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Commentaire composé Paysage alpestre de “Les Confessions

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Jean-Jacques Rousseau Les Confessions
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Paysage alpestre de Rousseau, extrait des Confessions. Notre analyse sur Paysage alpestre de Rousseau (Les Confessions) a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Confessions”

    Au livre IV des Confessions, Rousseau, après un séjour à Paris, part rejoindre Madame de Warens en Savoie. Après une étape à Lyon, il traverse près de Chambéry une zone montagneuse et c'est pour lui l'occasion d'évoquer la fascination qu'exerce sur lui cette nature sauvage ainsi que de décrire le bonheur interne qu'il éprouve dans la solitude de ces régions.

    Nous verrons tout d'abord les caractéristiques du paysage alpestre puis les raisons qui expliquent l'attrait particulier qu'il exerce sur le narrateur.

    Texte étudié : Paysage alpestre (Rousseau), extrait des Confessions

    Je suis en racontant mes voyages comme j'étais en les faisant: je ne saurais arriver. Le coeur me battait de joie en approchant de ma chère maman, et je n'en allais pas plus vite. J'aime à marcher à mon aise, et m'arrêter quand il me plaît. La vie ambulante est celle qu'il me faut. Faire route à pied par un beau temps, dans un beau pays, sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable, voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus de mon goût. Au reste, on sait déjà ce que j'entends par un beau pays. Jamais pays de plaine, quelque beau qu'il fût, ne parut tel à mes yeux. Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux à monter et à descendre, des précipices à mes côtés, qui me fassent bien peur. J'eus ce plaisir, et je le goûtai dans tout son charme, en approchant de Chambéri. Non loin d'une montagne coupée qu'on appelle le Pas de l'Échelle, au-dessous du grand chemin taillé dans le roc, à l'endroit appelé Chailles, court et bouillonne dans des gouffres affreux une petite rivière qui paraît avoir mis à les creuser des milliers de siècles. On a bordé le chemin d'un parapet, pour prévenir les malheurs: cela faisait que je pouvais contempler au fond, et gagner des vertiges tout à mon aise; car ce qu'il y a de plaisant dans mon goût pour les lieux escarpés est qu'ils me font tourner la tête; et j'aime beaucoup ce tournoiement, pourvu que je sois en sûreté. Bien appuyé sur le parapet, j'avançais le nez, et je restais là des heures entières, entrevoyant de temps en temps cette écume et cette eau bleue dont j'entendais le mugissement à travers les cris des corbeaux et des oiseaux de proie qui volaient de roche en roche, et de broussaille en broussaille, à cent toises au- dessous de moi. Dans les endroits où la pente était assez unie et la broussaille assez claire pour laisser passer des cailloux, j'en allais chercher au loin d'aussi gros que je les pouvais porter, je les rassemblais sur le parapet en pile; puis, les lançant l'un après l'autre, je me délectais à les voir rouler, bondir et voler en mille éclats, avant que d'atteindre le fond du précipice.