Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé L'odeur de pension de “Le père Goriot

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
Honoré de Balzac Le père Goriot
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé et analyse de l'ouverture du roman « Le père Goriot » de Balzac : L'odeur de pension. Cette analyse sur L'odeur de pension dans Le Père Goriot a été rédigée par un professeur de français.

    • 3 pages de commentaire composé
    • format .doc (Word)
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Le père Goriot”

    Balzac (1799-1850) est l'un des plus grands écrivains français de la première moitié du XIXe siècle. Instigateur de l'immense projet littéraire que constitue La Comédie Humaine, Balzac vise à travers ses romans à décrire la société de son époque, les classes et individus qui la composent et les mentalités qui s'y développent.

    C'est dans cette perspective qu'il nous faut aborder Le Père Goriot, qui paraît en 1835. L'extrait étudié ici est en fait l'ouverture du roman, et présente de manière éclatante le réalisme balzacien. A travers les décors, c'est l'ensemble de la trame narrative qui est en fait annoncée.

    Texte étudié: L'odeur de pension (Le Père Goriot, Balzac) :

    Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faudrait appeler l'odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d'une salle où l'on a dîné; elle pue le service, l'office, l'hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l'on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu'y jettent les atmosphères catarrhales et sui generis de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien ! malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant
    et parfumé comme doit l'être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd'hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d'assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai.
    Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s'y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l'appétit, toutes encadrées en bois verni à filets dorés; un cartel en écaille incrustée de cuivre; un poêle vert, des quinquets d'Argand où la poussière se combine avec l'huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu'un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l'intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas.
    (Honoré de BALZAC, Le Père Goriot, L'odeur de pension)