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Commentaire composé Incipit de “Germinal

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Emile Zola Germinal
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'Incipit de Germinal de Zola (Chapitre I, première partie). Cette analyse sur l'incipit de Germinal de Zola a été rédigée par un professeur de français.

     

     

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Germinal”

    L'extrait étudié est l'ouverture (incipit) de Germinal, écrit par Emile Zola en 1885. Il s'agit d'une œuvre à la fois romanesque, naturaliste, réaliste et politique. Elle ne présente pas seulement le monde des ouvriers et des mines, mais aussi, au-delà de cet univers, l'ensemble d'un monde qui est en train de changer. C'est donc bien l'histoire de combats individuels et collectifs qui est présentée dans ce roman, à travers l'histoire d'Etienne Lantier notamment.

    Texte étudié : Zola : Germinal : Incipit (chapitre I, première partie)

    Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une
    épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes
    à Montsou dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs
    de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la
    sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars,
    des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues
    de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le
    pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun
    aveuglant des ténèbres.
    L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un
    pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon
    de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait
    beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de
    l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des
    mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule
    idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le
    froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait
    ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des
    feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus.
    D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin
    douloureux de se chauffer un instant les mains.
    Un chemin creux s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une
    palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ;
    tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus,
    d'une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux
    cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près
    de lui, sans qu'il comprit davantage comment ils brûlaient si haut dans le
    ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre
    spectacle venait de l'arrêter. C'était une masse lourde, un tas écrasé de
    constructions, d'où se dressait la silhouette d'une cheminée d'usine ; de
    rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes
    tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis
    alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette
    apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait,
    la respiration grosse et longue d'un échappement de vapeur, qu'on ne
    voyait point. (Zola, Germinal, incipit)

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