Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Pearl Buck

Voir les ouvrages

Romancière américaine née le 26 juin 1892 à Hillsboro en Virginie (USA).

Elle a trois mois quand ses parents, les Sydenstricker, missionnaires presbytériens l’emmènent en Chine où elle apprend le chinois avant sa langue maternelle avec un tuteur chinois adepte des préceptes de Confucius, M.Kung. C’est en Chine que Pearl va passer la majeure partie de ses quarante premières années. 

Ils vécurent à Zhenjiang (Chinkiang) dans la province du Jiangsu (Kiangsu), petite ville à la jonction du fleuve Yangtze et du Grand Canal, loin de l’agitation de la capitale et en contact permanent avec la population la plus humble de la chine. Le père, itinérant à la recherche d’âmes à convertir, était souvent absent. Absalom était un misogyne fanatique qui n'accordait pas la moindre attention à sa famille et œuvrait inlassablement, mais sans le moindre succès, à convertir les paysans chinois à un intégrisme particulièrement aride et doctrinaire. Quand il ne sillonnait pas la Chine en quête de conversions, il traduisait la Bible du grec au Chinois ! Sa femme établit un petit dispensaire en ville pour aider les femmes chinoises. En 1900 avec la Révolte des Boxers, Pearl et sa mère fuient pour Shanghai et après quelques mois retrouvent le père et retournent aux Etats-Unis. Bien que la vie des Sydenstricker ne fut pas de tout repos, Pearl, à l’opposé de nombreux missionnaires et expatriés commerciaux, garda toute sa vie un profond sens de l’observation tout à fait Confucéen comme elle l’expliqua en 1939 :

 

« Je ne ressens aucun besoin d’avoir foi en quoi que ce soit d’autre que les êtres humains. Tout comme Confucius jadis, je suis bien trop occupée à observer les beautés de la Nature et la vie sur Terre pour avoir le temps de penser au Paradis et aux Anges… S’il n’y a pas d’autre vie après la mort, et bien celle-ci aura au moins eu le mérite de me permettre de naître en tant qu’être humain. »

 

C’est ainsi qu’adolescente, elle va compléter ses études en Amérique puis retourne en Chine précipitamment pour soigner sa mère gravement malade. Rentrée en 1909 et diplômée du Randolph Macon Women’s College de Lynchburg en Virginie en 1914, elle retourne en Chine où ses parents l’avaient précédés et enseigne l’anglais à l’université de Nankin, en Chine Centrale, après avoir épousé en 1917 le missionnaire et docteur américain John Lossing Buck, qu’elle avait rencontré en 1915. Elle va vivre avec lui trois années dans une des plus pauvres bourgades du Nord de la chine, à Nanhsuchou dans la province du Anhwei. C’est de sa vie dans cette province agricole et de son observation de la vie de ses habitants qu’elle tirera le plus d’enseignement et de matière pour ses romans sur la vie des paysans chinois : « La Terre Chinoise » (1931, « Les fils de Wang Lung » (1932), « La famille Dispersée » (1935) et surtout le magistral « La mère » (1934). Elle vécut avec son mari dix-sept pitoyables années dans la province d'Anhéleux et à Nankin, jouant le rôle de la vertueuse femme de missionnaire, au point même de lui remettre le petit pécule qu'elle gagnait en enseignant et en écrivant, pour le supplier ensuite de lui en reverser une partie. En 1921, c’est la naissance de Carol, leur premier enfant mais elle présente des signes de retard mental. Opérée d’une tumeur utérine, Pearl ne pourra plus avoir d’enfant naturel. Le couple adopte Janice en 1925. Pearl Buck adoptera près de sept enfants.

 

Les années vingt furent des années difficiles puisqu’elle dut tout d’abord affronter la mort de sa mère bien-aimée (sentiment qui transparaît au travers de la mort de la mère de l’héroïne de son premier roman), puis faire face à l’handicap mental de sa fille unique ainsi qu’aux terribles affrontements de Nanking durant lesquels la famille faillit périr et enfin à un mariage désastreux…

 

Durant les incidents de Nankin en mars 1927 qui virent s’opposer les nationalistes de Tchang kaï-chek (Jiang Jieshi), les communistes et différents seigneurs de guerre locaux, plusieurs occidentaux furent tués. Les Buck, se cachant et fuyant furent secourus par un navire de guerre américains et finalement passèrent le reste de l’année au Japon avant de revenir à Nankin malgré l’instabilité.

  Dès 1923, elle envoie nouvelles et articles à des magazines américains et son premier roman inspiré par la Chine, « Vent d’Est, Vent d’Ouest » paraît en 1929 par les éditions John Day dont Richard Walsh qui deviendra le second mari de Pearl après son divorce en 1935.  

