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Commentaire composé Acte III, scènes 2 et 3 (Monologue de Geronte, Geronte et Matamore) de “L'illusion comique

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Pierre Corneille L'illusion comique
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte III, scènes 2 et 3 de L'illusion comique de Corneille. Cette analyse sur l'acte III, scènes 2 et 3 de L'illusion comique a été rédigé par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'illusion comique”

    Texte étudié : Scènes 2 et 3 de l'acte III :

    ACTE III

    SCENE II

    GERONTE.
    Qu'à présent la jeunesse a d'étranges manies !
    Les règles du devoir lui sont des tyrannies,
    Et les droits les plus saints deviennent impuissants
    Contre cette fierté qui l'attache à son sens.
    Telle est l'humeur du sexe : il aime à contredire,
    Rejette obstinément le joug de notre empire,
    Ne suit que son caprice en ses affections,
    Et n'est jamais d'accord de nos élections.
    N'espère pas pourtant, aveugle et sans cervelle,
    Que ma prudence cède à ton esprit rebelle.
    Mais ce fou viendra-t-il toujours m'embarrasser ?
    Par force ou par adresse il me le faut chasser.

    SCENE III

    MATAMORE.
    Ne doit-on pas avoir pitié de ma fortune ?
    Le grand vizir encor de nouveau m'importune ;
    Le Tartare, d'ailleurs, m'appelle à son secours ;
    Narsingue et Calicut m'en pressent tous les jours :
    Si je ne les refuse, il me faut mettre en quatre.

    CLINDOR.
    Pour moi, je suis d'avis que vous les laissiez battre :
    Vous emploieriez trop mal vos invincibles coups,
    Si pour en servir un vous faisiez trois jaloux.

    MATAMORE.
    Tu dis bien : c'est assez de telles courtoisies ;
    Je ne veux qu'en amour donner des jalousies.
    Ah ! Monsieur, excusez, si, faute de vous voir,
    Bien que si près de vous, je manquais au devoir.
    Mais quelle émotion paraît sur ce visage ?
    Où sont vos ennemis, que j'en fasse carnage ?

    GERONTE.
    Monsieur, grâces aux dieux, je n'ai point d'ennemis.

    MATAMORE.
    Mais grâces à ce bras qui vous les a soumis.

    GERONTE.
    C'est une grâce encor que j'avais ignorée.

    MATAMORE.
    Depuis que ma faveur pour vous s'est déclarée,
    Ils sont tous morts de peur, ou n'ont osé branler.

    GERONTE.
    C'est ailleurs maintenant qu'il vous faut signaler :
    Il fait beau voir ce bras, plus craint que le tonnerre,
    Demeurer si paisible en un temps plein de guerre ;
    Et c'est pour acquérir un nom bien relevé,
    D'être dans une ville à battre le pavé.
    Chacun croit votre gloire à faux titre usurpée,
    Et vous ne passez plus que pour traîneur d'épée.

    MATAMORE.
    Ah, ventre ! il est tout vrai que vous avez raison.
    Mais le moyen d'aller, si je suis en prison ?
    Isabelle m'arrête, et ses yeux pleins de charmes
    Ont captivé mon cœur et suspendu mes armes.

    GERONTE.
    Si rien que son sujet ne vous tient arrêté,
    Faites votre équipage en toute liberté :
    Elle n'est pas pour vous ; n'en soyez point en peine.

    MATAMORE.
    Ventre ! Que dites-vous ? Je la veux faire reine.

    GERONTE.
    Je ne suis pas d'humeur à rire tant de fois
    Du grotesque récit de vos rares exploits.
    La sottise ne plaît qu'alors qu'elle est nouvelle :
    En un mot, faites reine une autre qu'Isabelle.
    Si pour l'entretenir vous venez plus ici...

    MATAMORE.
    Il a perdu le sens, de me parler ainsi.
    Pauvre homme, sais-tu bien que mon nom effroyable
    Met le grand Turc en fuite, et fait trembler le diable ;
    Que pour t'anéantir je ne veux qu'un moment ?

    GERONTE.
    J'ai chez moi des valets à mon commandement,
    Qui n'ayant pas l'esprit de faire des bravades,
    Répondraient de la main à vos rodomontades.

    MATAMORE.
    Dis-lui ce que j'ai fait en mille et mille lieux.

    GERONTE.
    Adieu : modérez-vous ; il vous en prendra mieux ;
    Bien que je ne sois pas de ceux qui vous haïssent,
    J'ai le sang un peu chaud, et mes gens m'obéissent.