Description du commentaire composé
Commentaire composé sur l'acte I, scène 5, du Tartuffe de Molière. Cette analyse sur l'acte I, scène 5 du Tartuffe (vers 318 - 345) a été rédigée par un professeur de français.
Sommaire du commentaire composé: Acte I, scène 5 - Le Tartuffe
- Vrais et faux dévots
- Cléante comme idéal classique
Extrait du commentaire composé
La tirade de Cléante précède celle d'Orgon, où ce dernier nous raconte sa rencontre avec Tartuffe, la rencontre de la dupe et de son parasite. L'aveuglement d'Orgon face à cette hypocrisie dont il est sujet en devient comique. Dans ce passage, nous verrons l'opposition récurrente entre vrais et faux dévots, puis nous nous intéresserons au personnage de Cléante représentatif de la pensée classique.
Texte étudié: Molière : Tartuffe : Acte 1 scène 5 - Vers 318 à 345
CLÉANTE
Voilà de vos pareils le discours ordinaire.
Ils veulent que chacun soit aveugle comme eux.
C'est être libertin, que d'avoir de bons yeux;
Et qui n'adore pas de vaines simagrées,
N'a ni respect, ni foi, pour les choses sacrées.
Allez, tous vos discours ne me font point de peur;
Je sais comme je parle, et le Ciel voit mon coeur.
De tous vos façonniers on n'est point les esclaves,
Il est de faux dévots, ainsi que de faux braves:
Et comme on ne voit pas qu'où l'honneur les conduit,
Les vrais braves soient ceux qui font beaucoup de bruit;
Les bons et vrais dévots qu'on doit suivre à la trace,
Ne sont pas ceux aussi qui font tant de grimace.
Hé quoi! Vous ne ferez nulle distinction
Entre l'hypocrisie, et la dévotion ?
Vous les voulez traiter d'un semblable langage,
Et rendre même honneur au masque qu'au visage ?
Egaler l'artifice, à la sincérité;
Confondre l'apparence, avec la vérité;
Estimer le fantôme, autant que la personne;
Et la fausse monnaie, à l'égal de la bonne ?
Les hommes, la plupart, sont étrangement faits !
Dans la juste nature on ne les voit jamais.
La raison a pour eux des bornes trop petites.
En chaque caractère ils passent ses limites,
Et la plus noble chose, ils la gâtent souvent,
Pour la vouloir outrer, et pousser trop avant.
Que cela vous soit dit en passant, mon beau-frère.
(Molière : Tartuffe : Acte 1 scène 5 - Vers 318 à 345)

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