Description du commentaire composé
Commentaire composé sur le "Passage de la balançoire", extrait de "Une partie de campagne" de Guy de Maupassant. Cette analyse sur le Passage de la balançoire de Maupassant a été rédigée par un professeur de français.
Sommaire du commentaire composé: Passage de la balançoire - Une partie de campagne
- L'art du portrait des différents membres de la famille
- Une approche sensuelle d'Henriette
- Opposition très présente entre la mère et la fille
- Critique de Maupassant
Extrait du commentaire composé
Une approche sensuelle d'Henriette : Pendant sa description on parle d'elle à la troisième personne : c'est la vision d'un observateur externe : description du physique de la jeune fille empreinte d'un désir masculin : "belle fille de dix-huit à vingt ans", "désir subit", "soulèvement des sens". C'est un corps non accessible qui éveille le désir masculin clairement exprimé.
Texte étudié : Guy de Maupassant, "Une partie de campagne" : "Passage de la balançoire"
Mlle Dufour essayait de se balancer debout, toute seule, sans parvenir à
se donner un élan suffisant. C'était une belle fille de dix-huit à vingt ans ;
une de ces femmes dont la rencontre dans la rue vous fouette d'un désir
subit, et vous laisse jusqu'à la nuit une inquiétude vague et un
soulèvement des sens. Grande, mince de taille et large des hanches, elle
avait la peau très brune, les yeux très grands, les cheveux très noirs. Sa
robe dessinait nettement les plénitudes fermes de sa chair qu'accentuaient
encore les efforts des reins qu'elle faisait pour s'enlever. Ses bras tendus
tenaient les cordes au-dessus de sa tête, de sorte que sa poitrine se
dressait, sans une secousse, à chaque impulsion qu'elle donnait. Son
chapeau, emporté par un coup de vent, était tombé derrière elle ; et
l'escarpolette peu à peu se lançait, montrant à chaque retour ses jambes
fines jusqu'au genou, et jetant à la figure des deux hommes, qui la
regardaient en riant, l'air de ses jupes, plus capiteux que les vapeurs du
vin.
Assise sur l'autre balançoire, Mme Dufour gémissait d'une façon monotone
et continue : "Cyprien, viens me pousser ; viens donc me pousser,
Cyprien !" A la fin, il y alla et, ayant retroussé les manches de sa chemise,
comme avant d'entreprendre un travail, il mit sa femme en mouvement
avec une peine infinie.
Cramponnée aux cordes, elle tenait ses jambes droites pour ne point
rencontrer le sol, et elle jouissait d'être étourdie par le va-et-vient de la
machine. Ses formes, secouées, tremblotaient continuellement comme de
la gelée sur un plat. Mais, comme les élans grandissaient, elle fut prise de
vertige et de peur. A chaque descente, elle poussait un cri perçant qui
faisait accourir tous les gamins du pays ; et, là-bas, devant elle, audessus
de la haie du jardin, elle apercevait vaguement une garniture de
têtes polissonnes que des rires faisaient grimacer diversement.
(Guy de Maupassant, "Une partie de campagne" : "Passage de la balançoire")

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