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Commentaire composé Acte II, scène 1 de “Les Caprices de Marianne

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Alfred de Musset Les Caprices de Marianne
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'acte II, scène 1 des Caprices de Marianne de Musset. Cette analyse de l'acte II, scène 1 des Caprices de Marianne de Musset a été rédigée par un professeur de français et porte sur le passage suivant : \"Belle Marianne, vous dormirez... sans épines et sans parfum?\".

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  • Extrait du résumé

    Extrait du commentaire composé du livre
    “Les Caprices de Marianne”

    Ce passage est la deuxième rencontre entre Octave et Marianne. Il y en aura une troisième et une quatrième. Il n'y aura en revanche aucun dialogue Coelio / Marianne sauf dans la scène 5 de l'acte II mais il s'agit d'un malentendu puisque Marianne croit parler à Octave. Dans cette scène où Marianne excelle dans le marivaudage, les paroles échangées ne manquent pas d'être très ambiguës.

    Texte étudié : Les Caprices de Marianne : Acte II, scène 1

    OCTAVE. - Belle Marianne, vous dormirez tranquillement. - Le coeur de Coelio est à une autre, et ce n'est plus sous vos fenêtres qu'il donnera ses sérénades.
    MARIANNE. - Quel dommage et quel grand malheur de n'avoir pu partager un amour comme celui-là ! voyez comme le hasard me contrarie ! Moi qui allais l'aimer.
    OCTAVE. - En vérité !
    MARIANNE. - Oui, sur mon âme, ce soir ou demain matin, dimanche au plus tard, je lui appartenais. Qui pourrait ne pas réussir avec un ambassadeur tel que vous ? Il faut croire que sa passion pour moi était quelque chose comme du chinois ou de l'arabe, puisqu'il lui fallait un interprète, et qu'elle ne pouvait s'expliquer tonte seule.
    OCTAVE. - Raillez, raillez, nous ne vous craignons plus.
    MARIANNE. - Ou peut-être que cet amour n'était encore qu'un pauvre enfant à la mamelle, et vous, comme une sage nourrice, en le menant à la lisière, vous l'aurez laissé tomber la tête la première en le promenant par la ville.
    OCTAVE. - La sage nourrice s'est contentée de lui faire boire d'un certain lait que la vôtre vous a versé sans doute, et généreusement ; vous en avez encore sur les lèvres une goutte qui se mêle à toutes vos paroles.
    MARIANNE. - Comment s'appelle ce lait merveilleux ?
    OCTAVE. - L'indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.
    MARIANNE. - Bien dit. Aviez-vous préparé d'avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.
    OCTAVE. - Qu'y trouvez-vous qui puisse vous blesser ? Une fleur sans parfum n'en est pas moins belle ; bien au contraire, ce sont les plus belles que Dieu a faites ainsi ; et le jour où, comme une Galatée d'une nouvelle espèce, vous deviendrez de marbre au fond de quelque église, ce sera une charmante statue que vous ferez et qui ne laissera pas que de trouver quelque niche respectable dans un confessionnal.
    MARIANNE. - Mon cher cousin, est-ce que vous ne plaignez pas le sort des femmes ? Voyez un peu ce qui m'arrive : il est décrété par le sort que Coelio m'aime, ou qu'il croit m'aimer, lequel Coelio le dit à ses amis, lesquels amis décrètent à leur tour que, sous peine de mort, je serai sa maîtresse. La jeunesse napolitaine daigne m'envoyer en votre personne un digne représentant chargé de me faire savoir que j'ai à aimer ledit seigneur Coelio d'ici à une huitaine de jours. Pesez cela, je vous en prie. Si je me rends, que dira-t-on de moi ? N'est-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit à point nommé, à l'heure convenue, à une pareille proposition ? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer au doigt et faire de son nom le refrain d'une chanson à boire ?
    Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable ? Est-il une statue plus froide qu'elle, et l'homme qui lui parle, qui ose l'arrêter en place publique son livre de messe à la main, n'a-t-il pas le droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale sans épines et sans parfum ?