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Commentaire composé Le songe d'un habitant du Mogol de “Fables

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Jean de La Fontaine Fables
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Le Songe d'un habitant du Mogol\" de La Fontaine. Notre analyse sur Le songe d'un habitant du Mogol de La Fontaine a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Fables”

    Il est rare que La Fontaine s'exprime directement et se permette des confidences dans son oeuvre. Quelques fables cependant en contiennent, ce qui est surprenant pour un écrivain classique. Ainsi, le \"Songe d'un habitant du Mogol\" développe durant 22 vers, après un cours récit inspiré de l'Orient, une déclaration lyrique sur les avantages de la retraite, où la première personne du singulier y abonde. L'auteur livre sa conception du bonheur, fait de la solitude contemplative et de la création poétique au sein de la nature.

    Fable de La Fontaine analysée: \"Le Songe d'un habitant du Mogol\"

    Jadis certain Mogol vit en songe un Vizir
    Aux champs Elysiens possesseur d'un plaisir
    Aussi pur qu'infini, tant en prix qu'en durée ;
    Le même songeur vit en une autre contrée
    Un Ermite entouré de feux,
    Qui touchait de pitié même les malheureux.
    Le cas parut étrange, et contre l'ordinaire :
    Minos en ces deux morts semblait s'être mépris.
    Le dormeur s'éveilla, tant il en fut surpris.
    Dans ce songe pourtant soupçonnant du mystère,
    Il se fit expliquer l'affaire.
    L'interprète lui dit : Ne vous étonnez point ;
    Votre songe a du sens ; et, si j'ai sur ce point
    Acquis tant soit peu d'habitude,
    C'est un avis des Dieux. Pendant l'humain séjour,
    Ce Vizir quelquefois cherchait la solitude ;
    Cet Ermite aux Vizirs allait faire sa cour.
    Si j'osais ajouter au mot de l'interprète,
    J'inspirerais ici l'amour de la retraite :
    Elle offre à ses amants des biens sans embarras,
    Biens purs, présents du Ciel, qui naissent sous les pas.
    Solitude où je trouve une douceur secrète,
    Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais,
    Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais ?
    Oh ! qui m'arrêtera sous vos sombres asiles !
    Quand pourront les neuf Soeurs, loin des cours et des villes,
    M'occuper tout entier, et m'apprendre des Cieux
    Les divers mouvements inconnus à nos yeux,
    Les noms et les vertus de ces clartés errantes
    Par qui sont nos destins et nos moeurs différentes !
    Que si je ne suis né pour de si grands projets,
    Du moins que les ruisseaux m'offrent de doux objets !
    Que je peigne en mes Vers quelque rive fleurie !
    La Parque à filets d'or n'ourdira point ma vie ;
    Je ne dormirai point sous de riches lambris ;
    Mais voit-on que le somme en perde de son prix ?
    En est-il moins profond, et moins plein de délices ?
    Je lui voue au désert de nouveaux sacrifices.
    Quand le moment viendra d'aller trouver les morts,
    J'aurai vécu sans soins, et mourrai sans remords.