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Søren Kierkegaard

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Søren Aabye Kierkegaard naît en 1813 à Copenhague, au Danemark, dans une famille de 7 enfants, d’un père ayant fait fortune dans le commerce de bonnetier et appartenant à une communauté piétiste très fervente qui lui vaut, selon ses propres dires, « une éducation chrétienne stricte et austère qui fut, à vues humaines, une folie » [1].

En 1821, il entre à la Borgerdydsskole (en danois, « l’école de la vertu civique »), une école privée très élitiste où il se fait remarquer par son intelligence hors du commun et, en 1831, l’année de la mort de Hegel, il commence ses études de théologie à l’Université de Copenhague.

De 1819 à 1834, la tragédie du destin fait que sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour, soit de maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge du Christ. Plongé dans la mélancolie, qui est accentuée par la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère Peter, le seul survivant d’une famille de 7 enfants.

Lors d’un dîner chez des amis communs, un soir du mois de mai 1837, il rencontre la jeune Régine Olsen, dont il s’éprend. En 1840, il la demande même en mariage, ce qu’elle accepte, mais il rompt brutalement avec elle 1 an plus tard, après lui avoir renvoyé son anneau de fiançailles.

La même année, il soutient sa thèse de doctorat sur Le concept d’ironie constamment rapporté à Socrate et, le cœur brisé, s’exile à Berlin où il suit les cours de Schelling, dont il revient déçu.

Vivant de la fortune de son père et affirmant n’avoir « pas le temps de [se] marier » [2], il publie en 1843 son premier grand livre, Ou bien... Ou bien..., sous le pseudonyme de Victor Eremita [3] et, renonçant à être pasteur, s’engage dans une intense production philosophique, dont les titres les plus remarquables, tous signés d’un pseudonyme différent, sont Le concept d’angoisse (1844), Stades sur le chemin de la vie (1845) ou Post-scriptum définitif et non-scientifique aux Miettes philosophiques (1846).

Après avoir atteint l’âge inattendu de 34 ans, il donne à son œuvre d’écrivain un tour nettement plus religieux, soucieux de défendre le christianisme véritable contre l’Église officielle, avec des ouvrages comme la longue série des Discours édifiants, La maladie à la mort, parfois traduit sous le titre Traité du désespoir, (1849) et L’École du christianisme (1850).

En 1855, il publie une revue, L’instant, dans laquelle il s’engage dans de violentes polémiques contre l’Église et meurt à l’âge de 42 ans, à l’hôpital, après s’être effondré dans la rue au cours d’une promenade.

NOTA. -- Le nom de famille des « Kierkegaard » désigne la ferme (« gaard ») de l’église (« kirke ») de Sædding dans laquelle Michael Pedersen, le cinquième garçon d’une famille de neuf enfants, avait vu le jour en 1756 et dont son propre père, Peder Christensen, le grand-père de Søren, avait pris le nom quand il fut chargé du métayage, sans aucun rapport avec le substantif homonymique kirkegård qui signifie en danois « cimetière ».


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