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Commentaire composé Le juge arbitre, l'hospitalier et le solitaire de “Fables

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Jean de La Fontaine Fables
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur Le Juge arbitre, l'Hospitalier, et le Solitaire de La Fontaine. Cette analyse sur Le juge arbitre, l'Hospitalier et le Solitaire de La Fontaine a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Fables”

    Cette fable est la dernière du dernier recueil publié en juin 1693. A la suite d'une maladie grave, à la faveur du saint-sacrement, La Fontaine avait dû renier l'immortalité de ses oeuvres passées, les Contes libertins, il dit revenir à une pratique religieuse. On a voulu voir dans cette fable l'écho de cette crise et de ce reniement. Mais La Fontaine rassemble toutes les fables écrites depuis 1678 et choisit cette fable pour clore le dernier recueil. Pourquoi la leçon de la fable peut-elle constituer l'aboutissement de l'oeuvre ? On a un titre qui renvoie expressément à la réalité contemporaine : le mouvement de retour au réel qui caractérise le titre et une partie du développement. Les personnages sont des religieux dont les tâches sont d'assistance publique, judiciaire ou hospitalière, soit le thème religieux de la charité publique.

    Fable de La Fontaine analysée: \"Le Juge arbitre, l'Hospitalier, et le Solitaire\"

    Trois saints, également jaloux de leur salut,
    Portés d'un même esprit, tendaient à même but.
    Ils s'y prirent tous trois par des routes diverses:
    Tous chemins vont à Rome; ainsi nos concurrents?
    Crurent pouvoir choisir des sentiers différents.
    L'un, touché des soucis, des longueurs, des traverses
    Qu'en apanage on voit aux procès attachés,
    S'offrit de les juger sans récompense aucune,
    Peu soigneux d'établir ici-bas sa fortune.
    Depuis qu'il est des lois, l'homme, pour ses péchés,
    Se condamne à plaider la moitié de sa vie :
    La moitié? les trois quarts, et bien souvent le tout.
    Le conciliateur crut qu'il viendrait à bout
    De guérir cette folle et détestable envie.
    Le second de nos saints choisit les hôpitaux.
    Je le loue; et le soin de soulager ces maux
    Est une charité que je préfère aux autres.
    Les malades d'alors, étant tels que les nôtres,
    Donnaient de l'exercice au pauvre hospitalier,
    Chagrins, impatients, et se plaignant sans cesse.
    « Il a pour tels et tels un soin particulier,
    Ce sont ses amis; il nous laisse. »
    Ces plaintes n'étaient rien au prix de l'embarras
    Où se trouva réduit l'appointeur de débats:
    Aucun n'était content; la sentence arbitrale
    A nul des deux ne convenait:
    Jamais le juge ne tenait
    A leur gré la balance égale.
    De semblables discours rebutaient l'appointeur :
    Il court aux hôpitaux, va voir leur directeur :
    Tous deux ne recueillant que plainte et que murmure,
    Affligés, et contraints de quitter ces emplois,
    Vont confier leur peine au silence des bois.
    Là, sous d'âpres rochers, près d'une source pure,
    Lieu respecté des vents, ignoré du soleil,
    Ils trouvent l'autre saint, lui demandent conseil.
    « Il faut, dit leur ami, le prendre de soi-même.
    Qui mieux que vous sait vos besoins?
    Apprendre à se connaître est le premier des soins
    Qu'impose à tous mortels la Majesté suprême.
    Vous êtes-vous connus dans le monde habité?
    L'on ne le peut qu'aux lieux pleins de tranquillité
    Chercher ailleurs ce bien est une erreur extrême.
    Troublez l'eau: vous y voyez-vous?
    Agitez celle-ci. - Comment nous verrions-nous?
    La vase est un épais nuage
    Qu'aux effets du cristal nous venons d'opposer.
    - Mes frères, dit le saint, laissez-la reposer,
    Vous verrez alors votre image.
    Pour vous mieux contempler demeurez au désert4. »
    Ainsi parla le solitaire.
    Il fut cru; l'on suivit ce conseil salutaire.

    Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert.
    Puisqu'on plaide, et qu'on meurt, et qu'on devient malade,
    Il faut des médecins, il faut des avocats.
    Ces secours, grâce à Dieu, ne nous manqueront pas:
    Les honneurs et le gain, tout me le persuade.
    Cependant on s'oublie en ces communs besoins.
    O vous, dont le public. emporte tous les soins,
    Magistrats, princes et ministres,
    Vous que doivent troubler mille accidents sinistres,
    Que le malheur abat, que le bonheur corrompt,
    Vous ne vous voyez point, vous ne voyez personne.
    Si quelque bon moment à ces pensers vous donne,
    Quelque flatteur vous interrompt.

    Cette leçon sera la fin de ces ouvrages :
    Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir! .
    Je la présente aux rois, je la propose aux sages:
    Par où saurais-je mieux finir?
    Jean de La Fontaine, Fable XXIX, Livre XII.