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Commentaire composé Le savetier et le financier de “Fables

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Jean de La Fontaine Fables
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le savetier et le financier de La Fontaine. Cette analyse sur Le savetier et le financier a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “Fables”

    Le poète, romancier et fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695) est surtout connu pour ses fables à l'aspect didactique et philosophique.

    Cependant, « Le Savetier et le Financier » ne fait pas partie des plus connues ni des plus étudiées. Pourtant, elle réunit nombre de caractéristiques des apologues dont Jean de la Fontaine était friand. Cette fable intitulée « Le savetier et le Financier » appartient au Livre VIII des Fables de cet auteur.

    Fable de La Fontaine analysée: \"Le savetier et le financier\" (Fables, La Fontaine)

    Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :
    C'était merveilles de le voir,
    Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages,
    Plus content qu'aucun des sept sages.
    Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,
    Chantait peu, dormait moins encor.
    C'était un homme de finance.
    Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
    Le Savetier alors en chantant l'éveillait,
    Et le Financier se plaignait,
    Que les soins de la Providence
    N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,
    Comme le manger et le boire.
    En son hôtel il fait venir
    Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
    Que gagnez-vous par an ? - Par an ? Ma foi, Monsieur,
    Dit avec un ton de rieur,
    Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière
    De compter de la sorte ; et je n'entasse guère
    Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin
    J'attrape le bout de l'année :
    Chaque jour amène son pain.
    - Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
    - Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
    (Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
    Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours
    Qu'il faut chommer ; on nous ruine en Fêtes.
    L'une fait tort à l'autre ; et Monsieur le Curé
    De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.
    Le Financier riant de sa naïveté
    Lui dit : Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône.
    Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
    Pour vous en servir au besoin.
    Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre
    Avait depuis plus de cent ans
    Produit pour l'usage des gens.
    Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
    L'argent et sa joie à la fois.
    Plus de chant ; il perdit la voix
    Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
    Le sommeil quitta son logis,
    Il eut pour hôtes les soucis,
    Les soupçons, les alarmes vaines.
    Tout le jour il avait l'oeil au guet ; Et la nuit,
    Si quelque chat faisait du bruit,
    Le chat prenait l'argent : A la fin le pauvre homme
    S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus !
    Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
    Et reprenez vos cent écus.