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Robert Louis Stevenson

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Robert Louis Stevenson, né le 13 novembre 1850 à Édimbourg et décédé le 3 décembre 1894 à Vailima (Samoa), est un écrivain écossais et un grand voyageur, célèbre pour son roman L'Île au trésor ainsi que pour sa nouvelle L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.



Enfance et jeunesse



Robert Lewis Balfour Stevenson naît le 13 novembre 1850 au 8, Howard Place à Édimbourg où se sont installés ses parents, Thomas Stevenson et Margaret Balfour, après leur mariage deux ans plus tôt, le 28 août 1848. Sa mère Maggie est la fille cadette du révérend Lewis Balfour, une famille des Borders. Son père Thomas, quant à lui, est un fervent calviniste appartenant à la célèbre lignée d'ingénieurs qu'est la famille Stevenson : son grand-père Robert, son père Thomas, ses oncles Alan et David, tous sont concepteurs de phares et ont apporté leur contribution à la sécurisation du littoral maritime écossais.



Le 13 décembre 1850 dans le plus pur respect de la tradition écossaise, il est baptisé « Robert Lewis » par son propre grand-père, le révérend Lewis Balfour.



Assez rapidement, Maggie Stevenson se montre incapable de s'occuper pleinement de son fils. En plus de son inexpérience de jeunesse — elle n'a alors que 21 ans — elle souffre de problèmes pulmonaires vraisemblablement hérités de son père, auxquels s'ajoutent des troubles nerveux. Il apparaît comme nécessaire d'engager une nourrice pour l'enfant. Trois se succèdent, mais c'est la dernière, entrée au service des Stevenson en mai 1852, qui marque Stevenson toute sa vie : Alison Cunningham, affectueusement surnommée « Cummy ». Le 14 décembre 1852, le petit « Smout », ainsi que ses parents le surnomment, tombe très malade, victime d'un refroidissement et d'une forte fièvre. Attribuant cela à la trop grande proximité de la Water of Leith, Thomas et Maggie déménagent en janvier 1853 pour s'installer au 1, Inverleith Terrace, dans une maison jugée plus saine pour l'enfant. Hélas, la demeure se révèle encore plus humide que la précédente et après une courte amélioration, Louis fait une rechute bien plus grave : le 10 mars 1853, le médecin lui diagnostique une attaque de croup. Dès lors, les neufs années qui suivent font vivre un calvaire à l'enfant : rhumes, bronchites, pneumonies, fièvres et infections pulmonaires se succèdent à chaque hiver en plus des maladies infantiles plus classiques. Ce n'est qu'en février 1857 qu'un docteur établit un rapprochement entre l'humidité de la maison et la santé de l'enfant. Les Stevenson déménagent alors dès le mois de mai au 17, Heriot Row. Cette nouvelle demeure, plus saine et plus confortable que la précédente, est également plus en adéquation avec la nouvelle position sociale de Thomas, devenu entre-temps, en 1854, ingénieur attitré au Northern Lights Board. Mais il est déjà trop tard : la santé de Louis est définitivement ruinée.



Du fait de ses fréquentes maladies et de sa santé fragile, Louis est très peu sorti de chez lui, le « vilain climat » d'Édimbourg[7] risquant de lui être fatal. Sa vie s'organise donc dans la maison d'Heriot Row dont Thomas est fréquemment absent, appelé par sa fonction au Northern Lights à des tournées d'inspection. Maggie, elle aussi souvent malade, se déresponsabilise peu à peu de l'enfant, la brave Cummy étant là pour l'assumer. Face à des parents trop souvent absents, rien d'étonnant alors à ce que cette dernière, dotée de surcroît d'une forte personnalité, devienne pour Louis « sa seconde mère, sa première femme, l'ange de sa vie d'enfant ». C'est elle qui garde le chevet du petit Smout dont les maladies occasionnent des nuits pénibles et fiévreuses remplies de cauchemars et d'insomnies, terreurs nocturnes évoquées dans son poème « North-West Passage » ainsi que dans son texte « Un chapitre sur les rêves ». Et c'est encore elle qui le distrait pendant les longues journées où il reste cloué au lit, en lui faisant la lecture : la Bible, le Voyage du pèlerin de Bunyan, la biographie du pasteur M'Cheyne, les écrits covenantaires comme ceux de Wodrow ou Peden ; ou encore en lui racontant l'histoire de l'Écosse et particulièrement celle des persécutions subies par les Covenanters durant le Killing Time, ainsi que des contes populaires de fantômes et de revenants. Ils sont aussi très friands des récits d'aventures paraissant dans la revue Cassel's Family.



