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Commentaire composé De la cour de “Les Caractères

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Jean de La Bruyère Les Caractères
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"De la cour\" de La Bruyère (Les Caractères). Cette analyse sur De la cour de La Bruyère a été rédigée par un professeur de français.

     

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Caractères”

    Dans ce chapitre des Caractères consacré à la cour, La Bruyère fait une présentation critique de la cour à travers un regard qui semble étranger. Le registre satirique qu'il utilise annonce l'esprit des Lumières.

    Nous étudierons d'abord le locuteur étranger puis les catégories humaines présentées pour finir par les critiques formulées par La Bruyère.

    Texte étudié: La Bruyère, \"Les Caractères\", \"De la cour\"

    L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les
    jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans moeurs ni politesse : ils se
    trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on
    commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes,
    et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne
    s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu
    insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-devie,
    et par toutes les liqueurs les plus violentes ; il ne manque à leur
    débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent le
    déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre
    belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs
    sourcils et leurs épaules, qu'elles étalent avec leur gorge, leurs bras et
    leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher l'endroit par où elles
    pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette
    contrée ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse,
    embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu'ils préfèrent
    aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il
    descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu'on ne
    connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d'ailleurs ont leur Dieu
    et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une
    certaine heure, dans un temple qu'ils nomment église ; il y a au fond de
    ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des
    mystères qu'ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands
    forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos
    tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées
    vers leur roi, que l'on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent
    avoir tout l'esprit et tout le coeur appliqués. On ne laisse pas de voir dans
    cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le
    prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment; il est à
    quelque quarante-huit degrés d'élévation du pôle, et à plus d'onze cents
    lieues de mer des Iroquois et des Hurons.
    (La Bruyère, \"Les Caractères\", \"De la cour\")