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Fables - Commentaires

Auteur : Jean de La Fontaine

Vous allez accéder au commentaire composé comprenant :

    « Fables » de La Fontaine : Les deux pigeons

    Commentaire de texte semi-rédigé sur la fable "Les deux pigeons" de l'oeuvre "Fables" de Jean de La Fontaine. Cette lecture analytique est disponible uniquement sur fichesdelecture.com et a été réalisée par Hervé (Professeur de français et préparateur au bac de français depuis plus de 20 ans). Longueur du document : 6 pages.

    Plan de l'analyse de la fable "les deux pigeons" de La Fontaine :

     

    • 1ère partie de la poésie : Analyse
    • 2ème partie de la poésie : Analyse 

     

    Extrait de l'introduction et de la première partie du commentaire sur "Les deux pigeons":

    Voici présentée en deux temps une leçon d'amour. Nous aurons d'abord un contre-exemple, l'aventure des deux pigeons puis un hymne à l'amour. 
    [...]
    V1 à 4 L'aventure des 2 pigeons est résumée. Elle est ensuite développée en 2 mouvements: V5 à 29 la discussion des amis -- V30 à 64 les tribulations du voyageur.
    V1 "Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre" [...]

    Texte étudié "Les deux pigeons" de La Fontaine :

    Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre. 
    L'un d'eux s'ennuyant au logis 
    Fut assez fou pour entreprendre 
    Un voyage en lointain pays. 
    L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ? 
    Voulez-vous quitter votre frère ? 
    L'absence est le plus grand des maux : 
    Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux, 
    Les dangers, les soins du voyage, 
    Changent un peu votre courage. 
    Encor si la saison s'avançait davantage ! 
    Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau 
    Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau. 
    Je ne songerai plus que rencontre funeste, 
    Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut : 
    Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, 
    Bon soupé, bon gîte, et le reste ? 
    Ce discours ébranla le coeur 
    De notre imprudent voyageur ; 
    Mais le désir de voir et l'humeur inquiète 
    L'emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point : 
    Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ; 
    Je reviendrai dans peu conter de point en point 
    Mes aventures à mon frère. 
    Je le désennuierai : quiconque ne voit guère 
    N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint 
    Vous sera d'un plaisir extrême. 
    Je dirai : J'étais là ; telle chose m'avint ; 
    Vous y croirez être vous-même. 
    A ces mots en pleurant ils se dirent adieu. 
    Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage 
    L'oblige de chercher retraite en quelque lieu. 
    Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage 
    Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage. 
    L'air devenu serein, il part tout morfondu, 
    Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, 
    Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, 
    Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie : 
    Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un las, 
    Les menteurs et traîtres appas. 
    Le las était usé ! si bien que de son aile, 
    De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin. 
    Quelque plume y périt ; et le pis du destin 
    Fut qu'un certain Vautour à la serre cruelle 
    Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle 
    Et les morceaux du las qui l'avait attrapé, 
    Semblait un forçat échappé. 
    Le vautour s'en allait le lier, quand des nues 
    Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues. 
    Le Pigeon profita du conflit des voleurs, 
    S'envola, s'abattit auprès d'une masure, 
    Crut, pour ce coup, que ses malheurs 
    Finiraient par cette aventure ; 
    Mais un fripon d'enfant, cet âge est sans pitié, 
    Prit sa fronde et, du coup, tua plus d'à moitié 
    La volatile malheureuse, 
    Qui, maudissant sa curiosité, 
    Traînant l'aile et tirant le pié, 
    Demi-morte et demi-boiteuse, 
    Droit au logis s'en retourna. 
    Que bien, que mal, elle arriva 
    Sans autre aventure fâcheuse. 
    Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger 
    De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines. 
    Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? 
    Que ce soit aux rives prochaines ; 
    Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau, 
    Toujours divers, toujours nouveau ; 
    Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ; 
    J'ai quelquefois aimé ! je n'aurais pas alors 
    Contre le Louvre et ses trésors, 
    Contre le firmament et sa voûte céleste, 
    Changé les bois, changé les lieux 
    Honorés par les pas, éclairés par les yeux 
    De l'aimable et jeune Bergère 
    Pour qui, sous le fils de Cythère, 
    Je servis, engagé par mes premiers serments. 
    Hélas ! quand reviendront de semblables moments ? 
    Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants 
    Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? 
    Ah ! si mon coeur osait encor se renflammer ! 
    Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? 
    Ai-je passé le temps d'aimer ? 

Fables de Jean de La Fontaine

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