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Commentaire composé La magie de la lecture de “L'enfant

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Jules Vallès L'enfant
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur « La magie de la lecture » de Jules Vallès. Cette analyse sur La magie de la lecture de Jules Vallès a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'enfant”

    Dans L'Enfant, Jules Vallès propose une satire de l'enseignement et de l'école. Dans la scène où il est « oublié » par un surveillant dans l'étude montre précisément comment l'enfant qu'est encore Jacques Vingtras découvre le plaisir de la lecture. Toutefois cette découverte ne s'opère pas sous la férule d'un maître mais dans un moment d'école buissonnière forcée, au sein même de l'école ! La structure du passage permet de dévoiler le rôle magique de la lecture face au sordide monde scolaire.

    Texte étudié : « La magie de la lecture » (L'Enfant de Jules Vallès)

    Le narrateur - un jeune collégien du XIXème siècle - est puni. Il est enfermé
    dans une salle d'étude vide. Pour s'occuper, il explore les lieux.

    Je vais d'un pupitre à l'autre : ils sont vides - on doit nettoyer la place, et les
    élèves ont déménagé.
    Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames,
    le cadavre d'un lézard, une agate perdue.
    Dans une fente, un livre : j'en vois le dos, je m'écorche les ongles à essayer de
    le retirer. Enfin, avec l'aide de la règle, en cassant un pupitre, j'y arrive ; je tiens
    le volume et je regarde le titre :
    ROBINSON CRUSOÉ
    II est nuit.
    Je m'en aperçois tout d'un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce
    livre ? - quelle heure est-il ?
    Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends
    mon regard, les lettres s'effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin
    d'un mot, puis plus rien.
    J'ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté
    penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la
    curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d'une émotion immense, remué
    jusqu'au fond de la cervelle et jusqu'au fond du coeur ; et en ce moment où la
    lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux
    de l'île, et je vois se profiler la tête longue d'un peuplier comme le mât du navire
    de Crusoé ! Je peuple l'espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait
    l'horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l'éternelle
    solitude et je me demande où je ferai pousser du pain...
    La faim me vient : j'ai très faim.
    Vais-je être réduit à manger ces rats que j'entends dans la cale de l'étude ?
    Comment faire du feu ? J'ai soif aussi. Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des
    limons frais ! Justement j'adore la limonade !
    Clic, clac ! on farfouille dans la serrure.
    Est-ce Vendredi ? Sont-ce des sauvages ?
    C'est le petit pion qui s'est souvenu, en se levant, qu'il m'avait oublié, et qui
    vient voir si j'ai été dévoré par les rats, ou si c'est moi qui les ai mangés.
    (1) roman de Daniel Defoe (1719), inspiré par une histoire réelle. Robinson,
    naufragé, survit seul vingt-huit ans sur une île tropicale déserte de l'océan
    Atlantique avant de rencontre Vendredi qui deviendra son serviteur, peu de
    temps avant leur découverte par un navire
    Jules VALLÈS, L'Enfant, 1878.