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Commentaire composé Jalousie de “La princesse de Clèves

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Madame de La Fayette La princesse de Clèves
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Jalousie de Madame de La Fayette, extrait de La princesse de Clèves. Cette analyse sur Jalousie, extrait de La princesse de Clèves a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La princesse de Clèves”

    Nous allons étudier un extrait de « La Princesse de Clèves », de Mme de la Fayette. Nous nous porterons dans un premier temps sur le fait qu'il s'agit d'une scène de jalousie et dans un deuxième temps sur la crise en elle-même.

    Texte étudié : La princesse de Clèves : Jalousie

    Il alla d'abord dans la chambre de sa femme, et après lui avoir parlé quelque temps de choses indifférentes, il ne put s'empêcher de lui demander ce qu'elle avait fait et qui elle avait vu ; elle lui en rendit compte. Comme il vit qu'elle ne lui nommait point monsieur de Nemours, il lui demanda, en tremblant, si c'était tout ce qu'elle avait vu, afin de lui donner lieu de nommer ce prince et de n'avoir pas la douleur qu'elle lui en fît une finesse. Comme elle ne l'avait point vu, elle ne le lui nomma point, et monsieur de Clèves reprenant la parole avec un ton qui marquait son affliction :

    - Et monsieur de Nemours, lui dit-il, ne l'avez-vous point vu, ou l'avez-vous oublié ?

    - Je ne l'ai point vu, en effet, répondit-elle ; je me trouvais mal, et j'ai envoyé une de mes femmes lui faire des excuses.

    - Vous ne vous trouviez donc mal que pour lui, reprit monsieur de Clèves. Puisque vous avez vu tout le monde, pourquoi des distinctions pour monsieur de Nemours ? Pourquoi ne vous est-il pas comme un autre ? Pourquoi faut-il que vous craigniez sa vue ? Pourquoi lui laissez-vous voir que vous la craignez ? Pourquoi lui faites-vous connaître que vous vous servez du pouvoir que sa passion vous donne sur lui ? Oseriez-vous refuser de le voir, si vous ne saviez bien qu'il distingue vos rigueurs de l'incivilité ? Mais pourquoi faut-il que vous ayez des rigueurs pour lui ? D'une personne comme vous, Madame, tout est des faveurs hors l'indifférence.

    - Je ne croyais pas, reprit madame de Clèves, quelque soupçon que vous ayez sur monsieur de Nemours, que vous pussiez me faire des reproches de ne l'avoir pas vu.

    - Je vous en fais pourtant, Madame, répliqua-t-il, et ils sont bien fondés : Pourquoi ne le pas voir s'il ne vous a rien dit ? Mais, Madame, il vous a parlé ; si son silence seul vous avait témoigné sa passion, elle n'aurait pas fait en vous une si grande impression. Vous n'avez pu me dire la vérité tout entière ; vous m'en avez caché la plus grande partie ; vous vous êtes repentie même du peu que vous m'avez avoué et vous n'avez pas eu la force de continuer. Je suis plus malheureux que je ne l'ai cru, et je suis le plus malheureux de tous les hommes. Vous êtes ma femme, je vous aime comme ma maîtresse, et je vous en vois aimer un autre. Cet autre est le plus aimable de la cour, et il vous voit tous les jours, il sait que vous l'aimez. Eh ! j'ai pu croire, s'écria-t-il, que vous surmonteriez la passion que vous avez pour lui. Il faut que j'aie perdu la raison pour avoir cru qu'il fût possible.

    - Je ne sais, reprit tristement madame de Clèves, si vous avez eu tort de juger favorablement d'un procédé aussi extraordinaire que le mien ; mais je ne sais si je ne me suis trompée d'avoir cru que vous me feriez justice ?

    - N'en doutez pas, Madame, répliqua monsieur de Clèves, vous vous êtes trompée ; vous avez attendu de moi des choses aussi impossibles que celles que j'attendais de vous. Comment pouviez-vous espérer que je conservasse de la raison ? Vous aviez donc oublié que je vous aimais éperdument et que j'étais votre mari ? L'un des deux peut porter aux extrémités : que ne peuvent point les deux ensemble ? Eh ! que ne font-ils point aussi ! continua-t-il, je n'ai que des sentiments violents et incertains dont je ne suis pas le maître. Je ne me trouve plus digne de vous ; vous ne me paraissez plus digne de moi. Je vous adore, je vous hais ; je vous offense, je vous demande pardon ; je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin il n'y a plus en moi ni de calme ni de raison.