Offrez-vous une analyse en moins de 2 minutes.

2500 résumés et analyses de livre rédigés par des pros.    Découvrez nos abonnements

Commentaire composé La scène de l'aveu de “La princesse de Clèves

Encore 5 téléchargements disponibles ce mois-ci Télécharger l'analyse (.doc)
Madame de La Fayette La princesse de Clèves
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur La scène de l'aveu dans La princesse de Clèves de Madame de La Fayette. Notre analyse de la scène de l'aveu dans La princesse de Clèves a été rédigée par un professeur de français.Publié anonymement en 1678,

    La Princesse de Clèves est un roman écrit par Marie-Madeleine de Lafayette. Si le roman a un fond et une trame historiques (à la fin du règne d'Henri II), il est aussi marquant pour sa dimension classique et l'influence de la préciosité. Il s'agit d'un des premiers romans d'analyse.

    Dans le passage qui nous intéresse ici, Mme de Clèves confesse à son mari son amour pour un autre homme dont elle tait le nom. Il s'agit de M. de Nemours, qui assiste à la scène, dissimulé non loin de là.

    Cet aveu témoigne d'une esthétique classique et d'éléments précieux qui amplifie les valeurs et les sentiments exprimés dans le passage.

    • 5 pages de commentaire composé
    • format .pdf
    • style abordable & grand public
  • Télécharger le commentaire maintenant!

  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “La princesse de Clèves”

    « Eh bien, monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son mari; mais l'innocence de ma conduite et de mes intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la cour et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour ou si j'avais encore Mme de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour un mari que l'on en a jamais eu; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez. »
    M. de Clèves était demeuré, pendant tout ce discours, la tête appuyée sur ses mains, hors de lui-même, et il n'avait pas songé à faire relever sa femme. Quand elle eut cessé de parler, qu'il jeta les yeux sur elle, qu'il la vit à ses genoux, le visage couvert de larmes et d'une beauté si admirable, il pensa mourir de douleur, et l'embrassant en la relevant :
    - Ayez pitié de moi vous-même, madame, lui dit-il, j'en suis digne; et pardonnez si, dans les premiers moments d'une affliction aussi violente qu'est la mienne, je ne réponds pas comme je dois à un procédé comme le vôtre. Vous me paraissez plus digne d'estime et d'admiration que tout ce qu'il y a jamais eu de femme au monde; mais aussi je me trouve le plus malheureux homme qui ait jamais été. Vous m'avez donné de la passion dès le premier moment que je vous ai vue; vos rigueurs et votre possession n'ont pu l'éteindre : elle dure encore; je n'ai pu vous donner de l'amour, et je vois que vous craignez d'en avoir pour un autre. Et qui est-il, madame, cet homme heureux qui vous donne cette crainte ? Depuis quand vous plaît-il ? Qu'a-t-il fait pour vous plaire ? Quel chemin a-t-il trouvé pour aller à votre cœur ? Je m'étais consolé en quelque sorte de ne l'avoir pas touché par la pensée qu'il était incapable de l'être. Cependant un autre fait ce que je n'ai pu faire. J'ai tout ensemble la jalousie d'un mari et celle d'un amant; mais il est impossible d'avoir celle d'un mari après un procédé comme le vôtre. Il est trop noble pour ne pas me donner une sûreté entière; il me console même comme votre amant. La confiance et la sincérité que vous avez pour moi sont d'un prix infini; vous m'estimez assez pour croire que je n'abuserai pas de cet aveu. Vous avez raison, madame, je n'en abuserai pas et je ne vous en aimerai pas moins. Vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donnée à son mari. »

    La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette