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Commentaire composé La ville de “Oeuvres complètes

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Emile Verhaeren Oeuvres complètes
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La ville de Verhaeren (Les campagnes hallucinées). Notre analyse sur La ville de Verhaeren (Les campagnes hallucinées) a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “Oeuvres complètes”

    Verhaeren est un poète belge dont le propos dans ce recueil est de montrer que le monde moderne peut être un sujet poétique.

    Dans ce recueil, il montre à la fois une nostalgie de la campagne du passé et une critique de la misère des villes. Le premier poème des Campagnes hallucinées annonce beaucoup de thématiques des Villes tentaculaires.

    Poème étudié : La ville d'Emile Verhaeren

    Tous les chemins vont vers la ville.

    Du fond des brumes,
    Avec tous ses étages en voyage
    Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
    Comme d'un rêve, elle s'exhume.

    Là-bas,
    Ce sont des ponts musclés de fer,
    Lancés, par bonds, à travers l'air ;
    Ce sont des blocs et des colonnes
    Que décorent Sphinx et Gorgones ;
    Ce sont des tours sur des faubourgs ;
    Ce sont des millions de toits
    Dressant au ciel leurs angles droits :
    C'est la ville tentaculaire,
    Debout,
    Au bout des plaines et des domaines.

    Des clartés rouges
    Qui bougent
    Sur des poteaux et des grands mâts,
    Même à midi, brûlent encor
    Comme des oeufs de pourpre et d'or ;
    Le haut soleil ne se voit pas :
    Bouche de lumière, fermée
    Par le charbon et la fumée.

    Un fleuve de naphte et de poix
    Bat les môles de pierre et les pontons de bois ;
    Les sifflets crus des navires qui passent
    Hurlent de peur dans le brouillard ;
    Un fanal vert est leur regard
    Vers l'océan et les espaces.

    Des quais sonnent aux chocs de lourds fourgons ;
    Des tombereaux grincent comme des gonds ;
    Des balances de fer font choir des cubes d'ombre
    Et les glissent soudain en des sous-sols de feu ;
    Des ponts s'ouvrant par le milieu,
    Entre les mâts touffus dressent des gibets sombres
    Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,
    Immensément, par à travers
    Les toits, les corniches et les murailles,
    Face à face, comme en bataille.

    Et tout là-bas, passent chevaux et roues,
    Filent les trains, vole l'effort,
    Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues
    Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.
    Des rails ramifiés y descendent sous terre
    Comme en des puits et des cratères
    Pour reparaître au loin en réseaux clairs d'éclairs
    Dans le vacarme et la poussière.
    C'est la ville tentaculaire.