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Commentaire composé Lorsque j'ai ramené un gros-câlin d'Afrique de “Gros-Câlin

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Romain Gary Gros-Câlin
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Lorsque j'ai ramené Gros-Câlin d'Afrique de Romain Gary (extrait de Gros-Câlin). Cette analyse sur Lorsque j'ai ramené Gros-Câlin d'Afrique de Romain Gary a été rédigée par un professeur de français.

     

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “Gros-Câlin”

    Romain Gary est un écrivain du XXème siècle, le siècle des changements. Il écrit en 1974 l'oeuvre \"Gros-Câlin\" qu'il publia sous le pseudonyme d'Emie Ajar. Ce roman est éponyme car c'est le nom d'un des personnages.

    Cet extrait est un texte narratif qui parle d'un homme solitaire qui comble son vide affectif avec les animaux.

    Texte étudié : \"Lorsque j'ai ramené un gros-câlin d'Afrique\" de Romain Gary :

    Lorsque j'ai ramené Gros-Câlin d'Afrique, à la suite d'un voyage organisé dont j'aurais un mot à dire, je me suis rendu au Muséum. J'avais éprouvé pour ce python une amitié immédiate, un élan chaud et spontané, une sorte de mutualité, dès que je l'ai vu exhibé par un Noir devant l'hôtel tout compris, mais je ne connaissais rien des conditions de vie qui étaient exigées de lui, en dehors de moi-même. Or je tenais à les assumer. Le vétérinaire me dit, avec un bel accent du Midi :
    - Les pythons en captivité se nourrissent uniquement de proies vivantes. Des souris, des cochons d'Inde, ou même un petit lapin de temps à temps, ça fait du bien...
    Il souriait par sympathie.
    - Ils avalent, ils avalent. C'est intéressant à observer, quand la souris est devant et que le python ouvre sa gueule. Vous verrez.
    J'étais blême d'horreur. C'est ainsi que dès mon retour dans l'agglomération parisienne je me suis déjà heurté au problème de la nature, auquel je m'étais déjà heurté avant, la tête la première, bien sûr, mais sans y avoir contribué délibérément. J'ai surmonté le premier pas et j'ai acheté une souris blanche, mais celle-ci changea de nature dès que je l'ai sortie de sa boîte dans mon habitat. Elle prit brusquement un aspect personnel important, lorsque j'ai senti ses moustaches au creux de ma main. Je vis seul, et je l'ai appelée Blondine, à cause, justement, de personne. Je vais toujours au plus pressé. Plus je la sentais petite au creux de ma main et plus elle grandissait et mon habitat en devint soudain tout occupé. elle avait des oreilles transparentes roses et un minuscule museau tout frais et ce sont là chez un homme seul des choses qui ne trompent pas et qui prennent des proportions, à cause de la tendresse et de la féminité. Quand ce n'est pas là, ça ne fait que grandir, ça prend toute la place. Je l'avais achetée en la choisissant blanche et de luxe pour la donner à manger à Gros-Câlin, mais je n'avais pas la force masculine nécessaire. Je suis un faible, je le dis sans me vanter. Je n'ai aucun mérité à ça ; je le constate, c'est tout. Il y a même des moments où je me sens si faible qu'il doit y avoir erreur, et comme je ne sais pas ce que j'entends par là, c'est vous dire son étendue.
    Blondine a aussitôt commencé à s'occuper de moi, grimpant sur mon épaule, farfouillant dans mon cou, chatouillant l'intérieur de mon oreille avec ses moustaches, tous ces mille petits rien qui font plaisir et créent l'intimité.
    En attendant, mon python risquait de crever de faim. J'ai acheté un cochon d'Inde, parce que c'est plus démographique, l'Inde, mais celui-ci se trouva moyen de se lier immédiatement d'amitié avec moi, sans même faire le moindre effort dans ce sens. C'est extraordinaire à quel point les bêtes se sentent seules dans un deux-pièces du grand Paris et combien elles ont besoin de quelqu'un à aimer. Je ne pouvais pas jeter ça dans la gueule d'un python affamé par simple égard pour les lois de la nature.
    Je ne savais plus quoi faire. Il fallait nourrir Gros-Câlin au moins une fois par semaine et il comptait sur moi dans ce sens. Il y avait déjà vingt jours que je l'avais assumé et il me témoignait de son attachement en s'enroulant autour de ma taille et de mes épaules. Il balançait sa jolie tête verte devant mon visage et me regardait dans les yeux fixement, comme s'il n'avait jamais rien vu de pareil. Mon drame de conscience devint tel que je courus consulter le père Joseph, de la paroisse, rue de Vanves.