrigue) :

Percé jusques au fond du coeur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé, ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
Et l'offenseur le père de Chimène !
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse.
L'un m'anime le coeur l'autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
ô Dieu, l'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?
Père, maîtresse, honneur, amour
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d'une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur Fer qui causes ma peine,
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père ;
J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.
À mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et l'autre indigne d'elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bon, sauvons du moins l'honneur
Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.
Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.
Je m'accuse déjà de trop de négligence ;
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d'avoir tant balancé, Ne soyons plus en peine,
Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,
Si l'offenseur est père de Chimène.
(Corneille, Le Cid, Le Monologue de Rodrigue)

 

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