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Commentaire composé Acte I, scène 5 (Le coup de foudre) de “Roméo et Juliette

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William Shakespeare Roméo et Juliette
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur \"Le coup de foudre\", acte I, scène 5 de Roméo et Juliette de Shakespeare. Cette analyse sur l'acte I, scène 5 de Roméo et Juliette (Le coup de foudre) a été rédigée par un professeur de français.

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Roméo et Juliette”

    Le passage que nous allons étudier se situe à la fin de l'Acte I : cette première rencontre amoureuse reprend la scène archétypale du coup de foudre. 

    Roméo, fils et héritier de la famille Montaigu est amoureux de la belle Rosaline. Capulet, le chef de la famille rivale s'apprête, lui, à donner une grande fête pour permettre à sa fille, Juliette, de rencontrer le Comte Paris. Ce dernier, en effet, l'a demandé en mariage et les parents de Juliette sont favorables à cette union. Roméo croyant y trouver Rosaline s'invite avec ses amis Benvolio et Mercutio à ce grand bal masqué. Il aperçoit Juliette et reste médusé devant sa beauté. Il tombe follement amoureux d'elle; le coup de foudre est réciproque. Il s'approche d'elle et l'embrasse à deux reprises puis se retire. Roméo et Juliette parviennent à découvrir leur identité réciproque. Ils sont accablés de se rendre compte qu'ils sont chacun, tombés amoureux, de leur pire ennemi.

    Texte étudié : Shakespeare, Roméo et Juliette, \"Le coup de foudre\"

    Roméo, prenant la main de Juliette. - Si j'ai profané avec mon indigne main cette
    châsse sacrée, je suis prêt à une douce pénitence : permettez à mes lèvres, comme à deux
    pèlerins rougissants, d'effacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.
    Juliette. - Bon pèlerin, vous êtes trop sévère pour votre main qui n'a fait preuve en ceci
    que d'une respectueuse dévotion. Les saintes mêmes ont des mains que peuvent toucher les
    mains des pèlerins ; et cette étreinte est un pieux baiser
    Roméo. - Les saintes n'ont-elles pas des lèvres, et les pèlerins aussi ?
    Juliette. - Oui, pèlerin, des lèvres vouées à la prière.
    Roméo. - Oh ! Alors, chère sainte, que les lèvres fassent ce que font les mains. Elles te
    prient ; exauce-les, de peur que leur foi ne se change en désespoir.
    Juliette. - Les saintes restent immobiles, tout en exauçant les prières.
    Roméo. - Restez donc immobile, tandis que je recueillerai l'effet de ma prière. (Il
    l'embrasse sur la bouche.) Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.
    Juliette. - Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu'elles ont pris des vôtres.
    Roméo. - Vous avez pris le péché de mes lèvres ? ô reproche charmant ! Alors rendezmoi
    mon péché. (Il l'embrasse encore.)
    Juliette. - Vous avez l'art des baisers.
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    La Nourrice, à Juliette. - Madame, votre mère voudrait vous dire un mot. (Juliette se
    dirige vers lady Capulet.)
    Roméo, à la nourrice. - Qui donc est sa mère ?
    La Nourrice. - Eh bien, bachelier sa mère est la maîtresse de la maison, une bonne
    dame, et sage et vertueuse ; j'ai nourri sa fille, celle avec qui vous causiez ; je vais vous dire :
    celui qui parviendra à mettre la main sur elle pourra faire sonner les écus.
    Roméo. - C'est une Capulet ! Ô trop chère créance ! Ma vie est due à mon ennemie !
    Benvolio, à Roméo. - Allons, partons ; la fête est à sa fin.
    Roméo, à part. - Hélas ! Oui, et mon trouble est à son comble.
    Premier Capulet, aux invités qui se retirent. - Ça, messieurs, n'allez pas nous quitter
    encore : nous avons un méchant petit souper qui se prépare... Vous êtes donc décidés ?... Eh
    bien, alors je vous remercie tous... Je vous remercie, honnêtes gentilshommes. Bonne nuit.
    Des torches par ici !... Allons, mettons-nous au lit ! (À son cousin Capulet.) Ah ! ma foi, mon
    cher, il se fait tard : je vais me reposer (Tous sortent, excepté Juliette et la nourrice.)
    Juliette. - Viens ici, nourrice ! Quel est ce gentilhomme, là-bas ?
    La Nourrice. - C'est le fils et l'héritier du vieux Tibério.
    Juliette. - Quel est celui qui sort à présent ?
    La Nourrice. - Ma foi, je crois que c'est le jeune Pétruchio.
    Juliette, montrant Roméo. - Quel est cet autre qui suit et qui n'a pas voulu danser ?
    La Nourrice. - Je ne sais pas.
    Juliette. - Va demander son nom. (La nourrice s'éloigne un moment.) S'il est marié,
    mon cercueil pourrait bien être mon lit nuptial.
    La Nourrice, revenant. - Son nom est Roméo ; c'est un Montague, le fils unique de
    votre grand ennemi.
    Juliette. - Mon unique amour émane de mon unique haine ! Je l'ai vu trop tôt sans le
    connaître et je l'ai connu trop tard. Il m'est né un prodigieux amour, puisque je dois aimer un
    ennemi exécré !
    La Nourrice. - Que dites-vous ? Que dites-vous ?
    Juliette. - Une strophe que vient de m'apprendre un de mes danseurs. (Voix au-dehors
    appelant Juliette.)
    La Nourrice. - Tout à l'heure ! Tout à l'heure !... Allons-nous--en ; tous les étrangers
    sont partis.
    (Shakespeare, Roméo et Juliette, Le coup de foudre)