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Commentaire composé De la présomption: autoportrait de “Les Essais

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Michel de Montaigne Les Essais
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"De la présomption : autoportrait\", extrait des Essais de Montaigne (Livre II, Chapitre XVII). Cette analyse sur \"De la présomption : autoportrait\" de Montaigne a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Essais”

    Le texte est un extrait du second livre des Essais de Montaigne, auteur du XVIème siècle, cette oeuvre ayant un caractère autobiographique. Il s'agit ici d'un autoportrait et Montaigne a le projet de s'examiner avec sincérité ; mais forcément, un auteur qui fait son autoportrait ne peut être objectif ; celui-ci dépend toujours de la manière dont l'auteur se voit. C'est paradoxal de faire son autoportrait dans un chapitre sur la vanité. Montaigne va donc choisir de se peindre en exagérant ses incapacités.

    Texte étudié: Livre II, Chapitre XVII : \"De la présomption: autoportrait\" dans Les Essais de Montaigne

    J'ay au demeurant, la taille forte et ramassée, le visage, non pas gras,
    mais plein, la complexion entre le jovial
    et le melancholique, moyennement sanguine et chaude,
    Unde rigent setis mihi crura, et pectora villis :
    La santé, forte et allegre, jusques bien avant en mon aage, rarement
    troublée par les maladies. J'estois tel, car
    je ne me considere pas à cette heure, que je suis engagé dans les
    avenues de la vieillesse, ayant pieça franchy
    les quarante ans.
    minutatim vires Et robur adultum
    Frangit, et in partem pejorem liquitur ætas.
    Ce que je seray doresnavant, ce ne sera plus qu'un demy estre : ce ne
    sera plus moy : Je m'eschappe tous les
    jours, et me desrobbe à moy :
    Singula de nobis anni prædantur euntes.
    D'addresse et de disposition, je n'en ay point eu ; et si suis fils d'un pere
    dispost, et d'une allegresse qui luy
    dura jusques à son extreme vieillesse. Il ne trouva guere homme de sa
    condition, qui s'egalast à luy en tout
    exercice de corps : comme je n'en ay trouvé guere aucun, qui ne me
    surmontast ; sauf au courir, en quoy
    j'estoy des mediocres. De la Musique, ny pour la voix, que j'y ay
    tres-inepte, ny pour les instrumens, on ne
    m'y a jamais sçeu rien apprendre. A la danse, à la palme, à la lucte, je n'y
    ay peu acquerir qu'une bien fort
    legere et vulgaire suffisance : à nager, à escrimer, à voltiger, et à saulter,
    nulle du tout. Les mains, je les ay si
    gourdes, que je ne sçay pas escrire seulement pour moy ; de façon, que
    ce que j'ay barbouillé, j'ayme mieux
    le refaire que de me donner la peine de le demesler, et ne ly guere mieux.
    Je me sens poiser aux escoutans :
    autrement bon clerc. Je ne sçay pas clorre à droit une lettre, ny ne sçeuz
    jamais tailler plume, ny trancher à
    table, qui vaille, ny equipper un cheval de son harnois, ny porter à poinct
    un oyseau, et le lascher : ny parler
    aux chiens, aux oyseaux, aux chevaux.
    Mes conditions corporelles sont en somme tresbien accordantes à celles de
    l'ame, il n'y a rien d'allegre : il y a
    seulement une vigueur pleine et ferme. Je dure bien à la peine, mais j'y
    dure, si je m'y porte moy-mesme, et
    autant que mon desir m'y conduit.