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Commentaire composé L'expérience chez Monsieur Ducommun de “Les Confessions

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Jean-Jacques Rousseau Les Confessions
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"L'expérience chez Monsieur Ducommun\" extrait des Confessions de Rousseau. Cette analyse sur l'expérience de Monsieur Ducommun de Rousseau a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Confessions”

    Cet extrait du livre premier des Confessions (1712-1728) constitue l'histoire d'une période difficile pour l'enfant puisqu'en avril 1725, Rousseau entre en apprentissage pour trois ans chez le graveur Ducommun. L'analyse de cette époque montre combien le sentiment de dégradation morale et de déchéance sociale a été vivement ressenti par l'auteur. En effet, à cause de la logique de l'aveu qui est le but des Confessions, Rousseau se voit contraint de donner de lui-même une image peu flatteuse.

    Les Confessions sont destinées aux lecteurs afin qu'ils le jugent lorsqu'il dira ce qu'il a fait de bien ou mal. Confié successivement à plusieurs tuteurs, le jeune Rousseau est finalement placé en apprentissage dès l'âge de douze ans. D'abord renvoyé de chez un greffier, il va vivre chez Monsieur Ducommun (graveur) des mois de souffrance qui le traumatiseront. Ce texte nous montre la tyrannie ressentie par Rousseau et ses effets sur sa personnalité.

    Texte étudié : Rousseau : Les Confessions : L'expérience chez Monsieur Ducommun :

    La tyrannie de mon maître finit par me rendre insupportable
    le travail que j'aurais aimé, et par me donner des vices que
    j'aurais haïs, tels que le mensonge, la fainéantise, le vol. Rien ne
    m'a mieux appris la différence qu'il y a de la dépendance filiale a
    l'esclavage servile, que le souvenir des changements que produisit
    en moi cette époque. Naturellement timide et honteux, je n'eus
    jamais plus d'éloignement pour aucun défaut que pour
    l'effronterie. Mais j'avais joui d'une liberté honnête, qui seulement
    s'était restreinte jusque-là par degrés, et s'évanouit enfin
    tout à fait. J'étais hardi chez mon père, libre chez M. Lambercier,
    discret chez mon oncle ; je devins craintif chez mon maître, et dès
    lors je fus un enfant perdu. Accoutumé à une égalité parfaite avec
    mes supérieurs dans la manière de vivre, à ne pas connaître un
    plaisir qui ne fût à ma portée, à ne pas voir un mets dont je
    n'eusse ma part, à n'avoir pas un désir que je ne témoignasse, à
    mettre enfin tous les mouvements de mon coeur sur mes lèvres :
    qu'on juge de ce que je dus devenir dans une maison où je n'osais
    pas ouvrir la bouche, où il fallait sortir de table au tiers du repas,
    et de la chambre aussitôt que je n'y avais rien à faire, où, sans
    cesse enchaîné à mon travail, je ne voyais qu'objets de jouissances
    pour d'autres et de privations pour moi seul ; où l'image de la liberté
    du maître et des compagnons augmentait le poids de mon
    assujettissement ; où, dans les disputes sur ce que je savais le
    mieux, je n'osais ouvrir la bouche ; où tout enfin ce que je voyais
    devenait pour mon coeur un objet de convoitise, uniquement
    parce que j'étais privé de tout. Adieu l'aisance, la gaieté, les mots
    heureux qui jadis souvent dans mes fautes m'avaient fait échapper
    au châtiment. Je ne puis me rappeler sans rire qu'un soir,
    chez mon père, étant condamné pour quelque espièglerie à
    m'aller coucher sans souper, et passant par la cuisine avec mon
    triste morceau de pain, je vis et flairai le rôti tournant à la broche.
    On était autour du feu ; il fallut en passant saluer tout le monde.
    Quand la ronde fut faite, lorgnant du coin de l'oeil ce rôti qui avait
    si bonne mine et qui sentait si bon, je ne pus m'abstenir de lui
    faire aussi la révérence, et de lui dire d'un ton piteux : Adieu, rôti.
    Cette saillie de naïveté parut si plaisante, qu'on me fit rester à
    souper. Peut-être eût-elle eu le même bonheur chez mon maître,
    mais il est sûr qu'elle ne m'y serait pas venue, ou que je n'aurais
    osé m'y livrer. (Rousseau, Les Confessions, L'expérience chez Monsieur Ducommun)