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Commentaire composé Le mariage de Colin et de Chloé de “L'Ecume Des Jours

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Boris Vian L'Ecume Des Jours
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le mariage de Colin et de Chloé de Boris Vian. Cette analyse sur Le mariage de Colin et Chloé de Boris Vian (L'écume des jours) a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Ecume Des Jours”

    Le chapitre XXI de L'Ecume des jours nous montre un des moments de bonheur entre Colin et Chloé. La cérémonie du mariage qui en constitue la dernière partie réunit tous les personnages du roman. Son évocation est l'occasion pour Vian de laisser aller son imagination. Mais ce monde un peu féerique qu'il nous propose en dit plus long qu'il ne semble. A peine arrivés devant l'église, les futurs époux se préparent à y pénétrer : Colin au bras d'Alise, Nicolas au bras de Chloé, Chick avec Isis. On peut distinguer l'entrée, l'ouverture, le cérémonial et l'Engagement.

    Texte étudié : « Le mariage de Colin et de Chloé » (de Boris Vian)

    Les wagonnets étaient rangés à l'entrée de l'église. Colin et Alise
    s'installèrent dans le premier et partirent tout de suite. On tombait dans un
    couloir obscur qui sentait la religion. Le wagonnet filait sur les rails avec un bruit
    de tonnerre, et la musique retentissait avec une grande force. Au début du
    couloir, le wagonnet enfonça une porte, tourna à l'angle droit, et le Saint apparut
    dans une lumière verte. Il grimaçait horriblement et Alise se serra contre Colin.
    Des toiles d'araignées leur balayaient la figure et des fragments de prières leur
    revenaient à la mémoire. La seconde vision fut celle de la Vierge, et à la
    troisième, face à Dieu qui avait un oeil au beurre noir et l'air pas content, Colin se
    rappelait toute la prière et put la dire à Alise.
    Le wagonnet déboucha, dans un fracas assourdissant, sous la voûte de la
    travée latérale et s'arrêta. Colin descendit, laissa Alise gagner sa place et
    attendit Chloé qui émergea bientôt. Ils regardèrent la nef. Il y avait une grande
    foule. Tous les gens qui les connaissaient étaient là, écoutant la musique et se
    réjouissant d'une si belle cérémonie.
    Le Chuiche et le Bedon, cabriolant dans leurs beaux habits, apparurent,
    précédant le Religieux qui conduisait le Chevêche. Tout le monde se leva et le
    Chevêche s'assit dans un grand fauteuil en velours. Le bruit des chaises sur les
    dalles était très harmonieux.
    La musique s'arrêta soudain. Le Religieux s'agenouilla devant l'autel, tapa
    trois fois sa tête par terre et le Bedon se dirigea vers Colin et Chloé pour les
    mener à leur place tandis que le Chuiche faisait ranger les Enfants de Foi des
    deux côtés de l'autel. Il y avait maintenant un très profond silence dans l'église
    et les gens retenaient leur haleine.
    Partout, des grandes lumières envoyaient des faisceaux de rayons sur des
    choses dorées qui les faisaient éclater dans tous les sens, et les larges raies
    jaunes et violettes de l'église donnaient à la nef l'aspect de l'abdomen d'une
    grosse guêpe couchée, vue de l'intérieur.
    Très haut, les Musiciens commencèrent un choeur vague ; les nuages
    entraient; ils avaient une odeur de coriandre et d'herbe de montagnes. Il faisait
    chaud dans l'église et l'on se sentait enveloppé d'une atmosphère bénigne et
    ouatée.
    Agenouillés devant l'autel, sur deux prioirs recouverts de velours blanc,
    Colin et Chloé, la main dans la main, attendaient. Le Religieux, devant eux,
    compulsait rapidement un gros livre car il ne se rappelait plus les formules; de
    temps à autre, il se retournait pour jeter un coup d'oeil à Chloé dont il aimait
    bien la robe. Enfin, il s'arrêta de tourner les pages, se redressa, fit, de la main,
    un signe au chef d'orchestre, qui attaqua l'Ouverture.
    Le Religieux prit son souffle et commença de chanter le Cérémonial,
    soutenu par un fond de onze trompettes bouchées jouant à l'unisson. Le
    Chevêche somnolait doucement, la main sur la crosse, et savait qu'on le
    réveillerait au moment de chanter à son tour.
    L'Ouverture et le Cérémonial étaient écrits sur des thèmes classiques de
    blues1. Pour l'Engagement, Colin avait demandé que l'on jouât l'arrangement de
    Duke Ellington sur un vieil air bien connu, Chloé.
    Devant Colin, accroché à la paroi, on voyait Jésus sur une grande croix
    noire. Il paraissait heureux d'avoir été invité et regardait tout cela avec intérêt.
    Colin tenait la main de Chloé et souriait vaguement à Jésus. Il était un peu
    fatigué. La Cérémonie lui revenait très cher, cinq mille doublezons, et il était
    content qu'elle fût réussie.
    Il y avait des fleurs tout autour de l'autel. Il aimait la musique que l'on
    jouait en ce moment. Il vit le Religieux devant lui et reconnut l'air. Alors, il ferma
    doucement les yeux, il se pencha un peu en avant et il dit « Oui ».
    Chloé dit « Oui » aussi et le Religieux leur serra vigoureusement la main.
    L'orchestre repartit de plus belle et le Chevêche se leva pour l'Exhortation. Le
    Chuiche se glissait entre les rangées de personnes pour donner un grand coup de
    canne sur les doigts de Chick qui venait d'ouvrir son livre au lieu d'écouter.
    (Boris VIAN, L'Ecume des jours, chapitre 21, Le mariage de Colin et de Chloé)