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Commentaire composé Epilogue de “L'Ecume Des Jours

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Boris Vian L'Ecume Des Jours
  • Résumé du commentaire composé

    Commentaire composé sur l'épilogue de L'écume des jours de Boris Vian. Cette analyse sur l'épiloque de L'écume des jours de Boris Vian a été rédigée par un professeur de français.

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    Extrait du commentaire composé du livre
    “L'Ecume Des Jours”

    L'Ecume des jours est un roman de Boris Vian (1920-1959) publié en 1947, soit dans les années de l'immédiat après-guerre. Ecrivain français aux multiples talents (musique, écriture, scénarios, traductions...), Boris Vian est aussi rentré dans la postérité pour son œuvre engagée.

    Il rédige son roman sur le dos d'imprimés AFNOR (l'Association Française de Normalisation) ; les premiers extraits seront publiés dans les Temps Modernes, grâce à l'appui de ses amis Queneau et Sartre. Toutefois, l'Ecume des jours ne connaît pas le succès à ce moment. La postérité lui rendra hommage, puisqu'aujourd'hui encore, le roman occupe la 10e place du classement des 100 meilleurs livres du XXe siècle.
    Le roman développe de nombreux thèmes au gré desquels évoluent ses personnages : amour, jazz, religion, irréel, tristesse, temps, mort, humanité... œuvre magistrale, donc, dont nous nous proposons d'étudier l'épilogue. Celui-ci est très particulier car, après la mort de celle qu'il aime (Chloé), Colin a perdu toute raison de vivre. Une souris va être si touchée qu'elle demande à un chat de l'aider à mourir...

    Extrait étudié : épilogue de L'écume des jours de Boris Vian

    « - Vraiment, dit le chat, ça ne m'intéresse pas énormément.
    - Tu as tort, dit la souris. Je suis encore jeune, et jusqu' au dernier moment, j'étais bien nourrie.
    - Mais je suis bien nourri aussi, dit le chat, et je n'ai pas du tout envie de me suicider, alors tu vois pourquoi je trouve ça anormal.
    - C'est que tu ne l'as pas vu, dit la souris.
    - Qu'est-ce qu'il fait ? demanda le chat.
    Il n'avait pas très envie de le savoir. Il faisait chaud et ses poils étaient tous bien élastiques.
    - Il est au bord de l'eau, dit la souris, il attend, et quand c'est l'heure, il va sur la planche et il s'arrête au milieu. Il regarde dans l'eau. Il voit quelque chose.
    - Il ne peut pas voir grand-chose, dit le chat. Un nénuphar, peut-être.
    - Oui, dit la souris, il attend qu'il remonte pour le tuer.
    - C'est idiot, dit le chat, ça ne présente aucun intérêt.
    - Quand l'heure est passée, continua la souris, il revient sur le bord et il regarde la photo.
    - Il ne mange jamais? demanda le chat.
    - Non, dit la souris, et il devient très faible, et je ne peux pas supporter ça. Un de ces jours, il va faire un faux pas en allant sur cette grande planche.
    - Qu'est-ce que ça peut te faire? demanda le chat. Il est malheureux, alors?...
    - Il n'est pas malheureux, dit la souris, il a de la peine. C'est ça que je ne peux pas supporter. Et puis il va tomber dans l'eau, il se penche trop.
    - Alors, dit le chat, si c'est comme ça, je veux bien te rendre ce service, mais je ne sais pas pourquoi je dis \"si c'est comme ça\", parce que je ne comprends pas du tout.
    - Tu es bien bon, dit la souris.
    - Mets ta tête dans ma gueule, dit le chat, et attends.
    - ça peut durer longtemps? demanda la souris.
    - Le temps que quelqu'un me marche sur la queue, dit le chat; il me faut un réflexe rapide. Mais je la laisserai dépasser, n'aie pas peur.
    La souris écarta les mâchoires du chat et fourra sa tête entre les dents aiguës. Elle la retira presque aussitôt.
    - Dis donc, dit-elle, tu as mangé du requin, ce matin?
    - Ecoute, dit le chat, si ça ne te plaît pas, tu peux t'en aller. Moi, ce truc-là, ça m'assomme. Tu te débrouilleras toute seule.
    Il paraissait fâché.
    - Ne te vexe pas, dit la souris.
    Elle ferma ses petits yeux noirs et replaça sa tête en position. Le chat laissa reposer avec précaution ses canines acérées sur le cou doux et gris. Les moustaches noires de la souris se mêlaient aux siennes. Il déroula sa queue touffue et la laissa traîner sur le trottoir. Il venait, en chantant, onze petites filles aveugles de l'orphelinat de Jules l'Apostolique. » (Boris Vian, L'Ecume des jours, (Chapitre LXVIII)).