Paul Auster
Oeuvres
Biographie
1947 : Paul Auster est né à Newark, dans le New Jersey un 3 février. Ses parents nés aux États-Unis sont originaires d’Europe centrale. Son père, Samuel Auster, est propriétaire d’un magasin de meubles et d’appareils ménagers. La famille appartient à la classe moyenne. Le mariage de ses parents n’est pas très heureux. Son enfance, Paul Auster la traverse dans une certaine solitude, vivant avec une petite sœur, Janet, atteinte de troubles psychologiques. Très tôt, au contact des livres par l’intermédiaire de la bibliothèque d’un oncle traducteur, le célèbre Allen Mandelbaum (cf. les livres de l’oncle Victor dans « Moon Palace »), il commence à écrire. Dès l’âge de treize ans, il rédige de petits récits, des poèmes qu’il soumet aux critiques de son oncle, et décide de devenir écrivain. Il découvre ensuite le base-ball que l’on retrouvera dans nombre de ses romans. Le jeune Paul suit les cours du lycée Maplewood, dans la banlieue de New York.
1963 : Il travaille pendant l’été dans un camp de vacances au nord de l’État de New York. C’est là qu’il entre en contact avec les clochards, les sans-foyers, avec toute une frange de la population vivant en parallèle de celle dite « normale ».
1964 : Divorce des parents et éclatement de la cellule familiale. Première preuve dans la vie de l'enfant que l'ordre est quelque chose de fragile. L'existence est loin d'être uniforme, le chaos constamment présent. Il suit alors sa mère dans un appartement en ville, son père restant dans la maison familiale jusqu’à sa mort. Le cycle secondaire achevé, Paul Auster ressent l’appel du large et largue les amarres pour l’Europe. Pendant l’été, il visite l’Espagne, l’Italie et finalement Paris, ville avec laquelle il va entretenir une relation privilégiée.
1965 : Il étudie les littératures françaises, anglaise et italienne à l’Université Columbia où il obtient un Master of Arts. Il publie à cette époque des articles consacrés essentiellement au cinéma dans la Columbia Review Magazine et commence l’écriture de poèmes et de scénarios pour films muets.
1967 : Auster se rend une nouvelle fois à Paris pour un séjour d’études d’un an. Mais comme il l’explique dans « Le diable par la queue », déçu par les faibles exigences universitaires, il délaisse ses études et ne sera accepté de nouveau à l’université que grâce à un doyen compréhensif et compatissant.
1969 : Auster décroche sa licence d’anglais et de littérature comparée, l’année suivante il reçoit une maîtrise de l’université de Columbia.
1971 : Il passe plusieurs mois à bord d'un navire de la marine marchande, le pétrolier « Esso Florence » avant de s'installer à Paris. Comme il l’écrira dans « La chambre dérobée » : « Le navire n’est rien de plus qu’un prétexte, une altérité arbitraire, une façon de se mettre à l’épreuve de l’inconnu ». À cette époque, il est déjà sur le projet du « Voyage d’Anna Blume » et de « Moon Palace » qu’il n’achèvera que bien des années plus tard. Il traduit Dupin, Breton, Jabès, Mallarmé, Michaux et Du Bouchet. Il y écrit des poèmes et paye ses factures grâce à divers petits emplois. Il vit de petits boulots littéraires flirtant même avec le cinéma.
1974 : Il s’occupe d’une ferme dans le nord du Var avec sa compagne Lydia Davis, qu’il a connue à Columbia. Mais des difficultés financières les contraignent au retour aux Etats-Unis.
1975 : Le couple s’installe à New York et se marie. Auster publie « Unearth », un travail poétique qui date de quelques années. Avec son épouse, il effectue des travaux de traduction (Mallarmé, Blanchot, Sartre), collabore à des revues, puis se lance dans l’aventure théâtrale (Blackout). Mais cette occupation si intense soit-elle, est peu rémunératrice et les difficultés financières s’alourdissent, ce qui peu à peu, porte atteinte à la bonne santé du couple.
1979 : Alors qu'il vient de divorcer de Lydia Davis et tenté en vain de faire publier un roman policier sous le pseudonyme de Paul Benjamin (Fausse balle), la mort de son père lui apporte un petit héritage qui le remet à flot et qui lui inspire « L'invention de la solitude », une œuvre autobiographique : «C'était là, simplement, une certitude, une obligation qui s'était imposée à moi dès l'instant où j'avais appris la nouvelle. Je pensais : mon père est parti. Si je ne fais pas quelque chose, vite, sa vie entière va disparaître avec lui ». Son recueil en prose, « Espaces blancs », est publié. De l’écriture poétique, il va bifurquer vers la forme romanesque.
1987 : Son roman, « Cité de verre » (premier volume de sa Trilogie new-yorkaise), paraît en 1987 aux éditions Actes Sud et connaît un succès immédiat auprès de la presse et du public. Suivront des essais, des pièces de théâtre, des recueils de poésie et de nombreux romans, dont « Léviathan » qui obtient en 1993, le Prix Médicis étranger.
1992 : Lorsque Phillip Haas adapte pour l'écran « La musique du hasard », Auster intervient comme consultant sur l'écriture du script. Il apparaît même dans le film en tant qu'acteur, tenant le petit rôle d'un automobiliste qui prend le héros en stop.
1995 : Wayne Wang décide d'adapter sa nouvelle « Le conte de Noël d'Auggie Wren », publiée dans le "New York Times". Après de longues discussions avec l'écrivain, Wang persuade celui-ci de participer à toutes les étapes de la création de ce qui allait devenir « Smoke », ainsi que de son "appendice", le très improvisé « Brooklyn boogie », pour lequel Auster inventait des canevas de situations au jour le jour
1998 : Paul Auster écrit et réalise « Lulu on the bridge » avec Harvey Keitel, Mira Sorvino et Willem Dafoe, film sélectionné à Cannes dans la catégorie " Un certain regard ". « Lulu on the Bridge » est sa première réalisation "solo", mais déjà sa troisième collaboration avec Harvey Keitel, en passe de devenir son acteur fétiche... Quant à Mira Sorvino, Auster l'a rencontrée lorsque, tous deux, ils faisaient partie du jury au Festival de Cannes 1997.
L'ensemble de son œuvre est publiée aux éditions Actes Sud. Paul Auster vit actuellement à Brooklyn, New York. "Le plus français des écrivains américains", tel qu'on le surnomme, a pour thème de prédilection la recherche identitaire. Ses oeuvres ont pour sujet la solitude, le doute, l'art, et rendent compte des contradictions d'une société américaine en perpétuel changement.
Paul Auster est par excellence l'écrivain du hasard et de la contingence. Il traque au quotidien les bifurcations issues d'événements apparemment anodins. C'est ce que racontent « La musique du hasard », et surtout « Leviathan » dans une exceptionnelle scène centrale. Son style en apparence très dépouillé, travaillé au fil de ses œuvres poétiques, cache une architecture narrative complexe, faite de digressions, d'histoires dans l'histoire et de trompe-l'œil (Le conte de Noël d'Auggie Wren). Il décrit aussi la perte, la dépossession, le rapport à l'argent, l'errance (dans Moon Palace, le personnage principal se nomme Marco Stanley Fogg). Il s'interroge aussi sur l'identité, notamment dans la « Trilogie new-yorkaise » où l'un des personnages (qui n'est pas le narrateur) porte son nom, ou dans « Leviathan », dont le narrateur a ses initiales (Peter Aaron) et rencontre une femme nommée Siri (anagramme de son épouse Iris).

