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Commentaire composé Acte I, scène 8 de “Le jeu de l'amour et du hasard

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Marivaux Le jeu de l'amour et du hasard
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte I, scène 8 du Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. Notre analyse de l'acte I Scène 8 du Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux a été rédigée par un professeur de français.

    Avec cette pièce, Marivaux n'en est pas à son coup d'essai, puisque cela fait déjà une décennie qu'il multiplie les succès au théâtre : Arlequin poli par l'amour, L'Ile des esclaves (on y retrouve le thème du travestissement)... même si certaines de ses pièces n'obtiennent qu'un accueil réservé, à l'image de la Seconde surprise de l'amour. Précisons toutefois que les réactions ne sont pas les mêmes en Italie et en France. Marivaux est également romancier, puisqu'il est l'auteur de la Vie de Marianne. Quoi qu'il en soit, la pièce présentée ici met en scène un échange d'identités entre maîtres et valets, processus qui conduit à ce fameux « jeu de l'amour » et à un questionnement sur les conventions sociales.

    La scène que nous allons étudier est extraite du premier Acte. Dorante s'est déguisé en valet (sous le nom de Bourguignon) et Arlequin se fait passer pour lui. Silvia, elle aussi, a échangé sa place avec sa suivante, un jeu de déguisement amoureux qui va être poursuivi tout au long de la pièce. La finalité est la suivante : il faut se jouer des tromperies de l'apparence pour découvrir les personnes telles qu'elles sont vraiment... mais un simple déguisement est-il suffisant ?

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Le jeu de l'amour et du hasard”

    (extrait étudié)

    Dorante, Silvia, Arlequin

    Arlequin. - Ah, te voilà, Bourguignon ; mon porte-manteau et toi, avez- vous été bien reçus ici ?
    Dorante. - Il n'était pas possible qu'on nous reçût mal, Monsieur.
    Arlequin. - Un domestique là-bas m'a dit d'entrer ici, et qu'on allait avertir mon beau-père qui était avec ma femme.
    Silvia. - Vous voulez dire Monsieur Orgon et sa fille, sans doute, Monsieur ?
    Arlequin. - Eh oui, mon beau-père et ma femme, autant vaut ; je viens pour épouser, et ils m'attendent pour être mariés ; cela est convenu, il ne manque plus que la cérémonie, qui est une bagatelle.
    Silvia. - C'est une bagatelle qui vaut bien la peine qu'on y pense.
    Arlequin. - Oui, mais quand on y a pensé on n'y pense plus.
    Silvia, bas à Dorante. - Bourguignon, on est homme de mérite à bon marché chez vous, ce me semble ?
    Arlequin. - Que dites-vous là à mon valet, la belle ?
    Silvia. - Rien, je lui dis seulement que je vais faire descendre Monsieur Orgon.
    Arlequin. - Et pourquoi ne pas dire mon beau-père, comme moi ?
    Silvia. - C'est qu'il ne l'est pas encore.
    Dorante. - Elle a raison, Monsieur, le mariage n'est pas fait.
    Arlequin. - Eh bien, me voilà pour le faire.
    Dorante. - Attendez donc qu'il soit fait.
    Arlequin. - Pardi, voilà bien des façons pour un beau-père de la veille ou du lendemain.
    Silvia. - En effet, quelle si grande différence y a-t-il entre être marié ou ne l'être pas ? Oui, Monsieur, nous avons tort, et je cours informer votre beau-père de votre arrivée.
    Arlequin. - Et ma femme aussi, je vous prie ; mais avant que de partir, dites-moi une chose, vous qui êtes si jolie, n'êtes-vous pas la soubrette de l'hôtel ?
    Silvia. - Vous l'avez dit.
    Arlequin. - C'est fort bien fait, je m'en réjouis : croyez-vous que je plaise ici, comment me trouvez-vous ?
    Silvia. - Je vous trouve... plaisant.
    Arlequin. - Bon, tant mieux, entretenez-vous dans ce sentiment-là, il pourra trouver sa place.
    Silvia. - Vous êtes bien modeste de vous en contenter, mais je vous quitte, il faut qu'on ait oublié d'avertir votre beau-père, car assurément il serait venu, et j'y vais.
    Arlequin. - Dites-lui que je l'attends avec affection.
    Silvia, à part. - Que le sort est bizarre ! aucun de ces deux hommes n'est à sa place. »

    Marivaux, Le jeu de l'amour et du hasard, Acte I, scène 8