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Commentaire composé En banlieue de “Voyage au bout de la nuit

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Louis - Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur En banlieue, extrait de \"Voyage au bout de la nuit\" de Céline. Cette analyse sur \"En banlieue\" de Marguerite Duras (Voyage au bout de la nuit) a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Voyage au bout de la nuit”

    Dans Voyage au bout de la nuit, de malheur en déchéance, le héros fait découvrir le monde aux lecteurs, avec une ironie et un cynisme grinçants. Le roman est écrit à la première personne, dans une langue volontairement crue et familière.

    Arrivé au terme géorgraphique du voyage, Bardamu (le héros) est immergé dans l'univers sordide de la banlieue. Les transports sont décrits ici comme un raccourci à la fois réaliste et mythique de la vie des blanlieues.

    Texte étudié : Voyage au bout de la nuit, \"En banlieue, Céline

    En banlieue, c'est surtout par les tramways que la vie vous arrive le
    matin. Il en passait des pleins paquets avec des pleines bordées d'ahuris
    brinquebalant, dès le petit jour, par le boulevard Minotaure, qui
    descendaient vers le boulot. Les jeunes semblaient même comme
    contents de s'y rendre au boulot. Ils accéléraient le trafic, se
    cramponnaient aux marchepieds, ces mignons, en rigolant. Faut voir ça.
    Mais quand on connaît depuis vingt ans la cabine téléphonique du bistrot,
    par exemple, si sale qu'on la prend toujours pour les chiottes, l'envie vous
    passe de plaisanter avec les choses sérieuses et avec Rancy en particulier.
    On se rend alors compte où qu'on vous a mis. Les maisons vous possèdent,
    toutes pisseuses qu'elles sont, plates façades, leur coeur est au
    propriétaire. Lui on le voit jamais. Il n'oserait pas se montrer. I1 envoie
    son gérant, la vache. On dit pourtant dans le quartier qu'il est bien
    aimable le proprio quand on le rencontre. Ça n'engage à rien.
    La lumière du ciel à Rancy, c'est la même qu'à Détroit, du jus de
    fumée qui trempe la plaine depuis Levallois. Un rebut de bâtisses tenues
    par des gadoues noires au sol. Les cheminées, des petites et des hautes,
    ça fait pareil de loin qu'au bord de la mer les gros piquets dans la vase. Là
    dedans, c'est nous.
    Faut avoir le courage des crabes aussi, à Rancy, surtout quand on
    prend de l'âge et qu'on est bien certain d'en sortir jamais plus. Au bout du
    tramway voici le pont poisseux qui se lance au-dessus de la Seine, ce gros
    égout qui montre tout. Au long des berges, le dimanche et la nuit les gens
    grimpent sur les tas pour faire pipi. Les hommes ça les rend méditatifs de
    se sentir devant l'eau qui passe. Ils urinent avec un sentiment d'éternité,
    comme des marins. Les femmes, ça ne médite jamais. Seine ou pas. Au
    matin donc le tramway emporte sa foule se faire comprimer dans le
    métro. On dirait à les voir tous s'enfuir de ce côté-là, qu'il leur est arrivé
    une catastrophe du côté d'Argenteuil, que c'est leur pays qui brûle. Après
    chaque aurore, ça les prend, ils s'accrochent par grappes aux portières,
    aux rambardes. Grande déroute. C'est pourtant qu'un patron qu'ils vont
    chercher dans Paris, celui qui vous sauve de crever de faim, ils ont
    énormément peur de le perdre, les lâches. Il vous la fait transpirer
    pourtant sa pitance. On en pue pendant dix ans, vingt ans et davantage.
    C'est pas donné.
    Et on s'engueule dans le tramway déjà, un bon coup pour se faire la
    bouche. Les femmes sont plus râleuses encore que des moutards. Pour un
    billet en resquille, elles feraient stopper toute la ligne, c'est vrai qu'il y en
    a déjà qui sont saoules parmi les passagères, surtout celles qui
    descendent au marché vers Saint-Ouen, les demi-bourgeoises. « Combien
    les carottes ? » qu'elles demandent bien avant d'y arriver pour faire voir
    qu'elles ont de quoi.
    Comprimés comme des ordures qu'on est dans la caisse en fer, on
    traverse tout Rancy, et on odore ferme en même temps, surtout quand
    c'est l'été. Aux fortifications on se menace, on gueule un dernier coup et
    puis on se perd de vue, le métro avale tous et tout, les complets
    détrempés, les robes découragées, bas de soie, les métrites et les pieds
    sales comme des chaussettes, cols inusables et raides comme des termes,
    avortements en cours, glorieux de la guerre, tout ça dégouline par
    l'escalier au coaltar et phéniqué et jusqu'au bout noir, avec le billet de
    retour qui coûte autant à lui tout seul que deux petits pains.
    (Louis-Ferdinand CELINE, Voyage au bout de la nuit (1932), En banlieue)