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Commentaire composé Les Phares de “Les Fleurs du Mal

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Charles Baudelaire Les Fleurs du Mal
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Les Phares\" de Baudelaire (\"Les fleurs du mal\"). Cette analyse sur Les Phares de Baudelaire a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Fleurs du Mal”

    Les poèmes que Baudelaire a dû retirer des Fleurs du Mal sont publiés sous le nom Epave. Les thèmes de Baudelaire sont la mélancolie et l'idéal : il veut échapper à la dépression avec l'écriture de l'idéal, le vin, la mort. Certains poèmes ont changé de place dans les différentes éditions des Fleurs du Mal. Les phares est toujours la pièce 6 de la première partie intitulée \"Spleen et idéal\". Baudelaire cherche à éveiller des sensations qui correspondent à celles que suscite l'œuvre de chaque peintre évoqué. Ces artistes qui interprètent le langage mystérieux de la nature et qui traduisent les inquiétudes humaines sont \"les phares\" qui éclairent la route des Hommes. Baudelaire reprend la conception de Victor Hugo évoquée dans L'étoile où l'artiste est la lumière, celui qui éclaire.

    Texte étudié \"Les Phares\" (Les Fleurs du Mal):

    Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
    Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
    Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
    Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;
    Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
    Où des anges charmants, avec un doux souris
    Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
    Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ;
    Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
    Et d'un grand crucifix décoré seulement,
    Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
    Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;
    Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des hercules
    Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
    Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
    Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;
    Colères de boxeur, impudences de faune,
    Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
    Grand coeur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
    Puget, mélancolique empereur des forçats ;
    Watteau, ce carnaval où bien des coeurs illustres,
    Comme des papillons, errent en flamboyant,
    Décors frais et légers éclairés par des lustres
    Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;
    Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
    De foetus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
    De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
    Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;
    Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
    Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
    Où sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
    Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;
    Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
    Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
    Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
    C'est pour les coeurs mortels un divin opium !
    C'est un cri répété par mille sentinelles,
    Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
    C'est un phare allumé sur mille citadelles,
    Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
    Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
    Que nous puissions donner de notre dignité
    Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
    Et vient mourir au bord de votre éternité !