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Commentaire composé Lettre XIV (Le vieillard) de “Les Lettres Persanes

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Charles-Louis de Montesquieu Les Lettres Persanes
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur la Lettre XIV des Lettres Persanes de Montequieu. Cette analyse de la lettre XIV des Lettres Persanes de Montesquieu a été rédigée par un professeur de français.

     

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Lettres Persanes”

    De la lettre 11 à 14, Montesquieu présente l'apologue des troglodytes, ce peuple méchant et féroce au départ, va, grâce à deux individus exceptionnels, pratiquer la vertu et une sorte d'union civique. Cette utopie va dégénérer quand les Troglodytes vont vouloir se choisir un roi : ils choisissent un vieillard vénérable qui refuse leur proposition et il explique pourquoi. Quelles idées politiques et morales
    Montesquieu expose-t-il ici sous la forme d'un apologue ?

    Texte étudié : Lettre 14 des Lettres Persanes (de Montesquieu)

    Usbek au même
    Comme le peuple grossissait tous les jours, les Troglodytes crurent qu'il
    était à propos de se choisir un roi : ils convinrent qu'il fallait déférer la
    couronne à celui qui était le plus juste; et ils jetèrent tous les yeux sur un
    vieillard vénérable par son âge et par une longue vertu. Il n'avait pas
    voulu se trouver à cette assemblée; il s'était retiré dans sa maison, le
    coeur serré de tristesse.
    Lorsqu'on lui envoya des députés pour lui apprendre le choix qu'on avait
    fait de lui : « A Dieu ne plaise, dit-il, que je fasse ce tort aux Troglodytes,
    que l'on puisse croire qu'il n'y a personne parmi eux de plus juste que moi
    ! Vous me déférez la couronne, et, si vous le voulez absolument, il faudra
    bien que je la prenne ; mais comptez que je mourrai de douleur d'avoir vu
    en naissant les Troglodytes libres, et de les voir aujourd'hui assujettis. A
    ces mots, il se mit à répandre un torrent de larmes. Malheureux jour !
    disait-il; et pourquoi ai-je tant vécu ? » Puis il s'écria d'une voix sévère :
    « Je vois bien ce que c'est, ô Troglodytes ! Votre vertu commence à vous
    peser. Dans l'état où vous êtes, n'ayant point de chef, il faut que vous
    soyez vertueux malgré vous; sans cela vous sauriez subsister, et vous
    tomberiez dans le malheur de vos premiers pères. Mais ce joug vous
    paraît trop dur : vous aimez mieux être soumis à un prince, et obéir à ses
    lois, moins rigides que vos moeurs. Vous savez que pour lors vous pourrez
    contenter votre ambition, acquérir des richesses, et languir dans une
    lâche volupté ; et que, pourvu que vous évitiez de tomber dans les grands
    crimes, vous n'aurez pas besoin de la vertu. » Il s'arrêta un moment, et
    ses larmes coulèrent plus que jamais. « Et que prétendez-vous que je
    fasse ? Comment se peut-il que je commande quelque chose à un
    Troglodyte ? Voulez-vous qu'il fasse une action vertueuse parce que je la
    lui commande, lui qui la ferait tout de même sans moi, et par le seul
    penchant de la nature ? Ô Troglodytes ! Je suis à la fin de mes jours, mon
    sang est glacé dans mes veines, je vais bientôt revoir vos sacrés aïeux :
    pourquoi voulez-vous que je les afflige, et que je sois obligé de leur dire
    que je vous ai laissés sous un autre joug que celui de la Vertu ? »
    (Montesquieu, Lettres Persanes, Lettre XIV)