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Commentaire composé Le bain de mer de “La mort heureuse

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Albert Camus La mort heureuse
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le bain de mer extrait de la mort heureuse de Camus. Notre analyse sur Le bain de mer de Camus (La mort heureuse) a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La mort heureuse”

    Dans La Mort heureuse, une oeuvre de jeunesse publiée de façon posthume, Camus chantait la puissance de l'instant et la communion avec les éléments naturels. Dans une page d'une grande sensualité, il évoque ainsi un bain de mer qui consacre l'union parfaite de l'homme et de la nature, source de bonheur et instrument d'une véritable renaissance.

    Texte étudié : Le bain de mer (La mort heureuse, Camus)

    Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se
    retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui
    restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il se
    dévêtit, descendit quelques rochers et entra dans la mer. Elle était chaude
    comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes
    d'une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait
    régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement.
    A chaque fois qu'il levait un bras, il lançait sur la mer immense des
    gouttes d'argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les
    semailles splendides d'une moisson de bonheur. Puis le bras replongeait
    et, comme un soc vigoureux, labourait, fendant les eaux en deux pour y
    prendre un nouvel appui et une espérance plus jeune. Derrière lui, au
    battement de ses pieds, naissait un bouillonnement d'écume, en même
    temps qu'un bruit d'eau clapotante, étrangement clair dans la solitude et
    le silence de la nuit. A sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le
    prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes, seul au
    coeur de la nuit et du monde. Il songea soudain à la profondeur qui
    s'étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu'il avait
    sous lui l'attirait comme le visage d'un monde inconnu, le prolongement
    de cette nuit qui le rendait à lui-même, le coeur d'eau et de sel d'une vie
    encore inexplorée. Une tentation lui vint qu'il repoussa aussitôt dans une
    grande joie du corps. Il nagea plus fort et plus avant. Merveilleusement
    las, il retourna vers la rive. A ce moment il entra soudain dans un courant
    glacé et fut obligé de s'arrêter, claquant les dents et les gestes
    désaccordés. Cette surprise de la mer le laissait émerveillé. Cette glace
    pénétrait ses membres et le brûlait comme l'amour d'un Dieu d'une
    exaltation lucide et passionnée qui le laissait sans force. Il revint plus
    péniblement et sur le rivage, face au ciel et à la mer, il s'habilla en
    claquant des dents et en riant de bonheur.
    (Albert Camus, La Mort heureuse, Le bain de mer)