Fiches de lecture

Fables - Commentaires

Auteur : Jean de La Fontaine

Vous allez accéder au commentaire composé comprenant :

    « Fables » de Jean de La Fontaine
    Le paysan du Danube

    Commentaire composé et analyse détaillée sur la fable "Le paysan du Danube", issu de d'oeuvre "Fables" (Jean de La Fontaine). Cette lecture analytique a été rédigée exclusivement pour fichesdelecture.com par un professeur de français, spécialisé dans l'aide à la préparation au bac depuis plus de 20 ans. 

    Sommaire de l'analyse de la fable "Le paysan du Danube" (la Fontaine) :

     

    1. La Fable : mise en scène pathétique de la souffrance d'un peuple
    2. Dénonciation de l'impérialisme : violente polémique 

     

    Extrait de l'introduction du commentaire de texte sur "Le payson du Danube" :

    Pour La fontaine, la fable a toujours été le meilleur moyen de faire passer des idées et en général de critiques de la société. Ici, nous étudions le paysan du Danube qui est une dénonciation de l'annexion des romains. Cette fable est tirée du livre XI publié en 1679. Ainsi pour faire passer son message tout en évitant la censure, il place sa critique dans un cadre spatio-temporel différent, c'est à dire l'Antiquité.

    Problématique : C'est une fable mais aussi un texte engagé qui annonce les idées des Lumières notamment le voyage de Bougainville de Diderot.

    Texte étudié : Le paysan du Danube (Fables de La Fontaine) :

    Il ne faut point juger des gens sur l'apparence. 
    Le conseil en est bon ; mais il n'est pas nouveau. 
    Jadis l'erreur du Souriceau 
    Me servit à prouver le discours que j'avance. 
    J'ai, pour le fonder à présent, 
    Le bon Socrate, Esope, et certain Paysan 
    Des rives du Danube, homme dont Marc-Aurèle 
    Nous fait un portrait fort fidèle. 
    On connaît les premiers : quant à l'autre, voici 
    Le personnage en raccourci. 
    Son menton nourrissait une barbe touffue, 
    Toute sa personne velue 
    Représentait un Ours, mais un Ours mal léché. 
    Sous un sourcil épais il avait l'oeil caché, 
    Le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre, 
    Portait sayon de poil de chèvre, 
    Et ceinture de joncs marins. 
    Cet homme ainsi bâti fut député des Villes 
    Que lave le Danube : il n'était point d'asiles 
    Où l'avarice des Romains 
    Ne pénétrât alors, et ne portât les mains. 
    Le député vint donc, et fit cette harangue : 
    Romains, et vous, Sénat, assis pour m'écouter, 
    Je supplie avant tout les Dieux de m'assister : 
    Veuillent les Immortels, conducteurs de ma langue, 
    Que je ne dise rien qui doive être repris. 
    Sans leur aide, il ne peut entrer dans les esprits 
    Que tout mal et toute injustice : 
    Faute d'y recourir, on viole leurs lois. 
    Témoin nous, que punit la Romaine avarice : 
    Rome est par nos forfaits, plus que par ses exploits, 
    L'instrument de notre supplice. 
    Craignez, Romains, craignez que le Ciel quelque jour 
    Ne transporte chez vous les pleurs et la misère ; 
    Et mettant en nos mains par un juste retour 
    Les armes dont se sert sa vengeance sévère, 
    Il ne vous fasse en sa colère 
    Nos esclaves à votre tour. 
    Et pourquoi sommes-nous les vôtres ? Qu'on me die 
    En quoi vous valez mieux que cent peuples divers. 
    Quel droit vous a rendus maîtres de l'Univers ? 
    Pourquoi venir troubler une innocente vie ? 
    Nous cultivions en paix d'heureux champs, et nos mains 
    Etaient propres aux Arts ainsi qu'au labourage : 
    Qu'avez-vous appris aux Germains ? 
    Ils ont l'adresse et le courage ; 
    S'ils avaient eu l'avidité, 
    Comme vous, et la violence, 
    Peut-être en votre place ils auraient la puissance, 
    Et sauraient en user sans inhumanité. 
    Celle que vos Préteurs ont sur nous exercée 
    N'entre qu'à peine en la pensée. 
    La majesté de vos Autels 
    Elle-même en est offensée ; 
    Car sachez que les immortels 
    Ont les regards sur nous. Grâces à vos exemples, 
    Ils n'ont devant les yeux que des objets d'horreur, 
    De mépris d'eux, et de leurs Temples, 
    D'avarice qui va jusques à la fureur. 
    Rien ne suffit aux gens qui nous viennent de Rome ; 
    La terre, et le travail de l'homme 
    Font pour les assouvir des efforts superflus. 
    Retirez-les : on ne veut plus 
    Cultiver pour eux les campagnes ; 
    Nous quittons les cités, nous fuyons aux montagnes ; 
    Nous laissons nos chères compagnes ; 
    Nous ne conversons plus qu'avec des Ours affreux, 
    Découragés de mettre au jour des malheureux, 
    Et de peupler pour Rome un pays qu'elle opprime. 
    Quant à nos enfants déjà nés, 
    Nous souhaitons de voir leurs jours bientôt bornés : 
    Vos préteurs au malheur nous font joindre le crime. 
    Retirez-les : ils ne nous apprendront 
    Que la mollesse et que le vice ; 
    Les Germains comme eux deviendront 
    Gens de rapine et d'avarice. 
    C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord : 
    N'a-t-on point de présent à faire ? 
    Point de pourpre à donner ? C'est en vain qu'on espère 
    Quelque refuge aux lois : encor leur ministère 
    A-t-il mille longueurs. Ce discours, un peu fort 
    Doit commencer à vous déplaire. 
    Je finis. Punissez de mort 
    Une plainte un peu trop sincère. 
    A ces mots, il se couche et chacun étonné 
    Admire le grand coeur, le bon sens, l'éloquence, 
    Du sauvage ainsi prosterné. 
    On le créa Patrice ; et ce fut la vengeance 
    Qu'on crut qu'un tel discours méritait. On choisit 
    D'autres préteurs, et par écrit 
    Le Sénat demanda ce qu'avait dit cet homme, 
    Pour servir de modèle aux parleurs à venir. 
    On ne sut pas longtemps à Rome 
    Cette éloquence entretenir. 

Fables de Jean de La Fontaine

L’accès au commentaire composé est payant. Vous pouvez acheter un code sans être inscrit sur notre site. Dans ce cas, vous n’aurez accès au document désiré que durant 24h. C’est pourquoi nous vous conseillons de vous inscrire sur le site pour bénéficier d’un accès permanent aux documents commandés.

Pour obtenir votre code, voici les possibilités offertes

les Pays-bas Les Pays-bas

logo sms par sms

envoyez le code
KEY au 4999
(1.50€ par SMS)

logo telephone par téléphone

appelez le
0906 0400203
(1.30€/appel)

logo carte bancaire par carte bancaire

Paiement par

(5,00 €/code)

Autres pays : la Belgique la Suisse l'Espagne les Etats-Unis le Luxembourg le Canada la France le Royaume-Uni l'Allemagne la Suède la Norvege le Danemark l'Italie les Antilles francaises