Jean-Baptiste Poquelin Molière
Oeuvres
Biographie
1622 - Baptême de Jean (nommé Jean-Baptiste en 1624 quand un second fils est baptisé Jean) Poquelin à l’église Saint-Eustache (on ignore la date de naissance, ses parents étaient mariés depuis huit mois et dix-huit jours). La mère, Marie Cressé, fille d'un tapissier, sait lire et écrire ; elle mourra en 1632. Le père, Jean Poquelin, riche marchand tapissier rue Saint-Honoré (vers le numéro 96 d’aujourd’hui), achète à son frère Nicolas, en 1631, un office de tapissier ordinaire du roi ; en 1633, il se remarie avec une autre fille de marchand, mais illettrée, Catherine Fleurette, qui mourra en 1636, le laissant veuf avec cinq enfants.
1633 - 1639 - Jean-Baptiste chez les Jésuites du Collège de Clermont (aujourd’hui lycée Louis-le-Grand) qui compte près de 2 000 externes et 300 pensionnaires ; les fils de grands seigneurs sont placés, en classe, devant une barrière de bois doré qui les sépare des autres élèves.
1642 - Études de droit à Orléans ; il obtient sa licence, sans doute contre « épices ». Après avoir été inscrit au Barreau six mois durant, Jean-Baptiste remplace son père comme tapissier valet de chambre du roi (à qui il a prêté serment dès 1637) durant le voyage de celui-ci à Narbonne.
1643 - Jean-Baptiste signe, avec les Béjart (Joseph, Madeleine et Geneviève, enfants d’un huissier à la maîtrise des Eaux et Forêts), l’acte de constitution de « l’Illustre Théâtre » ; mais c’est Madeleine la directrice.
1644 - Après quelques représentations en province, débuts de la troupe au Jeu de paume des Métayers ; en juillet, Jean-Baptiste prend le pseudonyme de Molière et devient directeur ; en décembre, la troupe s’installe au jeu de paume de la Croix-Noire, d’une location moins élevée (quai des Célestins)
1645 - Les affaires devenues franchement mauvaises, Molière est emprisonné pour dettes au châtelet, durant quelques jours.
1645 - 1658 - Molière libéré, l’Illustre Théâtre cherche fortune en province où il mène une vie moins famélique. La troupe est, en effet, protégée par le duc d’Épernon, gouverneur de Guyenne, qui lui donne pour directeur le comédien Charles Dufresne. Principales étapes : Albi, Carcassonne (1647) ; Nantes (1648) ; Toulouse, Narbonne (1649).
En 1650, Molière reprend la direction de la troupe qui séjourne à Agen, Lyon, Pézenas (1650) ; selon la légende, Molière se postait chez le perruquier Gely, dans un fauteuil que l’on montre encore à Pézenas, pour entendre les conversations et observer les clients ; Vienne, Carcassonne (1651) ; Grenoble, Lyon, Pézenas (1652).
En 1653, la troupe passe sous la protection du prince de Conty (frère du Grand Condé), nouveau gouverneur de Guyenne, puis gouverneur du Languedoc. Montpellier, Lyon (1654) ; Avignon, Lyon, Pézenas (1655) ; Narbonne, Béziers (1656). En 1657, le prince de Conty, converti, retire son patronage à la troupe qui passe au service du gouverneur de Normandie. Lyon, Dijon, Avignon (1657) ; Lyon, Grenoble, Rouen (1658) où Molière rencontre Corneille. Durant ces tournées, le comédien compose des farces dont la plupart sont perdues (certaines n’étaient qu’un canevas sur lequel brodaient les acteurs). Il présente le personnage de Mascarille dans ses premières pièces connues : l’Étourdi, joué à Lyon en 1655, le Dépit amoureux, joué à Béziers en 1656.
1658 - La troupe (dix acteurs et actrices) loue à Paris le Jeu de paume du Marais (il y avait 120 jeux de paume à Paris et la vogue de la paume commençait à passer). Protégée par Monsieur, frère unique du roi, elle se taille bientôt une réputation inégalable dans le comique. En conséquence, le roi l’installe dans la salle du Petit-Bourbon.
1659 - On joue les Précieuses ridicules avec un succès éclatant.
1660 - Molière crée le personnage aux moustaches tombantes de Sganarelle et devient le premier « farceur de France ». Son frère étant mort, Molière reçoit définitivement le titre de tapissier valet de chambre du roi.
1662 - À Saint-Germain-l’Auxerrois, il épouse Armande Béjart, la fille (ou la sœur : on discute toujours de la question) de Madeleine. Elle a une vingtaine d’années de moins que lui.
Dans la magnifique salle du Palais-Royal qu’elle partage avec les Italiens, et où elle restera jusqu’à la mort de Molière, la troupe triomphe dans l’École des femmes. Molière reçoit la première pension accordée par le roi à un comédien.
L’envie, la jalousie suscitent des cabales dirigées par les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne ; on dénonce l’impiété de Molière.
1664 - Réplique royale : le premier-né de Molière a pour parrain le roi et pour marraine Madame. Il mourra la même année. Première représentation publique du Tartuffe. Influencé par les dévots, le roi interdit de jouer la pièce en public.
1665 - Dom Juan au Palais-Royal : quinze représentations seulement. La troupe devient la Troupe du roi et reçoit six mille livres de pension. Molière tombe malade d’une fluxion de poitrine et se trouve écarté de la scène durant deux mois. Il subit une rechute de quatre mois en 1666 et ne remontera sur les planches qu’en juin 1667.
1667 - Seconde représentation publique du Tartuffe, sous le titre de l’Imposteur. Le lendemain, Lamoignon interdit la pièce.
1669 - Le roi ayant levé l’interdiction de jouer Tartuffe, la recette atteint le chiffre record de 2 860 livres.
1669 - Mort de Jean Poquelin, père de Molière.
1672 - Mort de Madeleine Béjart à cinquante-cinq ans, après une longue maladie. Lully commence à supplanter Molière dans la faveur royale.
1673 - Molière tombe malade durant la quatrième représentation du Malade imaginaire et meurt (de tuberculose ?) en son logis, rue de Richelieu. Riche directeur de troupe, héritier de la charge paternelle, il faudra six jours aux hommes de loi pour faire l’inventaire de ses biens.
Après intervention du roi auprès de Mgr de Harlay, archevêque de Paris, on enterre le poète de nuit, au cimetière Saint-Joseph, dans le terrain réservé aux enfants mort-nés car, il était mort sans avoir renié sa vie de comédien devant un prêtre. Huit cents personnes dont Boileau et Chapelle, assistèrent aux funérailles.

