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Commentaire composé Scène 8 de “L'île des esclaves

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Marivaux L'île des esclaves
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    Commentaire composé sur la scène 8 de L'ile aux esclaves de Marivaux. Cette analyse de la scène 8 de L'île des esclaves de Marivaux a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'île des esclaves”

    Arlequin a une maladresse verbale en même temps que le plaisir du jeu : dès le début il la tire par la manche ; il est à contre courant de ce qui se fait : \"eh ! eh ! eh\". Les premières répliques sont lourdes avec une abondance d'exclamations qui sont presque des interrogations.

    Jeu de valets : \"m'entendez-vous un peu ?\" => Arlequin fait de l'humour qui ne va pas du tout avec la conversation galante qu'il veut entreprendre.

    Texte étudié: Marivaux, L'ile aux esclaves : Sène 8

    Scène VIII. - Arlequin, Euphrosine.
    Arlequin arrive en saluant Cléanthis, qui sort. Il va tirer Euphrosine par la
    manche.
    EUPHROSINE. - Que me voulez-vous ?
    ARLEQUIN, riant. - Eh ! eh ! eh ! ne vous a-t-on pas parlé de moi ?
    EUPHROSINE. - Laissez-moi, je vous prie.
    ARLEQUIN. - Eh ! là, là, regardez-moi dans l'oeil pour deviner ma pensée.
    EUPHROSINE. - Eh ! Pensez ce qu'il vous plaira.
    ARLEQUIN. - M'entendez-vous un peu ?
    EUPHROSINE. - Non.
    ARLEQUIN. - C'est que je n'ai encore rien dit.
    EUPHROSINE, impatiente. - Ah !
    ARLEQUIN. - Ne mentez point ; on vous a communiqué les sentiments de
    mon âme ; rien n'est plus obligeant pour vous.
    EUPHROSINE. - Quel état !
    ARLEQUIN. - Vous me trouvez un peu nigaud, n'est-il pas vrai ? Mais cela
    se passera ; c'est que je vous aime, et que je ne sais comment vous le
    dire.
    EUPHROSINE. - Vous ?
    ARLEQUIN. - Eh ! pardi ! oui ; qu'est-ce qu'on peut faire de mieux ? Vous
    êtes si belle ! il faut bien vous donner son coeur ; aussi bien vous le
    prendriez de vous-même.
    EUPHROSINE. - Voici le comble de mon infortune.
    ARLEQUIN, lui regardant les mains. - Quelles mains ravissantes ! les jolis
    petits doigts ! Que je serais heureux avec cela ! mon petit coeur en ferait
    bien son profit. Reine, je suis bien tendre, mais vous ne voyez rien. Si
    vous aviez la charité d'être tendre aussi, oh ! je deviendrais fou tout à
    fait.
    EUPHROSINE. - Tu ne l'es que trop.
    ARLEQUIN. - Je ne le serai jamais tant que vous en êtes digne.
    EUPHROSINE. - Je ne suis digne que de pitié, mon enfant.
    ARLEQUIN. - Bon, bon ! à qui est-ce que vous contez cela ? vous êtes
    digne de toutes les dignités imaginables ; un empereur ne vous vaut pas,
    ni moi non plus ; mais me voilà, moi, et un empereur n'y est pas ; et un
    rien qu'on voit vaut mieux que quelque chose qu'on ne voit pas. Qu'en
    dites-vous ?
    EUPHROSINE. - Arlequin, il semble que tu n'as pas le coeur mauvais.
    ARLEQUIN. - Oh ! il ne s'en fait plus de cette pâte-là ; je suis un mouton.
    EUPHROSINE. - Respecte donc le malheur que j'éprouve.
    ARLEQUIN. - Hélas ! je me mettrais à genoux devant lui.
    EUPHROSINE. - Ne persécute point une infortunée, parce que tu peux la
    persécuter impunément. Vois l'extrémité où je suis réduite ; et si tu n'as
    point d'égard au rang que je tenais dans le monde, à ma naissance, à
    mon éducation, du moins que mes disgrâces, que mon esclavage, que ma
    douleur t'attendrissent. Tu peux ici m'outrager autant que tu le voudras,
    je suis sans asile et sans défense, je n'ai que mon désespoir pour tout
    secours, j'ai besoin de la compassion de tout le monde, de la tienne
    même, Arlequin ; voilà l'état où je suis; ne le trouves-tu pas assez
    misérable ? Tu es devenu libre et heureux, cela doit-il te rendre méchant ?
    Je n'ai pas la force de t'en dire davantage : je ne t'ai jamais fait de mal;
    n'ajoute rien à celui que je souffre.
    Elle sort.
    ARLEQUIN, abattu, les bras abaissés, et comme immobile. - J'ai perdu la
    parole. (Marivaux, L'ile aux esclaves : Sène 8)