Paul Claudel

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Paul Claudel est né à Villeneuve-sur-Fère (Aisne) le 6 août 1868. Il est le frère de Camille Claudel.

En 1882, sa mère, sa sœur et lui-même s'installent à Paris, au 31 boulevard du Port-Royal, où ils resteront jusqu'en 1892.

D'après les souvenirs que lui-même en a gardé, Paul Claudel est un jeune homme comme tous les autres à son époque, qui selon lui trempait donc « dans le bagne matérialiste du scientisme de l'époque ».

Le jour de Noël de l'année 1886, Paul Claudel se convertit au catholicisme, alors qu'il assiste aux vêpres qui se tiennent à Notre-Dame de Paris. Il raconte la scène : « J'étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la Maitrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus. »

A la même époque, Paul Claudel développe une véritable fascination pour le poète Rimbaud, en particulier à travers les Illuminations. Pour lui, ce jeune « mystique à l'état sauvage » marque un tournant dans sa conception de la littérature et de l'existence.

En 1893, Claudel est diplomate. Il exerce en tant que consul à divers endroits de la planète : en Chine, en Allemagne, au Brésil, aux Etats-Unis, en Belgique et au Japon (où il est ambassadeur)...

En 1936, sa carrière diplomatique s'achève à Bruxelles.

Puis Claudel s'installe à Brangues, dans sa propriété, afin de poursuivre son œuvre littéraire, qu'il exerçait jusque là en complément de son métier.

En 1940, lorsque Pétain obtient les pleins pouvoirs, la première réaction de Claudel est de s'en réjouir. Son Journal nous précise les raisons de cette opinion : « La France est délivrée après soixante ans de joug du parti radical et anticatholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux. Espérance d'être délivré du suffrage universel et du parlementarisme. »

Mais rapidement, Claudel est dégoûté par ce qu'il voit de la collaboration avec l'Allemagne. D'ailleurs, toujours dans son Journal, il revient sur la question en novembre de la même année : Article monstrueux du cardinal Baudrillart dans La Croix nous invitant à collaborer 'avec la grande et puissante Allemagne'(...) Les catholiques de l'espèce 'bien-pensante' sont décidément écœurants de bêtise et de lâcheté ».

En 1941, il se positionne d'une manière qui lui a été reprochée, en publiant Paroles au Maréchal dans un numéro du Figaro, au mois de mai. Il y écrit en effet : « France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père./ Fille de saint Louis, écoute-le ! et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?/ Écoute cette voix raisonnable sur toi qui propose et qui explique ».

Claudel aurait expliqué, dans un entretien accordé en 1942, que ses éloges à l'égard de Pétain étaient dues à son accord avec une partie de sa politique, telle que la lutte contre l'alcoolisme et le soutien donné aux écoles libres.

Pour en revenir à son œuvre, Paul Claudel a développé, dans la majorité de ses ouvrages, une profonde réflexion sur la parole. Cela se répercute personnellement, puisque la fin de sa vie est marquée par une exégèse biblique.

Paul Claudel s'est donc inscrit dans une tradition du commentaire scripturaire (c'est-à-dire des Ecritures), qui était perdue depuis un temps. On peut donc bien dire que la foi catholique de l'écrivain est une donnée essentielle de son œuvre créatrice : Claudel dira d'ailleurs que « De même que Dieu a dit des choses qu'elles soient, le poète redit qu'elles sont. ».

En, avril 1946, Claudel rejoint l'Académie française, en même temps que Pagnol et Jules Romains.

Il décède le 23 février 1955 à Paris, et est inhumé au château de Brangues.

Quelques œuvres de Claudel :

1890 : Tête d'or (première version)
1893 : La Ville (première version)
1911 : L'Otage, drame en trois actes
1920 : Les Euménides d'Eschyle
1929 : Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr,
1922 : Poèmes de guerre (1914-1916)
1968 : Journal. Tome I : 1904-1932
1969 : Journal. Tome II : 1933-1955

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