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Commentaire composé Les retrouvailles avec l'abbé Banes de “La chartreuse de Parme

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Henri-Marie Stendhal La chartreuse de Parme
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Les retrouvailles avec L'Abbé Banes\", extrait de La chartreuse de Parme de Stendhal. Cette analyse des retrouvailles avec l'abbé Banes dans La chartreuse de Parme de Stendhal a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La chartreuse de Parme”

    Les retrouvailles de Fabrice et de l'abbé Blanès constituent dans la Chartreuse de Parme un passage très révélateur de la personnalité de certains héros, et d'un choix intéressant de structure romanesque. Il s'agit en effet d'un récit qui joue sur les données temporelles. Ainsi, le retour de Fabrice est l'occasion pour lui d'une rétrospective qui permet de présenter les lieux comme si, pour le lecteur, il s'agissait d'une découverte immédiate.

    Texte étudié : Les retrouvailles avec L'Abbé Banes de La chartreuse de Parme (de Stendhal)

    Fabrice entrait alors sur la petite place de l'église ; ce fut avec
    un étonnement allant jusqu'au délire qu'il vit, au second étage de
    l'antique clocher, la fenêtre étroite et longue éclairée par la petite
    lanterne de l'abbé Blanès. L'abbé avait coutume de l'y déposer, en
    montant à la cage de planches qui formait son observatoire, afin
    que la clarté ne l'empêchât pas de lire sur son planisphère. Cette
    carte du ciel était tendue sur un grand vase de terre cuite qui avait
    appartenu jadis à un oranger du château. Dans l'ouverture, au
    fond du vase, brûlait la plus exiguë des lampes, dont un petit
    tuyau de fer-blanc conduisait la fumée hors du vase, et l'ombre du
    tuyau marquait le nord sur la carte. Tous ces souvenirs de choses
    si simples inondèrent d'émotions l'âme de Fabrice et la
    remplirent de bonheur.

    Presque sans y songer, il fit avec l'aide de ses deux mains le
    petit sifflement bas et bref qui autrefois était le signal de son
    admission. Aussitôt il entendit tirer à plusieurs reprises la corde
    qui, du haut de l'observatoire ouvrait le loquet de la porte du
    clocher. Il se précipita dans l'escalier, ému jusqu'au transport ; il
    trouva l'abbé sur son fauteuil de bois à sa place accoutumée ; son
    oeil était fixé sur la petite lunette d'un quart de cercle mural. De la
    main gauche, l'abbé lui fit signe de ne pas l'interrompre dans son
    observation ; un instant après il écrivit un chiffre sur une carte à
    jouer, puis, se retournant sur son fauteuil, il ouvrit les bras à
    notre héros qui s'y précipita en fondant en larmes. L'abbé Blanès
    était son véritable père.

    - Je t'attendais, dit Blanès, après les premiers mots
    d'épanchement et de tendresse.
    L'abbé faisait-il son métier de savant ; ou bien, comme il
    pensait souvent à Fabrice, quelque signe astrologique lui avait-il
    par un pur hasard annoncé son retour ?
    - Voici ma mort qui arrive, dit l'abbé Blanès.
    - Comment ! s'écria Fabrice tout ému.
    - Oui, reprit l'abbé d'un ton sérieux, mais point triste : cinq
    mois et demi ou six mois et demi après que je t'aurai revu, ma vie
    ayant trouvé son complément de bonheur, s'éteindra.
    Come face al mancar dell alimento

    (comme la petite lampe quand l'huile vient à manquer).
    Avant le moment suprême, je passerai probablement un ou deux
    mois sans parler, après quoi je serai reçu dans le sein de notre
    père ; si toutefois il trouve que j'ai rempli mon devoir dans le
    poste où il m'avait placé en sentinelle.
    « Toi tu es excédé de fatigue, ton émotion te dispose au
    sommeil. Depuis que je t'attends, j'ai caché un pain et une
    bouteille d'eau-de-vie dans la grande caisse de mes instruments.
    Donne ces soutiens à ta vie et tâche de prendre assez de forces
    pour m'écouter encore quelques instants. Il est en mon pouvoir
    de te dire plusieurs choses avant que la nuit soit tout à fait
    remplacée par le jour ; maintenant je les vois beaucoup plus
    distinctement que peut-être je ne les verrai demain. Car, mon
    enfant, nous sommes toujours faibles, et il faut toujours faire
    entrer cette faiblesse en ligne de compte. Demain peut-être le
    vieil homme, l'homme terrestre sera occupé en moi des
    préparatifs de ma mort, et demain soir à 9 heures, il faut que tu
    me quittes.

    Fabrice lui ayant obéi en silence comme c'était sa coutume :
    - Donc, il est vrai, reprit le vieillard, que lorsque tu as essayé
    de voir Waterloo, tu n'as trouvé d'abord qu'une prison ?
    - Oui, mon père, répliqua Fabrice étonné.
    - Eh bien, ce fut un rare bonheur, car, averti par ma voix, ton
    âme peut se préparer à une autre prison bien autrement dure,
    bien plus terrible ! Probablement tu n'en sortiras que par un
    crime, mais, grâce au ciel, ce crime ne sera pas commis par toi.
    Ne tombe jamais dans le crime avec quelque violence que tu sois
    tenté ; je crois voir qu'il sera question de tuer un innocent, qui,
    sans le savoir, usurpe tes droits ; si tu résistes à la violente
    tentation qui semblera justifiée par les lois de l'honneur, ta vie
    sera très heureuse aux yeux des hommes..., et raisonnablement
    heureuse aux yeux du sage, ajouta-t-il, après un instant de
    réflexion ; tu mourras comme moi, mon fils, assis sur un siège de
    bois, loin de tout luxe, et détrompé du luxe, et comme moi
    n'ayant à te faire aucun reproche grave.
    (\"Les retrouvailles avec L'Abbé Banes\", La chartreuse de Parme (de Stendhal))