Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé La chasse aux pommes de “Les Confessions

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
Jean-Jacques Rousseau Les Confessions
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La chasse aux pommes de Rousseau, extrait des Confessions. Notre analyse de La chasse aux pommes de Rousseau (Les Confessions) a été rédigée par un professeur de français.

    • 3 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Confessions”

    S'inspirant du titre éponyme de St Augustin, Jean-Jacques Rousseau compose à partir de 1765 une oeuvre autobiographique originale, qui présente sa vie et met en exergue les causes profondes de ses choix et prises de position.

    Problématiques possibles :

    1. Dans quelle mesure peut-on rapprocher « Les Confessions » de Rousseau de celles de St Augustin ? Analyser la posture intellectuelle des deux auteurs, et les rapports que peut entretenir de facto Rousseau avec son illustre prédécesseur. 
    2. Etudier le texte en montrant comment le narrateur donne de l'importance à l'épisode pour en tirer des observations justifiant son comportement.

    Texte étudié : \"La chasse aux pommes\" de Rousseau (Les Confessions)

    Un souvenir qui me fait frémir encore et rire tout à la fois, est celui d'une chasse aux pommes qui me coûta cher. Ces pommes étaient au fond d'une dépense qui, par une jalousie élevée, recevait du jour de la cuisine. Un jour que j'étais seul dans la maison, je montai sur la may pour regarder dans le jardin des Hespérides ce précieux fruit dont je ne pouvais approcher. J'allai chercher la broche pour voir si elle y pourrait atteindre: elle était trop courte. Je l'allongeai par une autre petite broche qui servait pour le menu gibier ; car mon maître aimait la chasse. Je piquai plusieurs fois sans succès ; enfin je sentis avec transport que j'amenais une pomme. Je tirai très doucement : déjà la pomme touchait à la jalousie, j'étais prêt à la saisir. Qui dira ma douleur ? La pomme était trop grosse, elle ne put passer par le trou. Que d'inventions ne mis-je point en usage pour la tirer ! Il fallut trouver des supports pour tenir la broche en état, un couteau assez long pour fendre la pomme, une latte pour la soutenir. A force d'adresse et de temps je parvins à la partager, espérant tirer ensuite les pièces l'une après l'autre : mais à peine furent-elles séparées, qu'elles tombèrent toutes deux dans la dépense. Lecteur pitoyable, partagez mon affliction.

    Je ne perdis point courage ; mais j'avais perdu beaucoup de temps. Je craignais d'être surpris ; je renvoie au lendemain une tentative plus heureuse, et je me remets à l'ouvrage tout aussi tranquillement que si je n'avais rien fait, sans songer aux deux témoins indiscrets qui déposaient contre moi dans la dépense. Le lendemain, retrouvant l'occasion belle, je tente un nouvel essai. Je monte sur mes tréteaux, j'allonge la broche, je l'ajuste ; j'étais prêt à piquer... Malheureusement le dragon ne dormait pas : tout à coup la porte de la dépense s'ouvre ; mon maître en sort, croise les bras, me regarde, et me dit: Courage !... La plume me tombe des mains. Bientôt, à force d'essuyer de mauvais traitements, j'y devins moins sensible ; ils me parurent enfin une sorte de compensation du vol, qui me mettait en droit de le continuer. Au lieu de retourner les yeux en arrière et de regarder la punition, je les portais en avant et je regardais la vengeance. Je jugeais que me battre comme fripon, c'était m'autoriser à l'être. Je trouvais que voler et être battu allaient ensemble, et constituaient en quelque sorte un état, et qu'en remplissant la partie de cet état qui dépendait de moi, je pouvais laisser le soin de l'autre à mon maître. Sur cette idée je me mis à voler plus tranquillement qu'auparavant. Je me disais : Qu'en arrivera-t-il enfin ? Je serai battu. Soit : je suis fait pour l'être.