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Commentaire composé L'amitié de “Les Essais

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Michel de Montaigne Les Essais
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur « De l'amitié » de Montaigne (extrait des Essais). Cette analyse sur L'amitié de Montaigne a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Essais”

    Montaigne fait partie des ces humanistes du siècle de la Renaissance. Comme les autres, il se tourne vers les textes anciens, essaie de réveiller l'esprit critique de chacun. Il désire écrire sur toutes sortes de sujets, parle également de sa propre vie, de ses expériences, et se pose en exemple : \"Chaque homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition\".

    Les Essais forment un ensemble de cent sept chapitres de taille variable, répartis en trois livres. Montaigne écrit cet ouvrage afin de mieux se connaître, en mettant son jugement à l'épreuve sur toutes sortes de sujets. Par cette diversité et par leur structure éclatée, les Essais n'ont rien d'une synthèse ordonnée. Montaigne situe au centre même du premier livre le récit de son expérience de l'amitié. Il distingue l'amitié entre deux hommes adultes des autres types de relations que l'on appelle par abus de langage \"amitiés\".

    Texte étudié: Essais de Montaigne : « De l'amitié »:

    Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne
    sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou
    commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié
    de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un
    mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui
    les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela
    ne se peut exprimer qu'en répondant : « Parce que c'était lui, parce que
    c'était moi ».
    Il y a, au-delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire
    particulièrement, je ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice
    de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par
    des rapports que nous entendions l'un de l'autre, qui faisaient en notre
    affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports, je crois par
    quelque ordonnance du ciel; nous nous embrassions par nos noms. Et à
    notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et
    compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés
    entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il
    écrivit une satyre latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse
    et explique la précipitation de notre intelligence, si promptement parvenue
    à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé (car nous
    étions tous deux hommes faits, et lui de quelques années de plus), elle
    n'avait point à perdre de temps et à se régler au patron des amitiés
    molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et
    préalable conversation. Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et
    ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni
    deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de
    tout ce mélange, qui, ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et
    se perdre dans la sienne; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se
    plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille.
    Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni
    qui fût ou sien, ou mien.
    Essais (1580-1595), Livre Ier, chapitre XXVIII.