En 1931, c’est la célébrité avec « La terre chinoise », dont l’intrigue se déroule dans la Chine des années 1920, le prix Pulitzer en 1932 et la médaille de l’Académie américaine des arts et des lettres. Deux nouveaux romans complètent son récit : « les fils de Wang Lung » (1932) et « la famille dispersée » (1935). La trilogie conte l’histoire d’un paysan chinois et de sa femme-esclave et leur ascension. Elle forme une sorte de documentaire sur divers aspects de la vie chinoise, de l’humble et dure condition paysanne à celle du " seigneur de la guerre ". Le lecteur a l’illusion de pénétrer familièrement l’existence quotidienne des personnages. La sympathie qu’exprime l’auteur, l’émotion suscitée, un goût pour l’exotisme lui valent une audience internationale. Ses romans sont largement traduits.

En 1934, Pearl Buck quitte la Chine pour – elle l'ignore – ne jamais y revenir :

"Personne ne passe la moitié de sa vie en Asie sans y retourner un jour (...) L'amical pays de Chine, terre de mon enfance et de ma jeunesse, m'est désormais un pays proscrit. Je refuse de l'appeler un pays ennemi. Mes souvenirs de son peuple sont trop doux, et ceux de sa Terre trop beaux." )

 

Son retour aux Etats-Unis est conditionné par trois événements; l'intensification des problèmes en Chine qui aboutiront à la révolution communiste; son rapprochement avec son éditeur avec lequel elle se mariera en 1935 et son désir de placer sa fille dans une institution lui permettant de vivre au mieux. Grâce aux revenus de ses livres, Pearl Buck et son nouvel époux, Richard Walsh, vont acheter une vieille ferme, Green Hills Farm et adopter six nouveaux enfants (elle avait déjà adopté en 1925, une petite fille, Janice avec son précédent époux).

 

Tout en continuant d’écrire des ouvrages de tout style : comédie, drame, littérature enfantine, poésie, autobiographie, traduction de romans chinois, Pearl Buck va désormais consacrer son temps et sa fortune à la création de fondations pour promouvoir l’adoption d’enfants eurasiens et aider à une meilleure compréhension entre l’Europe et l’Asie.

  En 1938, le Prix Nobel couronne l’ensemble de son œuvre.  

Elle milite pour les droits civiques et les droits des femmes. Avec son mari, en 1942, elle fonde l’Association Est-Ouest pour les échanges culturels et la compréhension de l’Asie et de l’Occident. Choquée par le fait que les institutions chargée de l’adoption considèrent les enfants mixtes et asiatiques inadoptables, elle fonde en 1949 Welcome House, la première institution internationale, inter-raciale pour l’adoption.

 

Ses livres dressent un portrait authentique de la Chine et de ses habitants, qu’elle a appris à aimer et à comprendre. Elle s’essaye à de nombreux genres littéraires, composant récits, pièces de théâtre, scénarios, recueils de poésies, livres pour enfants, ainsi que des biographies consacrées à sa fille handicapée, à ses parents et à elle-même et un livre de cuisine. Son style simple et direct, son intérêt pour les valeurs fondamentales de la vie humaine laissent transparaître l’influence du roman chinois. Pearl Buck est pour beaucoup dans la compréhension de l’Orient par un public occidental.

  Grande voyageuse, elle publie également : « Le patriote » (1938), « Graine de dragon »(1942), « Les mondes que j’ai connus », « La lettre de Pékin », « Terre coréenne », « The Kennedy women » (1970), « Ma vision de la Chine » (1970), etc.  

Ses dernières années furent tristes. Le Prix Nobel, qui avait oublié de grands écrivains américains tels que Mark Twain, Theodore Dreiser et Henry James, fit aussitôt d'elle la risée des auteurs et des critiques littéraires sérieux - «un symbole du succès immérité», comme le dit Peter Conn. Dans les années 50, l'hystérie du maccarthysme la priva de son lectorat populaire. Depuis des années, le FBI constituait des dossiers sur elle. Les communistes chinois la dénoncèrent eux aussi.

Elle devint trop célèbre trop vite. Ce n'était pas une moderniste. Ses œuvres s'articulaient autour d'une intrigue et d'une grande empathie sociale, et non pas autour du langage ou des sentiments d'une seule personne. Et, bien sûr, c'était une femme qui, circonstance aggravante, écrivait sur d'autres femmes.

      Elle décède le 6 mars 1973 à Danby dans le Vermont aux USA en laissant un oeuvre de quatre-vingt-cinq livres.