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Commentaire composé Le Mariage par défaut de “Lambeaux

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Charles Juliet Lambeaux
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Le mariage par défaut\" extrait de \"Lambeaux\" de Charles Juliet. Cette analyse sur Le mariage par défaut de Charles Juliet a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Lambeaux”

    Dans ce passage, Charles JULIET évoque la solitude de sa mère mal mariée. Cet extrait mentionne aussi un cahier dans lequel sa mère consignait ses pensées intimes.

    Texte étudié: Charles JULIET, Lambeaux, « Le mariage par défaut » :

    Tu as souffert dans ta famille de ne pas pouvoir t'isoler aussi
    souvent que tu l'aurais voulu. Tu savoures donc ces débuts d'après-midi
    où tu n'as rien à faire, où tu sais que tu as devant toi des heures de
    silence et de solitude. Accoudée sur la table, face à la fenêtre, tu restes un
    long moment à laisser ton regard errer sur le jardin, la petite église, les
    prés qui s'élèvent en pente douce, les bois et les sapins couvrant le faîte
    de la montagne. Puis progressivement et sans que tu t'en rendes compte,
    tu ne vois plus rien de tout cela et tu glisses à l'intérieur de toi-même.
    Lovée au creux de ta chaleur intime, l'esprit inoccupé mais actif, tu as
    l'impression que les questions qui continuent à te hanter vont trouver
    réponse, que tu vas être délivrée de ce qui toujours t'oppresse, et que tu
    es sur le point d'accéder à un état où tu ne connaîtras plus la souffrance.
    Qu'à la fin tu doives déchanter n'empêche pas que tu sois très vite reprise
    par cette illusion, et que la fois suivante, tu demeures à nouveau de
    longues heures en attente, avec l'espoir que ce jour-là, la vie te semblera
    moins lourde, moins opaque.
    Mais le plus souvent, lorsque tu t'absentes de la réalité et descends
    en toi-même, tu ne rencontres que peur et angoisse. L'existence que tu
    mènes ne répond en rien à tes aspirations et tu te surprends à rêver de
    départ, de fuite, de recommencement. Quand tu en prends conscience, tu
    as le sentiment de trahir Antoine et tu cèdes à la honte. Tu cherches des
    raisons qui te convaincraient que tu finiras un jour par être heureuse,
    mais tu ne les trouves point. Toujours en toi cette nostalgie de tu ne sais
    quoi, ce besoin incoercible d'une vie dégagée de toute entrave, une vie
    libre et riche, vaste, intense, une vie où ne règneraient que bonté,
    compréhension et lumière.
    Ce que balbutie ta voix intérieure et qui, dans ce profond silence,
    prend un tel relief et une telle autorité, tu le consignes dans un cahier, et
    ainsi passes-tu des heures à aligner des phrases, réfléchir sur un mot,
    sonder ces énigmes que sont la vie et la mort. En fin d'après-midi, quand
    tu as écrit une ou deux pages, tu te sens pacifiée, et ce qui initialement te
    paraissait placé sous le signe du négatif se présente sous un autre aspect.
    Lorsque tu entends les pas d'Antoine dans la grange, tu t'empresses
    de faire disparaître ton cahier. Il entre et tu le reçois avec gentillesse,
    mais quelques minutes de transition te sont nécessaires pour quitter ton
    monde et reprendre pied dans la réalité.
    A plusieurs reprises tu as voulu lui faire part de tes pensées, tes
    préoccupations, tenté de l'amener à réfléchir à ces questions auxquelles tu
    te trouves affrontée, mais tu as très vite perçu que rien de tout cela ne
    rencontrait en lui le moindre écho. Et il était d'autant moins susceptible de
    s'intéresser à ce que tu lui disais que lorsqu'il arrive, en fin de journée, le
    désir qu'il a de toi le rend absent, l'empêche parfois d'entendre les mots
    que tu prononces.
    Le repas vite avalé. Le lit. L'assaut brutal. Son halètement, et pour
    toi, un surcroît de solitude.
    (Charles JULIET, Lambeaux, « Le mariage par défaut »)