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Epicure

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Épicure, selon l'opinion la plus courante rapportée par Diogène Laërce, est né à Athènes, dans le dème de Gargettios. Son père, Néoclès, enseignait la grammaire, et sa mère, Chérestrate était magicienne. Épicure semble avoir été élevé à Samos (peut-être même y est-il né, son père étant un colon athénien), puis il vint à Athènes pour y accomplir son service militaire vers l'âge de 18 ans, avant de partir rejoindre son père à Colophon, au nord de Samos, en -323. Il y resta de -323 à -321 et y reçut probablement les leçons de Nausiphane. Il gagne ensuite Mytilène où il commence à enseigner. Sa philosophie suscite alors l'hostilité (mais il y rencontre son disciple et futur successeur Hermarque), et il part rapidement pour Lampsaque où il vivra de -310 à -306. Il y rencontre Colotès, Métrodore, Idoménée qui le suivront à Athènes. À l'âge de 36 ans, il vint s'installer à Athènes qui venait d'être délivrée par Démétrios Poliocerte, et il y acheta un jardin pour 80 mines. Il y passa le reste de sa vie, et y mourut en 270 av. J.-C. C'est pendant cette dernière période qu'il écrit un très grand nombre de ses œuvres et de ses lettres ; il est l'un de ceux qui ont le plus écrit dans l'Antiquité (300 ouvrages semble-t-il).

La vie qu'il mena dans son jardin fut simple et frugale, il était végétalien (il mangeait tout de même à l'occasion du fromage). Selon Dioclès, cité par Diogène Laërce, « un verre de vin lui suffisait, et il buvait de préférence de l'eau. » Le Jardin est pourtant passé pour un lieu de débauche, mais de telles accusations semblent calomnieuses, vu l'habitude des philosophes de lancer des accusations douteuses contre leurs adversaires. Dans l'ensemble de l'histoire de la philosophie, rares sont les philosophes qui auront, comme Épicure, autant souffert de la calomnie. L'image d'Épicure est devenue celle d'un impie et d'un débauché, pire, d'un pourceau.

La vocation de philosophe lui vint très tôt, à 14 ans selon le témoignage de Diogène Laërce, quand, à la lecture d'Hésiode, il demanda à son maître d'où venait le chaos primordial d'où toutes choses sortaient que décrit le poète dans la Théogonie. Les réponses de son maître ne le satisfaisant pas, il décida de philosopher seul et sans guide, en autodidacte (on lui reprochera plus tard de s'en être vanté). Il reçut pourtant les leçons d'un platonicien, Pamphile, et de Nausiphane et Nausycide, des atomistes.

Sa philosophie prône le contentement (de ses avoirs, de son état affectif, de son rang social) et la vie communautaire entre amis dans un bonheur stable. Elle s'oppose avec force au platonisme et de manière plus mesurée à la doctrine d'Aristote (des fragments nous font voir en Épicure un lecteur consciencieux d'Aristote) ; quant à l'héritage démocritéen, contrairement à une idée reçue depuis l'Antiquité, l'atomisme épicurien n'en est pas une simple copie : en effet, Démocrite est plus proche de Platon et Parménide que d'Épicure (voir plus bas le chapitre sur la physique).

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