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Commentaire composé Lettre XLVIII (Valmont à la Présidente Tourvel) de “Les liaisons dangereuses

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Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La lettre XLVIII (48) des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos : Le Vicomte de Valmont à la présidente de Tourvel. Notre analyse sur La lettre 48 du Vicomte de Valmont à la présidente de Tourvel a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les liaisons dangereuses”

    Le texte que nous étudions a été écrit en 1782 par Choderlos de Laclos, auteur du XVIIIème siècle (1741-1803). La lettre XLVIII (48) est une lettre de Valmont à la prude Présidente de Tourvel. Il a décidé de la séduire car il semble être à la hauteur de sa réputation, mais elle veut résister à ce jeu d'amour. On apprend dans les lettres précédentes qu'il a passé la nuit dans les bras d'une autre, Emilie, et qu'il écrit sur son dis. Dans la lettre XLVII il donne la lettre à la Marquise pour qu'elle la poste de Paris, qu'elle la lise et qu'elle en rie.

    La lettre XLVIII est une déclaration d'amour à la Présidente de Tourvel alors même qu'il est dans les bras d'Emilie. Il va y avoir tout un jeu de sous-entendus que la Présidente ne peut imaginer car elle ignore qu'il est avec Emilie.

    Problématique : Quelles valeurs peut-on donner à cette mise en scène / double sens / jeu sur le langage ? Nous verrons donc tout d'abord les doubles sens du discours de Valmont, puis que ce discours le trahit.

    Texte étudié : Les Liaisons dangereuses : Lettre XLVIII : Du Vicomte de Valmont à la Présidente Tourvel

    Paris, ce 30 août.

    C'est après une nuit orageuse, et pendant laquelle je n'ai pas fermé l'oeil ; c'est après avoir été sans cesse ou dans l'agitation d'une ardeur dévorante, ou dans l'entier anéantissement de toutes les facultés de mon âme, que je viens chercher auprès de vous, Madame, un calme dont j'ai besoin, et dont pourtant je n'espère pas pouvoir jouir encore. En effet, la situation où je suis en vous écrivant me fait connaître, plus que jamais, la puissance irrésistible de l'amour ; j'ai peine à conserver assez d'empire sur moi pour mettre quelque ordre dans mes idées ; et déjà je prévois que je ne finirai pas cette Lettre, sans être obligé de l'interrompre. Quoi ! ne puis-je donc espérer que vous partagerez quelque jour le trouble que j'éprouve en ce moment ? J'ose croire cependant que, si vous le connaissiez bien, vous n'y seriez pas entièrement insensible. Croyez-moi, Madame, la froide tranquillité, le sommeil de l'âme, image de la mort, ne mènent point au bonheur ; les passions actives peuvent seules y conduire ; et malgré les tourments que vous me faites éprouver, je crois pouvoir assurer sans crainte, que, dans ce moment même, je suis plus heureux que vous. En vain m'accablez-vous de vos rigueurs désolantes ; elles ne m'empêchent point de m'abandonner entièrement à l'amour, et d'oublier, dans le délire qu'il me cause, le désespoir auquel vous me livrez. C'est ainsi que je veux me venger de l'exil auquel vous me condamnez. Jamais je n'eus tant de plaisir en vous écrivant ; jamais je ne ressentis, dans cette occupation, une émotion si douce, et cependant si vive. Tout semble augmenter mes transports : l'air que je respire est brûlant de volupté ; la table même sur laquelle je vous écris, consacrée pour la première fois à cet usage, devient pour moi l'autel sacré de l'amour ; combien elle va s'embellir à mes yeux ! j'aurai tracé sur elle le serment de vous aimer toujours ! Pardonnez, je vous en supplie, le délire que j'éprouve. Je devrais peut-être m'abandonner moins à des transports que vous ne partagez pas : il faut vous quitter un moment pour dissiper une ivresse qui s'augmente à chaque instant, et qui devient plus forte que moi.

    Je reviens à vous, Madame, et sans doute j'y reviens toujours avec le même empressement. Cependant le sentiment du bonheur a fui loin de moi ; il a fait place à celui des privations cruelles. A quoi me sert-il de vous parler de mes sentiments, si je cherche en vain les moyens de vous en convaincre ? Après tant d'efforts réitérés, la confiance et la force m'abandonnent à la fois. Si je me retrace encore les plaisirs de l'amour, c'est pour sentir plus vivement le regret d'en être privé. Je ne me vois de ressource que dans votre indulgence, et je sens trop, dans ce moment, combien j'en ai besoin pour espérer de l'obtenir. Cependant jamais mon amour ne fut plus respectueux, jamais il ne dut moins vous offenser ; il est tel, j'ose le dire, que la vertu la plus sévère ne devrait pas le craindre : mais je crains moi-même de vous entretenir plus longtemps de la peine que j'éprouve. Assuré que l'objet qui la cause ne la partage pas, il ne faut pas au moins abuser de ses bontés ; et ce serait le faire, que d'employer plus de temps à vous retracer cette douloureuse image. Je ne prends plus que celui de vous supplier de me répondre, et de ne jamais douter de la vérité de mes sentiments.