Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé Acte I (La lâcheté de Dudard) de “Rhinocéros

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
Eugène Ionesco Rhinocéros
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte III de Rhinocéros d'Ionesco. Notre analyse de l'Acte III de Rhinocéros d'Ionesco a été rédigée par un professeur de français.

    • 5 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Rhinocéros”

    Dans ce passage du début de l'acte III de Rhinocéros, juste après la métamorphose de Jean, B. est chez lui et reçoit la visite de son collègue Dudard. Bérenger s'inquiète car il ressent les mêmes symptômes que Jean décrivait avant de se métamorphoser.
    Nous constatons la progression du dialogue : en premier lieu, au niveau d'une triple approche chez Dudard et d'une vision humaniste chez Bérenger.

    Extrait de l'acte 3 de Rhinocéros d'Ionesco :

    Bérenger
    Cela en avait bien l'air pourtant. Si vous aviez vu dans quel état... l'expression de sa figure...
    Dudard
    C'est parce que c'est vous qui vous trouviez par hasard chez lui. Avec n'importe qui cela se serait passé de la même façon.
    Bérenger
    Devant moi, étant donné notre passé commun, il aurait pu se retenir.
    Dudard
    Vous vous croyez le centre du monde, vous croyez que tout ce qui arrive vous concerne personnellement ! Vous n'êtes pas la cible universelle !
    Bérenger
    C'est peut (être juste. Je vais tacher de me raisonner. Cependant le phénomène en soi est inquiétant. Moi, à vrai dire, cela me bouleverse. Comment l'expliquer ?
    Dudard
    Pour le moment, je ne trouve pas encore une explication satisfaisante. Je constate les faits, je les enregistre. Cela existe, donc cela doit pouvoir s'expliquer. Des curiosités de la nature, des bizarreries, des extravagances, un jeu, qui sait ?
    Bérenger
    Jean était très orgueilleux. Moi, je n'ai pas d'ambition. Je me contente de ce que je suis.
    Dudard
    Peut-être aimait-il l'air pur, la compagne, l'espace... peut-être avait-il besoin de se détendre. Je ne dis pas ça pour l'excuser...
    Bérenger
    Je vous comprends, enfin j'essaye. Pourtant, même si on m'accusait de ne pas avoir l'esprit sportif ou d'être un petit-bourgeois, figé dans un univers clos, je resterais sur mes positions.
    Dudard
    Nous resterons tous les mêmes, bien sur. Alors pourquoi vous inquiétez-vous pour quelques cas de rhino cérite ? Cela peut-être aussi une maladie.
    Bérenger
    Justement, j'ai peur de la contagion.
    Dudard
    Oh ! N'y pensez plus. Vraiment, vous attachez trop d'importance à la chose. L'exemple de Jean n'est pas symptomatique, n'est pas représentatif, vous avez dit vous-même que Jean était orgueilleux. A mon avis, excusez-moi de dire du mal de votre ami, c'était un excité, un peu sauvage, un excentrique, on ne prend pas en considération les originaux. C'est la moyenne qui compte.
    Bérenger
    Alors cela s'éclaire. Vous voyez, vous ne pouviez pas expliquer le phénomène. Eh bien, voilà, vous venez de me donner une explication plausible. Pourtant, il avait des arguments, il semblait avoir réfléchi à la question, muri sa décision... Mais Bœuf, Bœuf, était-il fou lui aussi ?... et les autres, les autres ?...
    Dudard
    Il reste l'hypothèse de l'épidémie. C'est comme la grippe. Ça c'est déjà vu des épidémies.
    Bérenger
    Elles n'ont jamais ressemblé à celle-ci. Et si ça venait des colonies ?
    Dudard
    En tout cas, vous ne pouvez pas prétendre que Bœuf et les autres, eux aussi, ont fait ce qu'ils ont fait, ou sont devenus ce qu'ils sont devenus, exprès pour vous ennuyer. Ils ne se seraient pas donné ce mal.
    Bérenger
    C'est vrai, c'est sensé ce que vous dites, c'est une parole rassurante... ou peut-être, au contraire, cela est-il plus grave encore ? (On entend des rhinocéros galoper sous la fenêtre du fond.) Tenez, vous entendez ? (Il se précipite vers la fenêtre.)
    Dudard
    Laissez-les donc tranquilles ! (Bérenger referme la fenêtre.) En quoi vous gênent-ils ? Vraiment, ils vous obsèdent. Ce n'est pas bien. Vous vous épuisez nerveusement. Vous avez eu un choc, c'est entendu ! N'en cherchez pas d'autres. Maintenant, tachez tout simplement de vous rétablir.
    Bérenger
    Je me demande si je suis bien immunisé.
    Dudard
    De toute façon, ce n'est pas mortel. Il y a des maladies qui sont saines. Je suis convaincu qu'on en guérit si on veut. Ç a leur passera, allez.
    Bérenger
    Ça doit certainement laisser des traces ! Un tel déséquilibre organique ne peut pas ne pas en laisser...
    Dudard
    C'est passager, ne vous en faites pas.
    Bérenger
    Vous en êtes convaincu ?
    Dudard
    Je le crois, oui, je le suppose.
    Bérenger
    Mais si on ne veut vraiment pas, n'est-ce pas, si on ne veut vraiment pas attraper ce mal qui est un mal nerveux, on ne l'attrape pas, on ne l'attrape pas !...Voulez-vous un verre de cognac ?