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Commentaire composé Acte I, scène 1 de “L'illusion comique

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Pierre Corneille L'illusion comique
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    Commentaire composé sur l'acte I, scène 1 de L'Illusion Comique de Corneille. Cette analyse sur l'acte I, scène 1 de L'illusion Comique a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'illusion comique”

    Durant la période baroque, Corneille s'est illustré dans de nombreuses comédies comme La place royale, Melite ou Le menteur. C'est dans L'Illusion Comique parue en 1636 et présenté à l'époque comme une tragi-comédie que Corneille jouant pour la première fois d'une série de mise en abyme (créateur de ce procédé) fait en réalité l'éloge du pouvoir du théâtre. Dans cette pièce, Pridamant va consulter un magicien : Alcandre pour tenter de retrouver son fils qui s'est enfuit : Clindor. Dans ce prologue, comme définit Corneille dans son épitre dédicatoire, c'est Dorante, simple outil dramatique qui est chargé de présenter Alcandre à Pridamant et implicitement aux spectateurs. Nous étudierons tout d'abord la fonction du prologue, puis pourquoi c'est un texte baroque et enfin nous verrons la présence implicite du théâtre.

    Acte I, scène 1 de l'Illusion Comique : texte étudié :

    DORANTE.
    Ce mage, qui d'un mot renverse la nature,
    N'a choisi pour palais que cette grotte obscure.
    La nuit qu'il entretient sur cet affreux séjour,
    N'ouvrant son voile épais qu'aux rayons d'un faux jour,
    De leur éclat douteux n'admet en ces lieux sombres
    Que ce qu'en peut souffrir le commerce des ombres.
    N'avancez pas : son art au pied de ce rocher
    A mis de quoi punir qui s'en ose approcher ;
    Et cette large bouche est un mur invisible,
    Où l'air en sa faveur devient inaccessible,
    Et lui fait un rempart, dont les funestes bords
    Sur un peu de poussière étalent mille morts.
    Jaloux de son repos plus que de sa défense,
    Il perd qui l'importune, ainsi que qui l'offense ;
    Malgré l'empressement d'un curieux désir,
    Il faut, pour lui parler, attendre son loisir :
    Chaque jour il se montre, et nous touchons à l'heure
    Où pour se divertir il sort de sa demeure.

    PRIDAMANT.
    J'en attends peu de chose, et brûle de le voir.
    J'ai de l'impatience, et je manque d'espoir.
    Ce fils, ce cher objet de mes inquiétudes,
    Qu'ont éloigné de moi des traitements trop rudes,
    Et que depuis dix ans je cherche en tant de lieux,
    A caché pour jamais sa présence à mes yeux.
    Sous ombre qu'il prenait un peu trop de licence,
    Contre ses libertés je roidis ma puissance ;
    Je croyais le dompter à force de punir,
    Et ma sévérité ne fit que le bannir.
    Mon âme vit l'erreur dont elle était séduite :
    Je l'outrageais présent, et je pleurai sa fuite ;
    Et l'amour paternel me fit bientôt sentir
    Il l'a fallu chercher : j'ai vu dans mon voyage
    Le Pô, le Rhin, la Meuse, et la Seine, et le Tage :
    Toujours le même soin travaille mes esprits ;
    Et ces longues erreurs ne m'en ont rien appris.
    Enfin, au désespoir de perdre tant de peine,
    Et n'attendant plus rien de la prudence humaine,
    Pour trouver quelque borne à tant de maux soufferts,
    J'ai déjà sur ce point consulté les enfers.
    J'ai vu les plus fameux en la haute science
    Dont vous dites qu'Alcandre a tant d'expérience :
    On m'en faisait l'état que vous faites de lui,
    Et pas un d'eux n'a pu soulager mon ennui.
    L'enfer devient muet quand il me faut répondre,
    Ou ne me répond rien qu'afin de me confondre.

    DORANTE.
    Ne traitez pas Alcandre en homme du commun ;
    Ce qu'il sait en son art n'est connu de pas un.
    Je ne vous dirai point qu'il commande au tonnerre,
    Qu'il fait enfler les mers, qu'il fait trembler la terre ;
    Que de l'air, qu'il mutine en mille tourbillons,
    Contre ses ennemis il fait des bataillons ;
    Que de ses mots savants les forces inconnues
    Transportent les rochers, font descendre les nues,
    Et briller dans la nuit l'éclat de deux soleils ;
    Vous n'avez pas besoin de miracles pareils :
    Il suffira pour vous qu'il lit dans les pensées,
    Qu'il connaît l'avenir et les choses passées ;
    Rien n'est secret pour lui dans tout cet univers,
    Et pour lui nos destins sont des livres ouverts.
    Moi-même, ainsi que vous, je ne pouvais le croire :
    Mais sitôt qu'il me vit, il me dit mon histoire ;
    Et je fus étonné d'entendre le discours
    Des traits les plus cachés de toutes mes amours.

    PRIDAMANT.
    Vous m'en dites beaucoup.

    DORANTE.
    J'en ai vu davantage.

    PRIDAMANT.
    Vous essayez en vain de me donner courage ;
    Mes soins et mes travaux verront, sans aucun fruit,
    Clore mes tristes jours d'une éternelle nuit.

    DORANTE.
    Depuis que j'ai quitté le séjour de Bretagne
    Pour venir faire ici le noble de campagne,
    Et que deux ans d'amour, par une heureuse fin,
    M'ont acquis Sylvérie et ce château voisin,
    De pas un, que je sache, il n'a déçu l'attente :
    Quiconque le consulte en sort l'âme contente.
    Croyez-moi, son secours n'est pas à négliger :
    D'ailleurs il est ravi quand il peut m'obliger,
    Et j'ose me vanter qu'un peu de mes prières
    Vous obtiendra de lui des faveurs singulières.

    PRIDAMANT.
    Le sort m'est trop cruel pour devenir si doux.

    DORANTE.
    Espérez mieux : il sort, et s'avance vers nous.
    Regardez-le marcher ; ce visage si grave,
    Dont le rare savoir tient la nature esclave,
    N'a sauvé toutefois des ravages du temps
    Qu'un peu d'os et de nerfs qu'ont décharnés cent ans ;
    Son corps, malgré son âge, a les forces robustes,
    Le mouvement facile, et les démarches justes :
    Des ressorts inconnus agitent le vieillard,
    Et font de tous ses pas des miracles de l'art.