Le 7 octobre 1856, vient s'installer à Inverleith son jeune cousin Bob auquel sa famille souhaite épargner le triste spectacle des crises de démence de son père Alan. De trois ans plus âgé que Louis, il devient le compagnon de jeu de Louis : ensemble, ils s'amusent à s'inventer des histoires ou bien à peindre des figurines du théâtre de Skelt, dont les titres évocateurs enflamment l'imagination du jeune Louis[12].



Autres conséquences de sa santé défaillante, les périodes de cure ou bien de convalescence chez son grand-père, au presbytère de Colinton (Colinton Manse)[13]. C'est là qu'est son « Âge d'Or »[14]. Situé à quelques kilomètres d'Édimbourg, Louis y retrouve ses nombreux cousins et cousines et tout n'est que jeux et amusements sous la bienveillance de Jane Whyte Balfour — la fameuse « Auntie » dont il est fait mention dans A Child's Garden of Verses —, fille aînée de Lewis Balfour. À la mort de ce dernier le 30 avril 1860, un nouveau révérend vient le remplacer et c'en est fini de Colinton. « Auntie » quitte le presbytère pour s'installer à Spring Grove près de Londres.



Ses premières tentatives de scolarisation s'interrompent bien vite en raison de problème de santé : en 1856, crises de toux et fièvres découragent ses parents pour le reste de l'année, puis en 1857, après deux semaines de classe, une fièvre gastrique suivie d'une bronchite l'incapacitent durant tout l'hiver. Il entre en octobre 1861 dans la petite classe de l'Edinburgh Academy[15], mais il se montre plutôt solitaire : sa faible constitution l'empêchant de prendre part aux jeux, il peine à s'intégrer aux autres enfants. Au printemps 1862, c'est Thomas qui est pris de quintes de toux et Louis est encore une fois sorti de l'école afin d'accompagner ses parents dans le sud de l'Angleterre, avant de passer un mois à Hombourg en juillet. Puis les vacances sont prolongées jusqu'en automne en prenant une location à North Berwick, ce qui constitue le premier vrai contact avec la mer pour Louis dans ce qui était encore un petit village de pêcheurs sur le Firth of Forth, près de Dunbar. Lorsqu'arrive la rentrée scolaire, Maggie tombe presqu'aussitôt malade nécessitant une cure plus radicale. Le 2 janvier 1863, toute la petite famille accompagnée de Cummy, part alors pour un long périple : ils traversent d'abord la France et s'installent à partir du 4 février à Menton. Au terme de deux mois de cure, durant lesquels Louis a étudié avec un précepteur français, l'état de santé de Maggie s'est considérablement amélioré. Ils repartent donc tous le 31 mars 1863 pour visiter l'Italie durant plus d'un mois, avant de prendre le chemin du retour le 8 mai via l'Autriche et l'Allemagne. Le 29 mai 1863, après 5 mois de voyage et de dépaysement, Louis regagne enfin Heriot Row et voit s'approcher sans grand enthousiasme la perspective de la rentrée à l'Academy[16]. Devant la détresse de son fils, Thomas décide de lui changer les idées et lui propose de l'accompagner durant l'été dans sa tournée d'inspection des phares sur la côte de Fife. Louis accepte avec joie ce « premier voyage en qualité d'homme, sans jupons pour [l']assister »[17]. À leur retour, ils découvrent Maggie à nouveau souffrante et un nouveau séjour dans le Midi de la France semble s'imposer pour elle. Afin de ne pas à nouveau perturber la scolarité de Louis, ses parents décident de l'envoyer en pension à Burlington Lodge Academy près de chez « Auntie » à Spring Grove. Outre un premier contact plutôt négatif avec la société anglaise[18], c'est là qu'il écrit ses premiers récits d'aventures pour le magazine de l'école préfigurant déjà son œuvre à venir. Mais il vit assez mal cet éloignement et réclame à son père de pouvoir revenir[réf. nécessaire]. Thomas cède : il rejoint son fils le 19 décembre 1863 et tous deux vont retrouver Maggie et Cummy à Menton. Thomas repart pour Édimbourg fin janvier 1864 après avoir promis à son fils de ne pas le renvoyer à Spring Grove. Ils quittent Menton en mai 1864 pour passer les vacances sur les rives de la Tweed près de Peebles. Quand il ne passe pas ses journées à s'amuser avec ses cousins, Louis s'investit sérieusement dans plusieurs projets d'écriture[19].



