Description du commentaire composé
Commentaire composé sur La belle au bois dormant (Contes) de Charles Perrault. Cette analyse sur La belle au bois dormant de Charles Perrault a été rédigée par un professeur de français.
Sommaire du commentaire composé: La Belle au bois dormant - Contes
- Un récit merveilleux pour les enfants
- Lieux merveilleux
- Les personnages
- Éléments merveilleux
- Un récit au second degré : implicite et humour
- Implicite
- Humour
Extrait du commentaire composé
Nous allons nous pencher ici sur le conte "La Belle au bois dormant" et plus particulièrement sur le passage où le Prince arrive et découvre la princesse. Nous étudierons dans un premier temps le récit merveilleux destiné aux enfants puis, dans un second temps, le récit implicite et ironique destiné aux adultes.
Texte étudié: Charles Perrault : Contes : La belle au bois dormant
A peine s'avança-t-il vers le bois, que tous ces grands arbres, ces ronces
et ces épines s'écartèrent d'eux-mêmes pour le laisser passer : il marcha
vers le Château qu'il voyait au bout d'une grande avenue où il entra, et ce
qui le surprit un peu, il vit que personne de ses gens ne l'avait pu suivre,
parce que les arbres s'étaient rapprochés dès qu'il avait été passé.
Il continua donc son chemin : un Prince jeune et amoureux est toujours
vaillant. Il entra dans une grande avant-cour où tout ce qu'il vit d'abord
était capable de le glacer de crainte : c'était un silence affreux, l'image de
la mort s'y présentait partout, et ce n'était que des corps étendus
d'hommes et d'animaux, qui paraissaient morts. Il reconnut pourtant bien
au nez bourgeonné et à la face vermeille des Suisses qu'ils n'étaient
qu'endormis, et leurs tasses, où il y avait encore quelques gouttes de vin,
montraient assez qu'ils s'étaient endormis en buvant.
Il passe une grande cour pavée de marbre, il monte l'escalier, il entre
dans la salle des Gardes qui étaient rangés en haie, l'arme sur l'épaule, et
ronflants de leur mieux. Il traverse plusieurs chambres pleines de
Gentilshommes et de Dames, dormant tous, les uns debout, les autres
assis ; il entre dans une chambre toute dorée, et il vit sur un lit, dont les
rideaux étaient ouverts de tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût
jamais vu : une Princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans, et dont
l'éclat resplendissant avait quelque chose de lumineux et de divin.
Il s'approcha en tremblant et en admirant, et se mit à genoux auprès
d'elle. Alors comme la fin de l'enchantement était venue, la Princesse
s'éveilla ; et le regardant avec des yeux plus tendres qu'une première vue
ne semblait le permettre:
''Est-ce vous, mon Prince ? Lui dit-elle, vous vous êtes bien fait attendre.''
Le prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles
étaient dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa
reconnaissance ; il l'assura qu'il l'aimait plus que lui-même. Ses discours
furent mal rangés, ils en plurent davantage : peu d'éloquence, beaucoup
d'amour. Il était plus embarrassé qu'elle, et l'on ne doit pas s'en étonner;
elle avait eu le temps de songer à ce qu'elle aurait à lui dire, car il y a
apparence (l'Histoire n'en dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un
si long sommeil, lui avait procuré le plaisir des songes agréables. Enfin il y
avait quatre heures qu'ils se parlaient, et ils ne s'étaient pas encore dit la
moitié des choses qu'ils avaient à se dire.
(Charles Perrault : Contes : La belle au bois dormant)

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