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Commentaire composé Le meurtre de l'arabe (acte I, scène 6) de “L'Etranger

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Albert Camus L'Etranger
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le meurtre de l'arabe dans L'étranger de Camus (acte I, scène 6). Cette analyse sur Le meurtre de l'arabe dans L'étranger de Camus a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Etranger”

    L'Etranger, dont nous allons étudier un passage, parait en 1942. Ce roman appartient, avec Le Mythe de Sisyphe et Caligula, à la « Trilogie de l'absurde ». Il raconte l'histoire du narrateur et personnage principal, Meursault, qui vit en Algérie française. Un télégramme lui annonce un jour la mort de sa mère ; un peu plus tard, il rencontre Raymond Sintès. S'ensuivent plusieurs évènements qui conduiront Meursault à sa condamnation à mort.

    L'extrait de l'œuvre étudié ici se trouve à la toute fin de la première partie, dans son dernier chapitre. Ce texte met en scène Meursault qui, suite à une altercation sur une plage avec deux Arabes en compagnie de son ami Sintès, retourne sur les lieux de la rencontre. Cette fois, il a un revolver en poche. C'est à cet instant que l'un des Arabes survient par hasard.

    La scène montre alors comment se mêlent hasard et fatalité dans le cours des évènements. Cette rencontre illustre l'incursion de ces deux thèmes dans le quotidien du personnage.

    Texte étudié: « Le meurtre de l'Arabe », L'étranger, Camus :

    Dès qu'il m'a vu, il s'est soulevé un peu et a mis la main dans sa poche.
    Moi, naturellement, j'ai serré le revolver de Raymond dans mon veston.
    Alors de nouveau, il s'est laissé aller en arrière, mais sans retirer la main
    de sa poche. J'étais assez loin de lui, une dizaine de mètres. Je devinais
    son regard par instants, entre ses paupières mi-closes. Mais le plus
    souvent, son image dansait devant mes yeux, dans l'air enflammé. Le
    bruit des vagues était encore plus paresseux, plus étale qu'à midi. C'était
    le même soleil, la même lumière sur le même sable qui se prolongeait ici.
    Il y avait déjà deux heures que la journée n'avançait plus, deux heures
    qu'elle avait jeté l'ancre dans un océan de métal bouillant. A l'horizon, un
    petit vapeur est passé et j'en ai deviné la tache noire au bord de mon
    regard, parce que je n'avais pas cessé de regarder l'Arabe.
    J'ai pensé que je n'avais qu'un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais
    toute une plage vibrante de soleil se pressait derrière moi. J'ai fait
    quelques pas vers la source. L'Arabe n'a pas bougé. Malgré tout, il était
    encore assez loin. Peut-être à cause des ombres sur son visage, il avait
    l'air de rire. J'ai attendu. La brûlure du soleil gagnait mes joues et j'ai
    senti des gouttes de sueur s'amasser dans mes sourcils. C'était le même
    soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme alors, le front
    surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la
    peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait
    un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me
    débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas. Et cette fois, sans
    se soulever, L'Arabe a tiré son couteau qu'il m'a présenté dans le soleil. La
    lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante
    qui m'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes
    sourcils a coulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile
    tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et
    de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et,
    indistinctement, le glaive éclatant jailli du couteau toujours en face de
    moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et fouillait mes yeux
    douloureux. C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle
    épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue
    pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma
    main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la
    crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a
    commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit
    l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été
    heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles
    s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que
    je frappais à la porte du malheur. (Camus, L'étranger, « Le meurtre de l'Arabe »)