En octobre 1864, Thomas l'inscrit dans une école pour enfants à problème. Son intégration parmi les autres élèves se passe mieux, mais il ne montre pas un grand intérêt pour les études[réf. nécessaire]. C'est que le but qu'il s'est fixé est déjà tout autre et qu'il consacre la plupart de son temps à y parvenir : apprendre à écrire. Il travaille notamment sur une pièce de théâtre inspirée de la vie de Deacon Brodie, homme d'affaire respecté le jour, criminel et voleur la nuit[20]. S'étant découvert avec un autre élève de l'école, les mêmes influences et la même passion de la littérature, ils se lisent à tour de rôle leurs compositions et collaborent à la publication d'un magazine. Sa rencontre avec l'une de ses idoles, l'auteur du célèbre The Coral Island, Robert Michael Ballantyne[21], n'est pas pour arranger son exaltation pour l'écriture. En février 1865, nouvelle interruption de scolarité pour suivre Maggie en cure à Torquay jusqu'en octobre. Au cours de la nouvelle année scolaire, Louis se lance, seul cette fois-ci, dans un autre projet de revue, dont trois numéros paraissent au début de l'année 1866. La revue ne survit pas au nouveau séjour à Torquay, d'avril à mai, que nécessite la santé de sa mère. Durant l'été qui suivit, Stevenson entreprend d'écrire un roman avec en toile de fond le soulèvement covenantaire de 1666 dans les Pentland Hills : l'Insurrection des Pentland. Mais son père, à la lecture de ses premiers brouillons, qualifie le travail de raté et l'encourage à abandonner la voie de la fiction au profit d'un simple récit historique. Louis, pour faire plaisir à son père, passe tout l'automne à la réécriture de Pentland Rising[22]. En récompense, Thomas fait imprimer l'œuvre de son fils à cent exemplaires chez un libraire d'Édimbourg et rachète la totalité du tirage[23].



Cette double influence qui fut la sienne, il la résume d'ailleurs très bien : « Un petit Écossais entend beaucoup parler de naufrages, de récifs meurtriers, de déferlantes sans pitié et de grands phares, ainsi que de montagnes couvertes de bruyère, de clans sauvages et de covenantaires pourchassés. »[24].



Prédestiné à perpétuer la dynastie des Stevenson, il entre à l'âge de 17 ans, en octobre 1867, à l'Université d'Édimbourg pour y préparer un diplôme d'ingénieur.



L'université et la vie de bohème



Malgré des travaux prometteurs (des dessins de phares commentés élogieusement), il s'applique en fait peu aux études, aspirant déjà à devenir écrivain[25]. Il mène alors une vie très dissolue, scandalisant famille et professeurs, notamment par sa relation avec une prostituée d'Édimbourg[26]. C'est à cette époque qu'il transforme la graphie « Lewis » de son nom en « Louis » à la française, la prononciation demeurant la même. Il adopte ainsi le nom de Robert Louis Stevenson et utilise désormais le sigle « R.L.S. » pour se désigner. Il abandonne ses études d'ingénieur en 1871, sa mauvaise santé s'accordant décidément mal avec le métier de constructeur de phares. Il se réoriente alors vers le droit – reçu à l'examen du barreau le 14 juillet 1875, il n'exerça pourtant jamais cette profession – pensant ainsi disposer de plus de loisirs afin de se consacrer à sa vocation secrète : l'écriture. En septembre 1872, il fréquente le club « L.J.R. » (Liberty, Justice, Reverence) fondé avec son cousin Bob, une société d'étudiants en rébellion prônant l'athéisme et le rejet de l'éducation parentale[27]. Bien évidemment, cela est fort peu au goût de son père. Le scandale familial atteint son paroxysme début 1873, quand il lui annonce qu'il a perdu la foi[28].



En 1876, il sillonne les canaux d'Anvers à Pontoise, voyageant à travers la France et la Belgique. Il publia son voyage, en 1878, dans le livre Un voyage dans les Terres.



En août, séjour à Barbizon où il rencontre Fanny Van de Grift, elle-même en séjour à Grez (près de Fontainebleau). Cette Américaine de dix ans son aînée est une artiste-peintre qui vit séparée de son mari Samuel Osbourne et élève seule ses deux enfants Isobel et Lloyd. Entre eux deux, le coup de foudre est immédiat. Ils se retrouvent durant l'été 1877 de nouveau à Grez, puis à Paris en octobre. Ils veulent se marier mais Fanny n'est pas divorcée de son mari. En 1878, elle repart en Californie, pour obtenir ce divorce. De son côté, Stevenson voudrait bien la suivre mais ses finances ne lui permettent pas. De surcroît, son père menace de lui couper les vivres s'il persiste dans cette idée de mariage.

Robert Louis Stevenson par Girolamo Nerli

Robert Louis Stevenson par Girolamo Nerli



Déçu et en proie au doute, il part s'isoler au Monastier-sur-Gazeille. Depuis cette localité, il effectue une randonnée en compagnie d'une ânesse, nommée Modestine, le bât fixé sur l'animal est un sac servant à contenir ses effets et son sac de couchage. Parti le 22 septembre 1878 de Haute-Loire, il atteint douze jours plus tard la petite ville de Saint-Jean-du-Gard. Son parcours a cheminé dans le Velay, la Lozère ou ancien pays de Gévaudan (mont Lozère et Cévennes), en passant par les communes de Langogne, Luc, Le Bleymard, Pont-de-Montvert, Florac et St-Germain de Calberte, en pays camisard. Aujourd'hui cette randonnée de 230 km est connue sous le nom de « chemin de Stevenson » et est référencée comme sentier de grande randonnée GR70. Le récit de ce périple, Voyage avec un âne dans les Cévennes publié en 1879, demeure aujourd'hui encore le livre de chevet de nombreux randonneurs.



Mariage



En 1879, malgré l'avis contraire de sa famille, il part rejoindre Fanny en Californie. Partant de Glasgow le 7 août, il atteint New York le 18 et retrouve Fanny à Monterey, après voyage en chemin de fer. En mars 1880, il manque de mourir d'une pneumonie et ne doit son salut qu'à l'attention de Fanny, qui se dévoue 6 semaines à son chevet. A peine rétabli, il l'épouse le 19 mai à San Francisco et ils partent en lune de miel, accompagnés du fils de Fanny, Lloyd. Cette lune de miel, qu'ils passent à Calistoga en Californie dans une mine d'argent désaffectée, est relatée Les Squatters de Silverado et publiée en 1883.



Entre 1880 et 1887 Stevenson voyagea beaucoup en Écosse, et Angleterre, séjourna à Davos, cherchant un climat bénéfique à sa santé. Il passa deux ans en 1883 et 1884 à Hyères dans un chalet appelé Solitude. Il écrivit alors : « Ce coin, notre jardin et notre vue sont sub céleste. Je chante tous les jours avec Bunian le grand barde. Je réside près du Paradis. Plus tard il écrivit « Heureux, je le fus une fois et ce fut à Hyères »



En 1887, après le décès de son père, il partit aux États-Unis, où il fut accueilli par la presse new-yorkaise comme une vedette, suite au succès de "L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" (1886). Il passa l'hiver dans les monts Adirondacks pour soigner sa tuberculose, et décida au printemps d'effectuer une croisière en Océanie où il visita les îles Marquises, les îles Gilbert et les Samoas.



Dernières années

Tombe de Stevenson sur le mont Vaea (Samoa)

Tombe de Stevenson sur le mont Vaea (Samoa)



En 1890, sa santé s'aggravant, il s'installe définitivement à Vailima aux Samoa dont le climat tropical est bénéfique à ses problèmes respiratoires. Sans négliger sa carrière littéraire, il s'investit beaucoup auprès des Samoans : lors d'une guerre civile en 1893, il prend même leur défense contre l'impérialisme allemand. Pleins de gratitude, les indigènes bâtissent en son honneur une route menant à sa plantation. Il devient même un chef de tribu, appelé respectueusement Tusitala (« le conteur d'histoires ») par ses membres. Il meurt d'une crise d'apoplexie à l'âge de 44 ans.



Il est enterré selon son désir face à la mer au sommet du mont Vaea surplombant Vailima. Sa tombe porte en épitaphe les premiers vers de son poème Requiem composé à Hyères en 1884 :



« Under the wide and starry sky,

Dig the grave and let me lie,

Glad did I live and gladly die,

And I laid me down with a will[29]. »





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